Comment ça s'est passé.
Je suis partie seule pour 10 jours en Roumanie en octobre, avec pour point de chute Brașov. Mauvaise décision n°1 : prendre un vol Ryanair à 6h30 du matin sur Francfort. J'ai atterri à Otopeni vers midi, puis j'ai pris le bus 783 jusqu'à Piața Unirii pour environ 8 euros. La route depuis Bucarest vers Brașov en car CFR dure 2h30 — j'avais réservé un billet sur omio.com, 12 euros. Le car a eu 40 minutes de retard. Classique en Roumanie, m'a dit une fille roumaine dans le bus. Brașov m'a frappée dès l'arrivée. Pas par une beauté spectaculaire, mais par l'odeur de poêle à bois qui flottait partout, même en ville. C'était octobre, il commençait à faire froid le soir (9-10°C). J'ai loué une chambre chez Maria, une propriétaire Airbnb rue Apollonia Hirai, pour 35 euros la nuit. Murs jaune pâle, lit grinçant, mais propre et Maria parlait français. Elle m'a recommandé le restaurant Sergiana pour manger des mici (petites brochettes de viande hachée) — j'ai payé 4,50 euros pour une portion généreuse avec pain grillé et moutarde forte qui m'a brûlé le palais. Les premiers jours : Brașov et ses ruellesLa Piața Sfatului, la place principale, ressemble à ce qu'on imagine de la Transylvanie : bâtiments hauts peints en rose, bleu ciel, jaune crème. J'ai monté l'escalier de la Passage Grivitei vers la Strada Sforii (la rue la plus étroite d'Europe, paraît-il) en 5 minutes. Rien de dingue, mais c'est vrai qu'elle est étroite. J'y ai bu un café au Café Intim, assis dehors malgré le froid, pour 2 euros. Le serveur m'a parlé en roumain, je n'ai compris que « bună » et j'ai hoché la tête. Il a ri. J'ai visité l'église noire (Biserica Neagră) — entrée 5 euros. L'intérieur sent le vieux bois et l'encens. Les murs noircis par les incendies ottomans du XVe siècle restent noirs. Pas de restauration filmée à la Versailles version Roumanie. C'est austère, c'est froid, et pour une fois ce qualificatif n'est pas exagéré : il faisait réellement 12°C à l'intérieur. Château de Bran et la déception touristiqueJ'ai pris un bus local (numéro 23) vers le château de Bran le 4e jour. 1,50 euros le trajet, 40 minutes de route sinueuse. Le château était entouré de 15 petits restaurants kitsch vendant des souvenirs Dracula. Entrée 20 euros pour voir les pièces. À l'intérieur, rien ne concernait réellement Vlad l'Empaleur — c'était surtout du mobilier du XIXe siècle et des histoires de comtesse autrichienne. J'ai été frustrée. Le tourisme roumain vend du Dracula, but c'est un mensonge de marketing. Les ruelles du château sentaient l'huile de friteuse et les saucisses grillées. J'ai acheté une saucisse transylvaine (mici à nouveau) pour 3 euros, moins bonne que celle de Sergiana. Pași de Diavol et la galère du trainMa tentative pour voir Pași de Diavol (« les pas du diable », une zone montagneuse) a viré au cauchemar. J'avais prévu de prendre le train de 7h15 depuis Brașov vers Zarnești (ligne CFR vers Predeal). Le train a eu 90 minutes de retard. Je suis restée assis sur un banc en béton de la gare de Brașov avec 30 autres gens, glacée, à mâcher une pastilă (pastille locale au miel) achetée à une vieille femme pour 1 euro. Quand le train est arrivé, il y avait une odeur de tabac froid écrasant. Un homme fumait dans le wagon, illégalement. Personne ne disait rien. J'ai changé de wagon trois fois. J'ai finalement atteint Zarnești à 9h30 et j'ai réalisé qu'il n'y avait pas vraiment de transport jusqu'aux sentiers. J'ai pris un taxi avec un chauffeur (Gheorghe) jusqu'au point de départ. 25 euros. Il m'a volée, mais j'ai trouvé ça amusant rétrospectivement. La marche jusqu'aux gorges valait le coup : air froid qui pique, silence sauf le bruit de l'eau sur les rochers. J'ai mangé un sandwich acheté au supermarché Carrefour de Brașov (un roti cu dovleac et brânză — galette aux courges et fromage fermier, 4,20 euros) en regardant les murs de roche grise se dresser des deux côtés. Retour, derniers jours et bilanLes derniers jours, j'ai erré dans les petits cafés de Brașov. Cofetăria Sfinx, une pâtisserie, vendait des cozonacs (brioche aux noix fourrée) pour 3,50 euros. J'en ai mangé deux. Le goût sucré et beurré m'a manqué dès le depart de Roumanie. J'ai aussi visité le monastère de Prejmer, à 15 km. Bus local 15, 2 euros aller. Les murs du monastère sont épais, gris, défensifs. Un moine très âgé m'a expliqué en italien qu'il y avait des tunnels souterrains. Vraiment? Peut-être. Les moines ne sourient pas beaucoup. L'atmosphère était triste mais sincère, pas mise en scène pour les touristes. Le dernier jour, j'ai raté mon bus pour Bucarest (retard de 20 minutes qui m'a fait perdre la correspondance). J'ai dû payer 30 euros supplémentaires pour un trajet en taxi partagé avec deux Roumains qui écoutaient de la musique techno très fort. Arrivée à l'aéroport vers 21h, Ryanair à minuit.
Les bons plans repérés sur place.
Restaurant Sergiana, rue Apollonia Hirai : les meilleures mici, 4,50 euros avec pain grillé.
Pași de Diavol, gorges près de Zarnești : silencieux, poisseux de vent froid, vraiment beau.
Igreja Neagra, Brașov : intérieur froid, murs noircis, pas de paillettes, juste la gravité.
Cofetăria Sfinx : cozonacs fourrés pour 3,50 euros, sucre et nostalgie.
Préjmyer Monastery : 15 km depuis Brașov en bus 15, murs défensifs, moines taciturnes, sortis des guides.
Et au final.
La Roumanie n'a pas été le coup de foudre que j'espérais. Brașov est une vraie petite ville, pas une décoration. Les gens sont réservés, les services tardent, le tourisme est un peu malhonnête autour de Dracula. Mais j'ai aimé manger les mici, sentir cette odeur de bois brûlé, et marcher seule dans des rues où je comprenais rien. Je reviendrais, mais cette fois avec quelqu'un pour partager les galères de bus.







