Comment ça s'est passé.
Levé à 5 h du matin le premier jour pour attraper le vol Air Austral AF 7620 à destination de Saint-Denis. Arrivée à l'aéroport Roland Garros vers 10 h 30, air chaud et humide d'emblée, odeur de fleurs tropicales mélangée à celle des échappements des voitures de location. J'ai loué une Renault Clio chez Hertz pour 35 euros par jour — mauvais calcul, j'aurais dû prendre les bus Citalis comme les locaux. Les trois premiers jours à Saint-Denis, capitale souvent oubliée par les guides touristiques. Petit-déjeuner au café de la Gare (rue Juliette Dodu) : un pain au chocolat + un café crème pour 4,50 euros. Le marché Foofoo en fin d'après-midi regorge de fruits : mangues à 2 euros le kilo, piments rouges, et des femmes qui vendent des nourritures préparées sur place. J'ai essayé un cari poisson aux lentilles (« le vrai », disait la vendeuse) pour 8 euros — relevé, presque trop salé, mais honnêtement goûteux. J'ai traîné à la Cathédrale Sacré-Cœur, très calme en fin de journée, juste quelques fidèles. Une jeune fille m'a demandé si j'étais « métropolitain » — premier choc : le clivage île/continent est encore très vivant ici. Samedi, direction la Route des Tamarins vers Saint-Gilles. Deux heures de route côtière, température montée à 32 degrés, fenêtres baissées, moustiques qui rentrent à fond. Saint-Gilles-les-Bains : plage de sable noir, eau turquoise à 28 degrés, assez chaude pour que ce soit vrai. Pas de vagues (lagon protégé par le récif). Étrange sensation : eau tiède, pas du tout comme les plages atlantiques. J'ai mangé un rougail saucisse à La Tapenade (restaurant près du lagon, 12 euros) — la viande était sèche, malheureusement, et l'établissement semblait surtout fait pour les touristes avec des prix gonflés. Mercredi, visite du Piton de la Fournaise. Réservation faite au camping du volcan (Bourg-Murat) la veille via un appel téléphonique chaotique — l'employé parlait très vite, accent local lourd, j'ai dû demander trois fois la confirmation. Levé à 4 h 30, température de 12 degrés à cette altitude (1 900 m), nuit noire, lampe frontale obligatoire. Randonnée de trois heures sur le cratère avec un guide freelance, Didier, 55 ans, qui connaissait chaque pierre. Le sol était encore chaud sous les pieds par endroits — sensation bizarre, presque brûlante à travers la semelle. Odeur de soufre intense, presque asphyxiante. Pas de nuages ce matin-là, vue jusqu'à l'océan. Moment qui m'a marqué : Didier m'a parlé de l'éruption de 2007, comment sa maison avait été évacuée. Pas du romantisme de voyage, juste la réalité. Retour à Saint-Denis en milieu de semaine. J'ai craqué pour un hôtel plus confortable : l'Hôtel de France (rue d'Austerlitz), 85 euros la nuit, vieillot mais propre, et surtout climatisé. Le gérant, Michel, m'a conseillé de ne pas louer la voiture plus longtemps : « C'est pas la peine ici, les bus Citalis coûtent 0,90 euros le trajet. » Il avait raison. Le bus 1 relie Saint-Denis à Saint-Gilles en 40 minutes, très régulier. Jeudi et vendredi : Salazie et Cilaos, deux cirques volcaniques. Route sinueuse, paysages verts denses, route fermée une fois à cause d'éboulis (deux heures d'attente). Cilaos perché à 1 200 m, petite ville tranquille, source d'eau chaude naturelle (25 degrés). Restaurant L'Étable (rue Bénoît-de-la-Fontaine) : repas cari poule 13 euros, punch coco offert, accueil souriant. Petit bémol : l'eau chaude n'était pas aussi chaude qu'annoncée, juste tède. La Réunion m'a impressionné, mais différemment que prévu. Pas d'« îles de rêve » ici : c'est volcaniques, vert montagnes sauvages, humide, parfois poisseux. Les routes sont bonnes, les gens parlent français, l'infrastructure existe. Il y a une vraie vie quotidienne, pas un décor figé pour touristes. Les caris sont bons mais variables. Les plages lagon sont sympas mais étroites. Le volcan est le vrai point fort : rare et spectaculaire. Petit bémol : les arnaques mineurs (prix gonflés pour touristes) et l'isolation psychologique — c'est loin, très loin, les gens le ressentent.
Les bons plans repérés sur place.
Piton de la Fournaise : lever à 4 h 30, randonnée de 3 h sur le cratère, odeur de soufre
Marché Foofoo à Saint-Denis (rue Juliette Dodu) : fruits tropicaux, cari poisson 8 euros
Route des Tamarins Saint-Denis → Saint-Gilles : route côtière 2 h, lagon eau tiède 28 degrés
Cirque de Cilaos (1 200 m) : source d'eau chaude, village calme, restaurants locaux
Bus Citalis n°1 : 0,90 euros, 40 minutes Saint-Denis/Saint-Gilles, meilleure option que voiture
Photos — Saint-Denis / Saint-Gilles-les-Bains
Et au final.
Trois semaines bien remplies, je reviendrai probablement. La Réunion n'est pas une destination de farniente passif : il faut bouger, louer un véhicule (ou utiliser les bus), randonner. J'aurais moins apprécié sans le volcan et les cirques. Les villes côtières touristiques manquent un peu de charme.
