Comment ça s'est passé.
On a atterri à Sarajevo un mardi soir, 19 h 30, après un vol Air Bosnie depuis Lyon. L'aéroport est petit, pas de file d'attente. Taxi jusqu'à l'hôtel Boutique Hotel Sauna, une ancienne maison rénovée dans la vieille ville, 65 euros la nuit. Le chauffeur nous avertit : « Pas de métro ici, tu marches ou tu prends le tram 1 ». Première nuit chaude, murs en pierre. On a entendu l'appel à la prière de la mosquée de Gazi Husrev-beg à 5 h du matin. Pas désagréable, juste… présent. Levés à 6 h, on a pris un café turc au Café Morica Inn, rue Cumurija. 1,5 euros. Très serré, très bon, un peu amer. Le serveur nous a dit que les touristes français trouvaient souvent ça trop fort. Jour 2, on a pris un minibus bleu (Centrotrans) à 7 h depuis la gare routière de Sarajevo pour Mostar, 2 heures de trajet, 8 euros par personne. La route monte, descend, traverse des villages figés. On voit des immeubles criblés de balles, des façades encore noires de suie d'obus. Ça cogne. C'est pas une ruine « pittoresque » qu'on regarde dans un guide touristique. C'est du deuil architectural. Mostar : on est descendus devant la gare routière, on a marché jusqu'à la rivière Neretva. Le Stari Most, le pont ottoman avec ses deux tours, c'est là. Construit en 1566, détruit en 1993 pendant la guerre bosniaque, reconstruit en 2004. On a compris le poids du lieu quand on a croisé une femme qui pleurait en le regardant. On a pas pris de selfie. On a dormi à l'Hostel Nur (30 euros, dortoir 6 lits). Proprio bosnienne, Amira, ancien professeur d'anglais, elle vendait aussi des caftans faits main au rez-de-chaussée. Le premier soir, elle nous a servi une soupe de lentilles maison avec du pain. Pas sur la carte, juste une hospitalité sans chichis. Le jour suivant, visite du marché de Mostar, rue Oneschukova. Fruits, épices, vêtements. On a acheté des baklava à un vendeur qui pesait au pif, pas de balance. 4 euros pour une assiette. Ils fondaient à la bouche, huile de noix, miel. On a aussi goûté du tulum, fromage blanc en peau de mouton, goût piquant, un peu rêche. C'était quand même bon avec du pain frais du boulanger à côté. Moment galère : Au jour 4, on voulait prendre un bus pour Kravica, une cascade nearby. Le chauffeur a annoncé à mi-route qu'il ne descendait pas jusque-là, il déposait à un carrefour. Résultat, on a dû attendre 1 h 45 pour un autre transport. Température 34 °C, pas d'ombre. On a vu un groupe de touristes allemands arriver par une autre route, organisés par une agence. Nous, on n'avait pas prévu ça. Leçon apprise : les bus régionaux ne font pas toujours les trajets complets. Retour à Sarajevo, jour 5-6. On s'est concentrés sur la zone sud de la vieille ville. Restaurant Chez Ivan, rue Kolobara, un petit truc avec 6 tables. Ćevapčići (petites brochettes de viande) à 3,50 euros. Accompagnement d'oignons crus, du pain. Patronne serbe, mari croate. Ils parlaient trois langues en même temps, ça criait, ça riait. Pas de rancœur apparente, mais on savait que 30 ans plus tôt, ces communautés n'auraient pas pu partager une table. On a visité le tunnel de guerre, un souterrain creusé pendant le siège de 1992-1995, reconverti en musée. Long de 4 mètres de haut, 1,5 mètre de large. Odeur d'humidité, de terre mouillée. Le guide, Damir, rescapé du siège, nous montrait les petites fenêtres où on passait les vivres. Trois enfants d'une école locale écoutaient aussi. Moment lourd. On a payé 8 euros. Jour 7, on a pris le tram 4 pour Ilidža, quartier suburbain à l'ouest, où coulent les sources thermales de la Bosna. L'eau sort à 14 °C, claire. On s'est baignés à Vrelo Bosne, petit parc avec restaurant. Eau froide mais vivifiante. Trop froid pour rester longtemps. On a mangé une omelette locale (krompiruša, omelette aux pommes de terre, 2,50 euros) et c'était humide à cause de la vapeur du lieu. Dernier jour, shopping au marché Markale, le marché central de Sarajevo, ouvert depuis 1873. On y a vu des légumes, des mains qui négociaient. Ambiance de vie quotidienne, pas de mise en scène. Prix 30 % moins chers qu'en France. On a acheté du paprika, du burek surgelé pour ramener. Retour à l'aéroport le jour 9, 14 h. Vol Air Bosnie à 17 h. Avant de partir, on a bu un dernier café à l'aéroport, 2,50 euros, mauvais. Typique.
Les bons plans repérés sur place.
Stari Most à Mostar : le lever de soleil sans foule, vers 5 h 30, quand il y a juste les locaux qui passent.
Tunnel de guerre de Sarajevo : expérience brute, pas grandiloquente, avec véritables rescapés comme guides.
Marché Markale à Sarajevo : coins cachés où vendent les vieilles femmes locales, pas les vendeurs à touristes.
Restaurant Chez Ivan (rue Kolobara, Sarajevo) : ćevapčići à 3,50 euros, propriétaires serbe-croate, pas de musée mais une vraie vie.
Vrelo Bosne à Ilidža : sources naturelles, eau froide et pure, endroit pour comprendre la géographie bosniaque, 3 euros d'entrée.
Photos — Mostar & Sarajevo
Et au final.
On revient avec des souvenirs pleins et aussi une sorte de malaise intérieur. La beauté existe (le Stari Most, la Neretva), mais elle est inséparable de la souffrance récente. La nourriture est généreuse et bon marché, mais y a des moments où tu sens que ce pays regarde beaucoup vers le passé. On recommande, mais pas comme des vacances légères.
