Comment ça s'est passé.
Arrivé à Bruxelles-Zaventem par un vol Ryanair à 14h45, j'ai pris le train IC direct vers Bruges en 1h30. Déjà, le contraste m'a frappé : en sortant de la gare de Bruges, l'odeur de brique humide et de canal stagnant m'a enveloppé. Pas désagréable, juste... différent de ce que je m'attendais. J'ai dû traîner ma valise sur les pavés pendant 800 mètres jusqu'à l'hôtel Adornes (rue Saint-Gilles), chambre double à 89 euros la nuit. Patron flemme, mais le lit était propre. Bruges : la carte postale qui étouffe Le premier matin, levé à 6h30 pour éviter les touristes. J'ai marché jusqu'à la Beguinage (béguinage) avec ses petites maisons blanches en demi-cercle autour de la cour. Silence complet. C'était juste moi, les pigeons et le bruit de mes pas sur les dalles. Une heure plus tard, c'était blindé de groupes asiatiques. Ça m'a énervé, mais c'est la réalité de Bruges en juin. Les canaux, qu'on dit si romantiques ? Oui, mais depuis la Ponte van den Dyver, j'ai vu l'eau verte, presque trouble. Les cygnes traînaient, pas franchement majestueux. J'ai pris une barque de tourisme (17 euros, 30 minutes) pour voir le revers de la médaille : les toits d'ardoise, les jardins cachés. Le batelier, Dirk, m'a parlé des inondations de 2012. Voilà du concret. Au restaurant De Koetse (Kuiperstraat), j'ai commandé des waterzooï (la spécialité locale, ragoût de poisson ou poulet à la bière). Assiette énorme, 16 euros. Les frites belges servies à côté croustillaient sous la dent. Vrai bonus : la sauce à la bière maison, légèrement amère. Aucune trace de touristerie malgré le lieu passant. Anvers : le choc urbain Train de Bruges à Anvers, 30 minutes, 13 euros l'aller simple. C'était un choc total. Bruges, c'est la Belgique de carte postale figée dans l'ambre. Anvers, c'est les tags partout, les voitures qui crient, les gens qui se dépêchent. Je détestais et j'adorais en même temps. J'ai logé deux nuits à l'Airbnb Sint-Andries (quartier moins central, 65 euros/nuit). Première déception : la proprio a oublié de me transmettre le code d'accès. Deux appels sans réponse, j'ai dû trouver un café (Het Groene Woud, sur Sint-Andrieskwai) et attendre 45 minutes. Bof. Mais une fois dedans, l'appart était sympa, haut de plafond, vue sur un entrepôt reconverti. La gare centrale d'Anvers (Antwerpen-Centraal) est un monument art déco dingue. J'y suis revenu trois fois juste pour regarder la coupole. Devant la gare, c'est le chaos : taxis, bus De Lijn (la compagnie locale), SNCBe qui annoncent les retards en néerlandais et français. Le street art m'a saisi à la gorge. Le quartier de Werregarenstraatje est littéralement un musée à ciel ouvert : murs entiers peints, collaborations d'artistes, des œuvres qui changent. J'y suis allé deux fois. La température était de 22°C, doux, parfait pour flâner. L'odeur de spray frais se mêlait aux fumées des grillades d'un food truck installé au coin. Au MAS (Museum aan de Stroom), j'ai grimpé les escaliers en zigzag jusqu'au toit terrasse. Vue sur les docks, les grues, le fleuve Escaut. Entrée 14 euros. Moins impressionnant qu'on le dit, mais honnête. La librairie du musée vend du vrai café moulu belge. Les bons plans vrais Marché Groenplaats le dimanche matin. J'ai acheté des gaufres chez un vendeur sans file d'attente (les meilleures coûtent 3 euros, garnie de Nutella et fraises). Aussi trouvé du fromage de Bruges à déguster sur place. Les frites du frituur De Vlaamse Frites (toute petite boîte, à Anvers, Groenplaats) sont servies dans un cornet de papier, sauce mayo/moutarde à la bière. 3 euros. Texture croquante dehors, coeur fondant. Les Belges ne blaguent pas avec les frites. Bus 3 de Bruges pour aller à Damme (petit village de 1000 habitants), 4 euros. Maisons colorées, canal tranquille, librairie Don Quichotte avec des trucs improbables. Perdu une heure là-bas, zéro regret. Ce qui m'a gonflé À Bruges, les groupes de bachelorette party le soir. Cris, alcool, déguisements ridicules. Samedi soir, j'ai essayé de trouver un bar tranquille, c'était impossible. Les prix des restaurants « charmants » près du Beguinage : 28 euros pour un plat moyen. À Anvers, pas de grand problème, sauf les pickpockets du tram 3. J'ai senti une main sur ma poche, j'ai crié « Non ! », elle s'est barrée. Sinon, la sécurité était bonne.
Les bons plans repérés sur place.
Beguinage de Bruges, levé à 6h30 pour la sérénité, avant l'arrivée des cars
Waterzooï chez De Koetse (Kuiperstraat), 16 euros, sauce à la bière maison à refaire à la maison
Werregarenstraatje à Anvers, street art vivant, pas de galerie guindée, gratuit
Terrasse du MAS avec vue sur l'Escaut et les docks (14 euros entrée, 45 min dedans suffisent)
Frites De Vlaamse Frites (Groenplaats Anvers), 3 euros, c'est simple et décisif
Photos — Bruges et Anvers
Et au final.
La Belgique, c'est deux pays. Bruges étouffe sous le tourisme de masse, mais les canaux et la tranquillité du matin valent le coup. Anvers gronde, crée, renaît. J'y retournerais pour les deux, mais pas au même moment. Et oui, je reviens avec 3 kilos de chocolat Godiva (trop cher, mais bon) et l'envie de relancer mon néerlandais.
