Comment ça s'est passé.
Arrivée à l'aéroport Roland-Garros mardi 14 heures. Vol Air Austral depuis Paris, 11 h de vol direct. Je m'attends à trouver une île tropicale pépère, mais Saint-Denis, c'est déjà une vraie ville avec ses embouteillages sur la route du Barachois. Le taxi-brousse coûte 25 euros jusqu'à l'hôtel Mercure (rue Maréchal-Leclerc, centre-ville), ce qui m'agace d'entrée de jeu — 25 euros pour 20 minutes de route bosselée. J'installe mes affaires vers 16 h. La chambre sent l'humidité tropicale mélangée à un désodorisant chimique vaguement floral. Je sors manger au Foodcourt du centre commercial Azur (rue de la Paix), l'odeur de cannelle et de rhum arrangé flotte partout, les vendeurs de cari étalent leurs portions généreuses. Je prends un cari-poisson avec riz blanc (9 euros). C'est bon, gras, rien à voir avec les images Instagram retouchées. Mercredi matin, je me lève à 5 h 30 pour prendre le bus régional n° 1, direction Cilaos. Le cirque de Cilaos, c'est une caldeira enclavée, accessible par une seule route en lacets — 400 virages, c'est pas une légende. Le bus est blindé, climatisation cassée, je suis coincée entre un monsieur qui mange un fruit à pain et une femme qui écoute la radio sans écouteurs à volume max. Trois heures de trajets sur une route où on croise des camions à deux centimètres. J'arrive à Cilaos vers 9 h 15, énervée mais impressionnée par les pentes vertes autour. Gîte rural Le Bois Joli, petite maison Créole avec véranda. La proprio, Valérie, me propose du jus de goyave frais à l'arrivée. Le goût, c'est sucré-acidulé, avec des pépins qui craquent entre les dents. Elle m'explique que Cilaos attire surtout les randonneurs. Elle n'a pas tort : les sentiers font la réputation du coin. Je paye 65 euros la nuit en demi-pension. Jeudi, rando Piton des Neiges. Départ 4 h du matin du gîte. La température à 4 h, c'est 12 degrés, j'avais sous-estimé et je grelottais en polaire fine. Au sommet (3 071 mètres), vers 9 h 30, j'ai croisé trois groupes de touristes allemands équipés comme des alpinistes. La vue sur les cirques ? Oui, c'est grand, vertical, bleu-gris. Mais j'étais surtout exténuée et frigorifiée, pas dans l'état d'esprit poétique attendu. Retour 14 h 30. Douleurs musculaires massives. Valérie m'a proposé un punch coco (rhum blanc + lait de coco concentré) à 6 euros. Je l'ai sifflé en 5 minutes. Vendredi, jour de galère majeure. Je voulais visiter les plantations de lentilles de Cilaos. Je prends le bus n° 4 local à 8 h 30, censément direction la coopérative agricole. Le chauffeur descend à la gare centrale, un autre monte. Personne ne me dit qu'il faut changer. Je me retrouve à Saint-Pierre, à l'opposé de l'île. Quarante minutes de trajet stérile. J'ai dû attendre 2 h 15 à la gare routière Saint-Pierre avant qu'un bus me ramène vers Cilaos. Après-midi foutu. Stress monétaire aussi : 8 euros aller-retour au lieu des 2 euros prévus. Ce jour-là, j'ai juste traîné en terrasse à Cilaos, au Café de l'Église, avec un café au lait (3 euros) et un samoussa (2 euros). J'ai entendu les klaxons des motos-taxis, senti l'odeur d'essence mélangée à celle des flamboyants qui fleurissaient autour. Samedi, retour à Saint-Denis en bus n° 1. Cette fois, j'ai occupé un siège et j'ai regardé les paysages : rivière de l'Est qui coule sur les côtés, petits villages avec des boutiques de bricolage, des voitures garées n'importe comment. J'ai passé dimanche à flâner. Marché de Saint-Denis (quai Deschamps), dimanche matin, 7 h : vanilles en gousses, litchis rouges empilés dans des cagettes, femmes qui vendaient des nattages pour cheveux. J'ai acheté 500 grammes de vanille à 22 euros pour ramener en France. Le vendeur m'a fait un sourire pas convaincu, probablement qu'il voyait une touriste à 50 mètres. Lundi, dernier jour : musée Léon Dierx (rue de Paris, gratuit). Petit musée, collection moyenne, mais j'y ai passé une heure par flemme avant le vol. Café Verger (rue Maréchal-Leclerc) avant l'aéroport, excellente limonade fraîcheur (4 euros), cadre sympathique avec les employés qui rigolaient ensemble. Vol retour 17 h 30, arrivée Paris mardi matin.
Les bons plans repérés sur place.
Piton des Neiges (3 071 m) : rando difficile, départ 4 h du matin, apporter vêtements chauds
Gîte Le Bois Joli à Cilaos : jus frais fait maison, proprio accueillante, 65 euros demi-pension
Marché de Saint-Denis (quai Deschamps, dimanche 7 h) : vanille, litchis, ambiance locale sans touristes
Bus régional n° 1 : 400 virages jusqu'à Cilaos, 3 h, vérifier auprès du chauffeur avant de descendre
Café Verger (rue Maréchal-Leclerc, Saint-Denis) : limonade locale et personnel franc
Photos — Saint-Denis / Cilaos
Et au final.
Réunion, c'est moins lisse que prévu. Les randos sonnent bien en théorie, mais l'acclimatation et les galères de transport plombent la romance. Cialos vaut vraiment le coup si on aime la rando en montagne, sinon c'est juste une vallée verdoyante. Saint-Denis elle-même pas très photogénique, beaucoup de béton des années 70. Le plus mémorable : les gens, les petits-déjeuners créoles, et la frustration d'avoir une île si belle mais si compliquée à explorer sans voiture.
