Comment ça s'est passé.
Levé à 5 h 30 à mon hôtel Sunlight Hotel (Cebu City, chambre double 1200 PHP/nuit) pour attraper le ferry Ceres Bus vers Bohol. L'odeur de diesel et de sueur mélangée m'a frappée dès le quai. Le bus #4521 était blindé, surpeuplé même. Deux heures de route cabossée, j'ai cru que ma vertèbre allait me quitter. Premier choc : Cebu City, c'est sale. Vraiment sale. Les trottoirs collants, des vendeurs partout qui crient « atisane, atisane » pour essayer de te vendre des jus de coco frelaté. J'ai mangé aux Kabuki Japanese Restaurant en face du mall SM City — 450 PHP pour du ramen décent — et là j'ai compris que les Philippins ne rigolent pas sur la nourriture locale. Les petits restaurants sans nom, côté rue Colon Street, servent du tinola (bouillon gingembre-poulet) à 80 PHP, épais, gluant, réconfortant quand il fait 34 °C et que tu suintes comme un fruit poché. Deuxième semaine : direction Palawan par avion Cebu Pacific (vol 5J 231, 2 heures, 1899 PHP). L'arrivée à Puerto Princesa a été déstabilisante. Ma chambre à La Naissance Boutique Hotel donnait sur une ruelle avec des poules qui gloussaient à 6 h du matin. C'est pas du luxe, mais l'eau chaude marchait et les draps sentaient bon le détergent bon marché. J'ai fait la croisière Coron en bateau avec KayaKo Tours (2200 PHP la journée, petit déj inclus). Dix personnes maximum dans une bancelle en bois, guide Ricky qui parlait un anglais cassé mais savait où trouver les spots. La plage de Twin Beach m'a déçue : trop de cailloux, l'eau tiède, aucune poisson. Mais quelques heures plus tard, au Skeleton Wreck, j'ai plongé sur une épave d'avion japonais de la Seconde Guerre. Là, moment marquant : je flottais au-dessus de ce fuselage rouillé, entouré de balistes jaunes et orange, silence absolu sous l'eau, juste le bruit de ma respiration. Ça valait tous les faux guides de voyage. Galère concrète : j'ai changé 500 euros au comptoir d'un hôtel malhonnête à Puerto Princesa. Taux : 42 PHP pour 1 euro. Le taux officiel, c'était 58 PHP. En gros, on s'est fait piquer 1800 PHP (environ 30 euros) en trois secondes. Faut absolument changer d'argent à la Metrobank sur Rizal Avenue ou aux guichets automatiques BDO. La vraie vie : marchés flottants de Calamianes, restaurants sans chaise (tu manges debout comme un animal), riz gluant servi partout, litrons de Tanduay Dark à 35 PHP au 7-Eleven. J'ai dormi mal une nuit à cause du bruit des karaoké du voisin. Les Philippins adorent chanter. À 2 h du matin. Sur des tubes des années 90. C'est culturel, j'imagine. Trois jours au Palawan Wildlife Rescue and Conservation Center : crocodiles philippins en semi-liberté, serpents, protection de tortues marines. C'est pas un zoo de luxe, c'est un centre de conservation où on voit comment ils bossent vraiment. Prix d'entrée : 300 PHP. Retour à Cebu pour les deux derniers jours. J'ai traîné au Carbon Market (marché public, côté port) : des poissons fluo, des fruits inconnus, des vendeurs qui te font déguster des mangues fraîchement coupées (10 PHP la portion). L'odeur acide-sucre-putride du poisson mort au soleil m'a poursuivie toute la journée. L'essence des Philippines, je dirais.
Les bons plans repérés sur place.
Skeleton Wreck Coron : plongée sur avion japonais de WWII, balistes orange, silence surréaliste
Carbon Market Cebu : marché public sur le port, mangues à 10 PHP la portion, odeur de poisson mort intense
Tinola à 80 PHP dans une ristorante sans nom (Colon Street) : bouillon gingembre-poulet, réconfortant à 34 °C
Twin Beach Coron via KayaKo Tours : déception initiale (cailloux) mais apprentissage réel de la plongée
Metrobank Rizal Avenue Puerto Princesa : seul endroit où changer argent honnêtement (taux officiel)
Photos — Cebu et Palawan
Et au final.
Trois semaines intenses. J'ai adoré l'eau, les gens (mauvaise anglicisation mais du cœur), l'absence totale de sécurité routière et le chaos urbain qui force à rester concentré. Moins aimé : l'arnaque facile au change, les toilettes parfois désastreuses dans les petits hôtels, et cette sensation permanente que tu paies deux fois le prix normal parce que tu es blanche. J'irais bien revenir, mais en restant plus longtemps sur les îles moins touristiques.
