Comment ça s'est passé.
Nous avons atterri à l'aéroport international de Mactan-Cebu un mardi matin à 6 h 15, après un vol Cebu Pacific qui avait deux heures de retard. Le chaos du terminal 1 m'a frappée immédiatement : bruit des appels d'embarquement, odeur mélangée de café robusta bon marché et transpiration. Un taxi sans compteur nous a menés à l'Éstancia Hotel près de la baie, pour 2 500 PHP par nuit (environ 42 euros). La chambre sentait le désinfectant citron, les murs étaient humides malgré la clim. Les trois premiers jours, nous avons exploré Cebu City à pied. Le mercredi, en début d'après-midi, nous avons marché jusqu'au Basilica Minore del Santo Niño – l'église baroque du centre-ville, tout en pierre blanche. Impossible à rater, mais complètement envahie par les cars de touristes. Nous nous sommes arrêtés à un petit warung sur Carbon Street (le marché traditionnel) où une vendante nous a servi un champorado (bouillie de riz-chocolat) pour 30 PHP et des brochettes de foie de poulet (isaw) encore chaudes. Le goût était riche, presque trop sucré pour moi. La rue sentait la viande grillée et l'eau stagnante. La vraie galère : le samedi matin, nous avons réservé une croisière de plongée avec Philippines Diving Club (réputée bonne, faux) via Agoda. Le bateau était parti à 7 h depuis Mactan, mais nous avons attendu deux heures à quai parce que le capitaine avait mélangé les groupes. Un autre touriste allemand s'est plaint en criant. Finalement, nous avons plongé à Hilutangan Island vers 11 h : le corail était décent mais surexploité, beaucoup de poisson-clown morte, l'eau à 27 °C (chaude, mais moins claire qu'annoncé). Repas servi à bord : riz blanc, poisson grillé basique, papaye. Nous avons payé 4 200 PHP par personne (70 euros) – trop cher pour ce qu'on a eu. Jeudi, nous avons pris le ferry pour Palawan. La compagnie Ceres Bus gérait aussi les liaisons maritimes depuis le South Bus Terminal. Attente de trois heures avant le départ. Nous nous sommes installées à Bauan, une petite ville côtière, à l'Oceana Palawan Resort (1 900 PHP, 32 euros). La route pour y arriver (route 4 depuis Coron) était cabossée, nous avons croisé deux landaus tirés par des chevaux, des enfants jouant au foot sur des terrains défrichés. C'est à Puerto Princesa où nous avons vraiment trouvé notre rythme. Lundi matin à 5 h 30, nous avons visité la lagune souterraine (Underground River National Park). L'entrée coûte 500 PHP, la balade en barque, 1 500 PHP par personne. Notre guide, Enrique, avait 30 ans, parlait un français dégagé. L'air dans la grotte était froid et humide, chargé d'odeur de calcaire. Les stalactites descendaient comme des doigts. Enrique nous a montré les chauves-souris – elles faisaient un bruit léger, presque des clics. J'ai eu peur un moment en restant sous une paroi basse, mais Enrique a rigolé gentiment. C'était réellement le moment où nous avons oublié le chaos de la première semaine. Nous avons mangé au restaurant Kinabuch's Grill à Puerto Princesa : crevettes au gingembre (680 PHP), noodles sautées (280 PHP), bière Pale Pilsen (90 PHP). La serveuse, Maria, nous a donné des conseils sur les îles à éviter. El Nido était trop touristique, m'a-t-elle dit. Nous avons quand même réservé une excursion Bacuit Lagoon avec Freedom Divers. Troisième jour avec des touristes français – agréable, moins chaotique que la première plongée. Le voyage retour a été plus serein. Nous avons pris le bus Ceres Express depuis Puerto Princesa vers Coron (route national n°4, trajet de 10 heures, pause à Roxas). Puis vol Philippine Airlines de Coron vers Manille (deux heures). À l'aéroport de Naia Terminal 3, nous avons raté notre connexion pour Bangkok de 40 minutes : embouteillage à Manille, chauffeur qui connaissait mal la route, nous avons du reboooker le même jour (frais de modification : 1 200 PHP). Nous avons dormi au Seda Ayala Makati (3 500 PHP, 58 euros) avant de partir mardi matin. Bilan : nous avons aimé la mer, le calme de Palawan, le sourire des Philippins même quand on parlait fort. Les infrastructures touristiques restent russes, les prix affichés ne correspondent jamais aux prix réels, la gestion des groupes de touristes est chaotique. Mais nous repartons, et ça compte.
Les bons plans repérés sur place.
Underground River National Park (Puerto Princesa) : balade en barque dans la grotte à 5 h 30 du matin, stalactites phosphorescentes, odeur de minéral
Carbon Street Market (Cebu City) : les brochettes isaw chaudes, vendeurs qui crient les prix, l'eau qui dégouline partout
Basilica Minore del Santo Niño (Cebu) : l'église baroque du centre, pas d'air clim, pèlerins à genoux devant l'autel
Bacuit Lagoon (El Nido, Palawan) : kayak entre les rochers calcaires, eau turquoise, moins bondée qu'annoncé en février
Photos — Cebu et Palawan
Et au final.
Les Philippines, c'est pas la Thaïlande – moins rodé, moins fluide, des arnaquettes régulières et beaucoup d'attente. En même temps, c'est justement pour ça qu'on y revient : l'absence de chaîne packagée nous a laissé des souvenirs bruts, des rencontres réelles, pas lissées. À condition d'aimer l'improvisation et d'avoir un peu de patience.
