Comment ça s'est passé.
On a décollé de Paris le 15 mars sur Philippine Airlines PR681, arrivée à Manille vers 5 h du matin après une nuit complète sans sommeil. Le trajet depuis l'aéroport Ninoy Aquino jusqu'à Cebu en bus Ceres (départ 8 h 30, durée 12 h, 650 PHP environ 12 euros) s'est avéré bien plus chaotique qu'on ne l'imaginait : climatisation cassée, un passager qui a vomi trois rangées devant nous, arrêts improvisés à des petits restaurants routiers où l'odeur de viande grillée et de moisi se mêlait désagréablement. À Cebu, on a loué une chambre au Waterfront Hotel & Casino pour trois nuits (2 800 PHP/nuit, 52 euros) : vue sur le port, bruit constant des klaxons à 6 h du matin. Pas spécialement reposant. Le premier matin, levé à 5 h 30 malgré tout pour rejoindre le port de Cebu à pied, où on a pris un ferry avec Oceanjet vers Bohol (6 h 30 de trajet, 900 PHP par personne). Le moment marquant du voyage : assis sur le pont supérieur, en plein milieu de l'eau turquoise du détroit, on a croisé une école de dauphins. Pas de film dramatique, juste trois ou quatre allures gris bleuté qui coupaient l'eau à côté du bateau. Silencieux. On n'a pas dit grand-chose pendant dix minutes. À Bohol, le Church of Our Lady of Assumption de Baclayon nous a déçus honnêtement : fermé pour rénovation. On a mangé du lechon (porc rôti, 280 PHP pour une part) au marché de Tagbilaran vers 13 h : la peau croustillante, le gras chaud, du riz blanc à côté. C'était bon mais on n'en attendait pas tant. Retour à Cebu en ferry l'après-midi, puis départ le jour suivant pour Palawan en avion Cebu Pacific (9 h 45, vol CEB-ELN, 2 100 PHP). Court et turbulent, mais arrivée à El Nido vers 11 h 30. El Nido s'est avéré être une petite station balnéaire surpeuplée de touristes espagnols et allemands. On a loué un bungalow au Lagen Island Resort, île accessible en bateau depuis la côte (transfert gratuit compris, 8 500 PHP/nuit). Galère administrative : le patron a prétendu ne pas avoir notre réservation Booking. Trois appels WhatsApp, une heure d'attente, finalement retrouvée sur papier froissé sur un bureau. Exaspérant. L'île elle-même : calme, plages vierges à marée basse, poissons-perroquets visibles à 30 cm de profondeur. Côté gastronomie, les repas était inclus mais sans variété : riz blanc, poisson bouilli dans une sauce tomate fade, même chose trois jours de suite. Une nuit, tempête tropicale : pluie violente, odeur de terre mouillée et de plantes tropicales, tonnerre à vous réveiller à 3 h du matin. Jour 10, excursion « Big Lagoon » en bateau privé (3 500 PHP pour deux, 8 h d'embarquement). On a navigué entre des falaises calcaires vertigineuses, eau d'un bleu-vert hypnotique. Le pilote nous a expliqué en anglais basique qu'on était suivis par des requins-marteaux, ce qu'on a trouvé stressant jusqu'à ce qu'il rigole en précisant qu'ils ne montaient jamais à cette profondeur. Pas convaincus. Baignade dans la lagune cachée, température de l'eau environ 28 degrés, peau qui pèle après une heure même avec crème SPF 50. Retour à Cebu pour les trois derniers jours. On a visité le Taoist Temple : escalier raide à flanc de montagne, 99 marches, construits par une famille chinoise, petit temple jaune au sommet avec vue sur la ville. L'entrée était gratuite mais un moine nous a gentiment proposé du thé vert de sa théière personnelle, puis demandé un don de 500 PHP. Technique de vente douce mais évidente. On a mangé au Jollibee (chaîne locale de fast-food) par curiosité : burger au fromage et riz, 180 PHP. Surprenant mais honnête, moins gras qu'on ne l'aurait cru. Le dernier soir, dîner au restaurant français "Lantaw" avec vue sur la baie (main course 850 PHP, 16 euros) : viande tendre, sauce réussie, vin à prix gourmand. Quelques touristes français autour, l'impression d'être revenu légèrement en arrière culturellement, ce qui était à la fois reposant et décevant. Départ Philippine Airlines PR684 de Cebu vers Manille, puis correspondance vers Paris le lendemain. Vol de nuit, arrivée groggy et désorienté.
Les bons plans repérés sur place.
Port de Cebu avant 6 h du matin pour le ferry Oceanjet : calme mineral, premier café au coffee shop mobile avant que la ville ne s'agite
Crossing des dauphins en bateau vers Bohol : traverse le détroit face à la mer de couleur turquoise, aucune garantie de les voir mais c'est arrivé
Church of Our Lady of Assumption à Baclayon : architecture coloniale 16e siècle, même si fermée (vérifiez avant)
Lechon au marché de Tagbilaran vers 13 h : porc rôti entier, assiette découpée sur commande, se manger debout entre les étals
Big Lagoon en bateau privé desde El Nido : falaises de 300 m, eau turquoise fermée par une barrière corallienne, départ vers 8 h
Photos — Cebu et El Nido
Et au final.
Deux semaines denses, beaux paysages et moments de vraie sérénité avec les dauphins et la lagune. Mais certains côtés touristiques nous ont frustrés : surpopulation à El Nido, réservation mal gérée, et finalement peu de rencontres authentiques hors des sentiers battu. Le budget resto était très favorable pour les dépenses, la chaleur humide était éprouvante même en mai. On reviendrais, mais en choisissant des îles moins visitées.
