Comment ça s'est passé.
Nous avons atterri à Cebu le 14 mars à 22 h 30, après un vol Philippine Airlines de 12 heures depuis Paris. L'aéroport Mactan International était chaotique : pas de panneaux clairs, des files d'attente mixtes pour les visas. Un chauffeur Grab nous attendait avec une pancarte faite main. Trajet vers l'hôtel Waterfront Cebu City au cœur de la ville : 45 minutes, 280 pesos (environ 5 euros). La route sentait l'essence brûlée et les gaz d'échappement. Les buildings de Cebu contrastaient avec les cahutes en tôle des bidonvilles. On a dormi directement. Jour 2, levé à 6 h pour visiter le Cebu Heritage Monument au Carbon Market. L'odeur était prenante : mélange de poisson frais, de viande crue et de fruits tropicaux exposés à la chaleur. Les vendeurs criaient leurs prix en bisaya. Un homme nous a proposé de nous vendre des cigarettes à 35 pesos (0,60 euro) la cartouche. Nous avons refusé poliment. Petit-déjeuner au café Dulo située en face du marché : nasi goreng aux œufs et jus de calamansi frais, 180 pesos. Dégoulinant de sueur, nous avons traversé la ville jusqu'à la basilique del Santo Niño, construite au XVIe siècle. À l'intérieur, frais et calme. Les colonnes blanches reflétaient la lumière des vitraux. Le moment marquant : nous avons rencontré Maria, une veuve locale qui vendait des fleurs devant la basilique depuis 23 ans. Elle nous a parlé en anglais de son fils parti à Manille pour travailler en BPO (centre d'appels). Elle nous a offert une fleur de sampaguita en la glissant dans nos cheveux. Ce geste simple m'a troublée, une forme de générosité sans arrière-pensée que je n'attendais pas. Jour 3, on a pris le ferry de 7 h 30 vers Bohol avec Weesam Express (480 pesos par personne). Deux heures de traversée cahotique. Les vagues étaient fortes, plusieurs passagers ont vomi dans des sacs. La baie était turquoise au loin, mais le voyage ? épuisant. Nous avons loué un tricycle (taxi local motorisé) avec le chauffeur Ricky pour la journée : 1 500 pesos pour 8 heures. Visite des Chocolate Hills, ces formations géologiques marron pâle. Honnêtement, depuis le point de vue, c'était moins impressionnant que sur les photos : des collines, oui, mais le ciel était gris, et on voyait mal la profondeur. Déjeuner aux Loboc River Cruises : riz et curry de poisson local, 320 pesos. Le fleuve sentait la boue, les moteurs crachaient des fumées noires. Jour 4, vol Cebu Pacific à 13 h 45 vers Puerto Princesa. C'est là que la galère s'est concrétisée : deux heures de retard sans explications. Pas d'annonce, pas d'eau gratuite. Juste du vide. Une mère avec trois enfants pleurait de stress. Nous avons attendu près de la porte 12B en fixant les murs beiges. Quand on a enfin décollé, on a atterri à 17 h. L'hôtel The Palawan Wildlife Sanctuary avait donné notre chambre à quelqu'un d'autre. Après 40 minutes de négociations avec la réception, on nous a proposé une chambre avec vue sur le parking. On a accepté, trop fatigués pour protester. Jour 5-6 : les grottes d'El Nido via une excursion boat tour. Départ à 8 h 30 d'une plage surpeuplée. Bateau bancas bleu et rouge, environ 40 touristes entassés. L'eau était froide, saline, savoureuse sur les lèvres. Les îles calcaires émergaient de la brume. Les grottes préhistoriques sentaient l'humidité ancien et le guano d'oiseau. Nous avons nagé dans une piscine souterraine : 26 degrés, transparent, surréel. Repas à bord : riz blanc, trois crevettes translucides, une tranche de mangue. 550 pesos. Pas de saveur prononcée mais nourrissant. Retour à 17 h 30, épuisés et couverts de sel. Jours 7-9 : relaxation à Puerto Princesa city. Restaurant des fruits de mer au port : Kalalahan Seafood. Kilo de maquereaux à la plancha, 480 pesos (9 euros). Savoureux, trop salé, pas regretté. Marche vers le CCP Palawan pour une exposition locale sans grand intérêt. Massage traditionnel au Hilot Spa (60 minutes, 800 pesos). Les mains du masseur étaient fermes, chaudes, efficaces. Petite arnaque au minibus local : le chauffeur nous a facturé 500 pesos pour un trajet qu'on a fait à 150 pesos la première fois. Nous avons protesté. Il a souri, a dit « price hike, sister », et a repris la route. Jour 10, retour à Cebu sur Cebu Pacific (vol à l'heure, surprise positive). Nuit à l'aéroport, vol international à 2 h du matin vers Doha, puis Paris. La cabin crew était efficace mais fatiguée. Les escaliers automatiques du terminal étaient cassés. On a traîné les valises à la main.
Les bons plans repérés sur place.
Basilique del Santo Niño à Cebu — intérieur frais, colonnes blanches, construite en 1565
Grottes d'El Nido via boat tour depuis Puerto Princesa — piscine souterraine à 26 degrés, à peine 50 euros la journée
Carbon Market de Cebu le matin tôt — odeurs fortes, vendeurs criards, nasi goreng à 180 pesos
Kalalahan Seafood au port de Puerto Princesa — maquereaux frais à la plancha, 480 pesos le kilo
Photos — Cebu et Puerto Princesa
Et au final.
Les Philippines nous ont donné des moments authentiques : la générosité de Maria, la beauté crue des grottes d'El Nido, l'énergie brute de Cebu. Mais le pays demande de l'endurance. Les retards, les arnaqueurs, l'infrastructure fragile. Je reviendrais, mais pas pour fuir le quotidien : j'y reviendrais pour affronter le réel, les vraies gens, pas le carton-pâte touristique.
