Comment ça s'est passé.
On a atterri à Bruxelles-Zaventem un dimanche matin, 7 h 15, avec cette odeur caractéristique des aéroports : mélange de café instantané et de désinfectant. Trajet jusqu'à Bruxelles en train direct, ligne IC-A, 3,60 euros le ticket. On s'était dit « ça va être rapide », mais le type devant nous a rempli son billet à la main sur les genoux : 15 minutes perdues rien que pour ça. L'hôtel Pullman Brussels Centre, rue de la Madeleine, s'est avéré confortable mais bruyant. Les klaxons des taxis résonnaient jusqu'à minuit. On a rarement dormi avant 1 h du matin. Les petits déjeuners (buffet à 16 euros) étaient corrects, avec ces gaufres belges molles qu'on réchauffait au grille-pain de la chambre. Grand-Place et ses bulles de savon touristiquesPremier matin à 8 h 30, on a foncé à la Grand-Place. Vide à cette heure. Les façades des corporations guildes se reflétaient dans les vitrines des cafés fermés. À 9 h 00, les premiers groupes de tourisme chinois ont commencé à arriver. On a mangé des gaufres à la vanille et au chocolat chez Waffle Factory (angle rue de la Violette) : 6 euros pièce, plutôt bon mais on sentait l'huile de friture partout après. Les pavés étaient trempés, on n'avait pas pris de chaussures fermées : erreur. Le Musée de la Bière (Rue de la Grand-Place, 10) a coûté 11 euros. Honnêtement, c'était très touristique, avec des mannequins en cire qui faisaient sourire jaune. Le vrai moment marquant, c'était au bar du dernier étage : une Gueuze Cantillon servie à température de cave (presque froide), goût aigre et fruité inattendu, 4,50 euros. Ça redéfinit ce qu'on pensait savoir sur la bière. On y est restés une heure à regarder les maisons colorées de la place d'en haut. Bruges : les canaux et la désillusionMercredi, on a pris le train Thalys à 9 h 15 depuis Bruxelles-Central direction Bruges. 30 minutes, 15 euros. Le paysage flamand était plate, pluie fine, des champs bruns. La gare de Bruges (Brugge) était impeccable mais austère, un blanc-gris moyen. On a loué un studio Airbnb rue Vlamingstraat (110 euros la nuit), petit mais propre. Sauf qu'il n'y avait pas de chauffage : on a dû empiler les couvertures. Propriétaire pas très responsif sur le chat (réponse après 4 heures). Froid à la con, je n'exagère pas. Les canaux de Bruges, oui, ça semble vrai. On a traîné le long du Rozenhoedkaai à 16 h 00, heure dorée de fin d'après-midi. L'eau sentait l'algue et l'humidité stagnante. Moins « conte de fées », plus « murs mouillés qui s'écaillent ». Les cygnes ne s'appelaient pas « Odette ». La tour du Beffroi (Belfort) : 12 euros, 366 marches. À mi-parcours, une Japonaise a eu un malaise, tout le monde arrêté 15 minutes. Vue finale correcte mais grise. Nourriture et mésaventuresOn a mangé chez Cambrinus (rue de la Philosophie, 19) : carbonnade flamande avec frites maison, 18 euros. Généreuse, riche, sauce à la bière belge (brune) : saveur puissante et ronde, ça cale bien. Bière locale (De Halve Maan) à 5 euros. Mais on s'est aussi fait arnaquer à un bar de canaux où un « artiste de rue » nous a dessinés sur un bout de papier (5 minutes d'effort) et a demandé 25 euros. On a refusé net. Il nous a insulté dans une langue qu'on ne comprenait pas. Première vraie tension du voyage. Marché Boterdiërei en fin d'après-midi : fromages locaux, pains bruns à mie serrée. On a acheté une meule de Trappiste (12 euros), mangée à l'hôtel avec du pain rassis trouvé à Carrefour Express (2,40 euros le pain). C'était bon mais très lourd le soir. Jours suivants : Anvers et retourJeudi, train vers Anvers (Antwerpen). Ville plus bruyante, plus commerçante. Gare centrale magnifique, architecture Belle Époque qui impressionne. On n'est restés que l'après-midi : musée du Diamant (trop touristique), puis café à la Meir (avenue commerçante) avec un chocolat chaud chez Godiva : 6 euros, riche mais vraiment très sucré. Le retour à Bruxelles-Zaventem en autobus FlixBus (15 euros, 2 h 30) a été pénible : un collègue qui parlait fort au téléphone pendant tout le trajet. Les toilettes de l'autobus sentaient le désinfectant de piscine. Départ 19 h 00, arrivée à 21 h 45 avec embouteillages vers le port. Fatigue accumulée. Les derniers jours, on a marché sans plan à Bruxelles : ruelles du quartier des Marolles, petits cafés où personne ne parlait anglais (on débrouille le français scolaire), ambiance un peu bohème mais authentiquement fatiguée. Un bazar de brocante rue Haute avec des trucs kitsch mais sympa.
Les bons plans repérés sur place.
Gueuze Cantillon au Musée de la Bière de Bruxelles (dernier étage, vue sur la Grand-Place) : goût aigre incomparable
Gare centrale d'Anvers (architecture Belle Époque impressionnante, intérieur presque déserté en fin d'après-midi)
Carbonnade flamande chez Cambrinus, rue de la Philosophie à Bruges : plat riche à la sauce bière brune
Rozenhoedkaai à Bruges vers 16 h (heure dorée, canaux humides et silencieux, moins envahi qu'en journée)
Et au final.
La Belgique, c'est solide sans être spectaculaire. On ne regrette pas d'y être allés, mais Bruges en particulier souffre d'une surdose touristique qui enlève de la sérénité. Les Belges sont accueillants quand on sort des zones piétons blindées. Le point faible : le climat gris et la propreté moyenne des hôtels bon marché.