Comment ça s'est passé.
On a débarqué à l'aéroport Roland Garros le 15 juillet à 14 h 30, après 10 h de vol avec Air Austral. Première surprise : la chaleur humide nous a frappés comme un mur, 28 °C mais l'air collant des tropiques. La navette bus coûtait 18 euros, elle nous a menés jusqu'à l'hôtel Serena à Saint-Denis en 45 minutes. Le chauffeur roulait vite, trop vite, et j'ai cru trois fois qu'on allait finir dans le ravin. Saint-Denis sent la vanille, l'essence de gasoil et le linge séchant au soleil sur les balcons des vieilles cases créoles. On a marché toute l'après-midi rue de Paris, puis on a mangé des rougails saucisse chez Chez Madame Margot (9 euros le plat, copieux). C'était pimenté à la limite du supportable, mon nez coulait. Le moment marquant : en fin de journée, on s'est perdus dans la ruelle derrière la cathédrale Sainte-Marie et on a entendu quelqu'un jouer du maloya au ukulélé sous une véranda. Personne n'avait lâché de musique, c'était just là, gratuit, réel. Les cirques de Mafate ont failli nous tuer. On a pris le car régional ligne 3 depuis la gare routière de Saint-Denis (4 euros, départ 6 h 15) jusqu'à La Possession. De là, une navette privée vers le point de départ de la randonnée à La Nouvelle (15 euros). Levés à 5 h, on voulait voir le lever du soleil sur le cirque. On l'a eu, mais au prix fort : 18 kilomètres à pied, altitude 1 600 m, et ma copine Célia qui a chopé une ampoule au pied droit vers le kilomètre 8. Elle s'est mise à pleurer, on a dû ralentir, et on n'a atteint la Chambre d'hôtes Bergerat que vers 18 h 30, morts. Le soir, on a mangé un cari de poisson paysan (12 euros, portions géantes) servi par la proprio, Mme Bergerat, qui nous regardait comme des fous d'avoir trop sous-estimé la difficulté. Le jour 6, on a pris l'hélico-taxi pour redescendre (trop mal aux jambes). 280 euros chacun, arnaque totale, mais on l'a pas regretté. Vue sur les trois cirques depuis le ciel : silence absolu là-haut, vent chaud dans les cheveux, le bleu de l'océan Indien au loin. Ce jour-là on a aussi mangé un cornet de rougail-coco au marché forain de Saint-Denis (3 euros 50), ça goûte la noix de coco râpée, l'oignon et le vinaigre blanc. Délicieux, même si je savais pas trop ce que c'était. On a visité le Musée d'Histoire de Saint-Denis, entrée 5 euros. Vitres poussiéreuses, expo un peu datée, mais on a compris l'esclavage sur l'île, l'arrivée des engagistes indiens, les débuts du rhum. Parlant de rhum : rhum traditionnel Charrette au bar le Délirium à Saint-Denis (verre 5 euros), à 22 h un soir, ambiance vraiment locale, mecs en sueur qui regardaient les nouvelles à la télé, pas de touriste qui traînait. Le jour 9, galère authentique : notre vol de retour avec Air Austral a été retardé de 4 h en raison d'un problème mécanique. On a attendu à l'aéroport Roland Garros, mal climatisé, sandwichs cramés à la cafétéria. On a rata un rendez-vous pro une fois rentrés. Ce genre de truc qui te rappelle que c'est juste une île dans l'océan Indien, que les infrastructures sont limitées. Les derniers jours, on a fait le tour de la côte ouest en voiture louée (Europcar, 180 euros pour 4 jours). Plage de l'Hermitage, eau tiède, pas terrible comme coraux. Le lagon est pollué près des zones touristiques. On a vu des femmes locales avec leurs enfants faire tremper du linge dans des bassines près de la plage, la vraie vie.
Les bons plans repérés sur place.
Musée d'Histoire de Saint-Denis : vitres poussiéreuses mais collection sur l'esclavage intéressante (5 euros d'entrée)
Cari de poisson à la Chambre d'hôtes Bergerat à Mafate : portions énormes, saveur chaude et épicée (12 euros)
Rougails saucisse chez Madame Margot, rue de Paris à Saint-Denis : coude à coude avec les locaux (9 euros)
Cirque de Mafate en randonnée : 18 km qui piquent les mollets mais lever de soleil dingue
Verre de rhum Charrette au Délirium à 22 h : ambiance bar de quartier sans pose (5 euros)
Photos — Saint-Denis et cirques de Mafate
Et au final.
La Réunion c'est pas un paradis de carte postale. C'est montagneux, humide, parfois mal organisé, mais honnêtement attachant. On repartirait, sauf qu'il faudrait mieux préparer les rando et avoir un budget élargi pour les imprévus. Les gens sont ouverts, la nourriture créole vaut le coup, et les paysages volcaniques changent du tourisme classique.
