Comment ça s'est passé.
Nous avons atterri à l'aéroport international de Vancouver (YVR) un mardi matin après un vol Air Canada de 11 heures depuis Paris. Dès la sortie, l'air frais et humide de la côte Pacifique nous a frappés. Rien à voir avec ce qu'on respire à Paris. On a loué une Nissan Qashqai chez Hertz pour deux semaines. Les trois premiers jours, nous nous sommes installés au Fairmont Hotel Vancouver, un établissement un peu trop cher à 280 CAD la nuit, mais nous voulions une base solide. Le quartier de Gastown nous a vraiment plu. Nous avons traîné rue Water Street, craché du Gastown Steam Clock qui souffle de la vapeur chaude toutes les 15 minutes. Ça sent le vieux bois humide et les rails de chemin de fer rouillés quand on passe devant la gare historique. Un soir, nous avons mangé au restaurant Navi, spécialisé dans la cuisine japonaise fusion. Le chirashi bowl coûtait 22 CAD. Excellent. Le sushi au saumon des eaux de Colombie-Britannique était frais, presque sucré. L'autre jour, en revanche, nous avons essayé le food truck près de Granville Island Market qui proposait des fish and chips. Le gars nous a carrément surfacturé : 18 CAD pour trois portions. La poutine était froide à l'arrivée. Granville Island Market lui-même valait le coup. Marché couvert depuis 1979, bruyant, bondé. Ça sentait l'iode, le poisson frais, les herbes aromatiques. Nous avons acheté des myrtilles locales à 4 CAD le barquette et du fromage artisanal de la fromagerie Bocconcini. Un moment mémorable : une femme avec un accordéon jouait sous l'auvent principal. Elle a joué du Piaf. Les murs gouttent d'eau, tout est un peu délabré mais ça a un charme fou. Nous avons pris le bus 99 B-Line (compagnie TransLink) qui relie le centre-ville au parc régional de Grouse Mountain. Trajet de 30 minutes. Le téléphérique grimpe à 1 231 mètres. La température a chuté de 12 degrés en montant. Vue sur les détroits et les îles de Géorgie. Nous avons randonnée le sentier de Grouse Grind : une heure et demie d'escaliers forestiers, transpiration garantie. Les épicéas dégagent une odeur résineuse quand on les frôle. Le moment difficile : notre retour de Grouse. Le dernier téléphérique était surboké et nous avons attendu 90 minutes dans un froid de 8 degrés. Mauvais timing. Aucune signalisation claire sur la capacité. On s'est sentis idiots. Ensuite, nous avons roulé vers les Rocheuses, route Transcanadienne 1. Environ six heures de voiture jusqu'à Banff. Nous nous sommes arrêtés à Lake Morraine en chemin. Lac glaciaire, eau d'un bleu vraiment improbable. Un bus de touristes japonais avait le même idée. La température est tombée à 2 degrés en fin d'après-midi. Nous avons dormi à l'hôtel Moraine Lake Lodge (185 CAD la nuit, moins cher que Vancouver). Petit-déjeuner buffet décevant : œufs trop cuits, bacon peu goûteux, café industriel. Banff nous a plu davantage. Rue Banff Avenue concentre tout : magasins de souvenirs, restaurants, bars, agences de randonnée. Nous avons réservé une excursion de trois jours avec Monodome Adventures pour explorer les sentiers du parc national. Guide compétent, petit groupe (six personnes), 450 CAD par personne. Jour 1 : sentier de Bow Lake jusqu'au Bow Hut. Nous nous sommes levés à 4 h 30 pour commencer à 6 h. Lever du soleil à 6 h 45. Le ciel virait du noir au rose-orange en cinq minutes. Les mélèzes (épicéas alpins) projetaient des ombres géantes. Température : moins 5 degrés avec le vent. Le guide nous a servi du thé chaud et des barres énergétiques maison au caramel. Premier moment vraiment marquant du voyage. Jour 2 : Moraine Lake à Larch Valley. Nous avons croisé des bighorns (moutons des montagnes Rocheuses) à distance. Ils nous ont vus mais n'ont pas bougé. Herbe alpine dorée, roches grises, silence absolu sauf le vent qui siffle. Un groupe de randonneurs allemands nous a dépassés. Nous avions les jambes lourdes après 18 km. À Banff même, nous avons dîné au Buffalo Street Cafe. Burger de bison, frites maison, bière locale (Banff Ave Brewing). Le bison goûte le gibier, légèrement plus serré que le bœuf. 28 CAD le burger. Serveuse gentille mais submergée. Attente de 40 minutes. Lake Louise mérite une demi-journée. Château Lake Louise (hôtel historic, 380 CAD la nuit, ne pas y dormir mais le voir vaut le coup). Lac vert pâle. Presque trop touristique avec les selfie-sticks, mais c'est un paysage réel, pas une carte postale. Nous avons vu des corneilles noires (plus grandes que nos corbeaux français) picorer les reliefs des touristes. Retour à Vancouver en vol WestJet depuis Calgary (trois heures). Puis un dernier jour dans le quartier de Kitsilano avant le retour en France. Plage Kitsilano Beach bondée. L'eau était trop froide (7 degrés) pour nous y tremper, mais la promenade côtière vaut le détour.
Les bons plans repérés sur place.
Granville Island Market : marché couvert depuis 1979, senteur iodée, le Bocconcini Cheese Shop propose des fromages à 12-18 CAD
Sentier Bow Lake au Bow Hut : randonnée alpine au lever du soleil, croisement avec des bighorns, température moins 5 degrés
Restaurant Navi à Gastown, chirashi bowl au saumon de Colombie-Britannique (22 CAD)
Moraine Lake Lodge : étape avant Banff, accès au lac glaciaire bleu, tarif 185 CAD
Téléphérique de Grouse Mountain : vue sur les détroits de Géorgie, sentier Grouse Grind, 90 minutes d'attente le soir
Photos — Vancouver, Banff et Lake Louise
Et au final.
Le Canada a tenu ses promesses : paysages vrais, air pur, gastronomie locale correcte. Vancouver offre du charme urbain honnête sans surcharge. Les Rocheuses furent le point fort avec cette randonnée de trois jours où l'on se sent réellement loin de tout. Bémol : les prix de l'hébergement et de la restauration nous ont serrés le portefeuille. Rien n'était dramatique, mais 280 CAD pour une chambre, c'est une réalité qu'il faut accepter.
