Comment ça s'est passé.
Nous avons atterri à l'aéroport Henri Coandă de Bucarest un jeudi à 14 h 45, après un vol Wizz Air depuis Lyon-Saint-Exupéry. Trajet de 2 h 50 minutes, prix : 89 euros aller-retour. À la sortie, le choc thermique : 8°C, un vent humide qui monte des Carpates, et cette odeur caractéristique de fumée de bois qui s'échappait des échappements des voitures des années 90 stationnées dans le parking. Nous avons pris le bus Express 780 direct vers Brașov (120 RON par personne, soit 25 euros), départ 16 h 30 de la gare routière Autogara Obor. Brașov nous a happés immédiatement. Nous nous sommes logés à l'hôtel Schiller House, une pension dans la Piața Sfatului, la place principale, avec vue sur les façades colorées de la ville médiévale. 65 euros la nuit. Dès le premier matin, levé à 5 h 30 pour grimper à la Chapelle de Tampa — 500 marches sous la brume — et voir le lever de soleil. À 6 h 45, le soleil a percé les nuages juste au-dessus des forêts de sapins. Moment où nous avons vraiment senti que nous n'étions pas en France ordinaire. Les jours de château et de galère technique Vendredi, nous avons loué une Dacia Sandero (25 euros la journée) et fondu vers le Château de Bran — celui supposément lié au mythe de Dracula. Vous savez quoi ? Le mythe, c'est du marketing roumain. Mais le château lui-même, perché sur la falaise près de Moișeni, c'est maçonné avec une solidité brutale, des murs gris de 2 mètres d'épaisseur. La visite coûte 40 RON (8,50 euros). En redescendant, notre GPS s'est planté (la 4G inexistante en montagne), nous avons roulé 20 km dans la mauvaise direction. Galère bien roumaine. Un routier nous a redirigés en pointant juste du doigt vers le sud. Samedi, nous avons poussé vers Sibiu. Route 1 via Făgăraș, 2 h de voiture. Sibiu est plus grosse, moins charme que Brașov, mais la Grande Place (Piața Mare) mérite le détour pour l'architecture baroque des maisons aux toits penchés. Nous avons mangé à La Crama, restaurant traditionnel dans une cave : ciorbă de burtă (soupe de tripes) pour 22 RON (4,70 euros), mici (petites brochettes de viande) pour 18 RON. Le goût : poivre, ail écrasé, viande de qualité correcte, servis avec une moutarde faite maison qui piquait les sinus. La serveuse parlait trois mots d'anglais, nous cinq de roumain approximatif : négociation gestuelle réussie. Marché, monastères et moments qui collent à la peau Dimanche, retour à Brașov. Nous avons flâné au Piața Obor, le marché couvert, où des femmes vendaient des paniers de prunes, de pommes, des fromages blancs locaux (telemea) à 15 RON le paquet. L'odeur : fermentation, levure, terre. C'est là où on sent vraiment que la Roumanie n'est pas une vraie « destination » packagée pour touristes. Nous avons croisé un retraité roumain qui nous a expliqué, en allemand (beaucoup parlent allemand, héritage austro-hongrois), que 70 % des habitants du coin vivent de l'agriculture ou du tourisme hivernal. Lundi, excursion à Bârsa, petit village en montagne. Via la route 73 sur 40 km depuis Brașov. Monastère Brâncovenesc du XVIIe siècle, peint en bleu électrique intense. L'église était vide, juste un moine qui broyait quelque chose au mortier en chantonnant un truc orthodoxe. Pas d'arnaque, pas de droit d'entrée, juste du respect silencieux. Cela nous a touchés, contrairement aux sept églises « touristiques » où il faut payer 5 euros. Les restaurants : Bella Musica à Brașov (pizza correcte, 35 RON), Dens Pizzeria (30 RON la carbonara, assez authentique pour la région). L'une des grandes déceptions : le Wi-Fi. Nous avons essayé quatre cafés, tous avec une connexion qui s'écroulait tous les 90 secondes. Telemobil, Vodafone, Orange : aucun n'était fiable. Pour se connecter à l'agence de location de voiture, nous avons dû nous asseoir dans un McDonald's pendant 40 minutes. Petit agacement qui s'est accumulé. Jeudi dernier jour : visite au Musée Brukenthal de Sibiu. Bâtiment du XVIIIe siècle, collections de peintures baroques décentes. 20 RON (4,20 euros). Déjeuner rapide à la gare ferroviaire de Brașov, puis bus retour vers Bucarest à 14 h (via Autogara Brașov, bus 380, 110 RON). Arrivée à l'aéroport 19 h, vol retour 21 h 55. Nous avons mangé un sándwich insipide au PDG de l'aéroport, 25 RON (trop cher pour ce que c'était).
Les bons plans repérés sur place.
Chapelle de Tampa à Brașov : 500 marches, lever de soleil à 6 h 45 en octobre, 0 euro
Château de Bran via Moișeni : 8,50 euros, vue brute sur les Carpates, parking gratuit
Piața Sfatului à Brașov : dîner à La Crama, ciorbă de burtă à 4,70 euros, ambiance de vraie taverne
Monastère bleu de Bârsa : 40 km depuis Brașov, road trip chaotique mais sans droit d'entrée
Marché Piața Obor : fromages telemea locaux, prunes à 1 euro le kilo, commerce non touristique
Photos — Brașov et région de Transylvanie
Et au final.
La Roumanie de Transylvanie n'est pas aussi mystérieuse qu'on la vend, mais elle reste attachante par sa rudesse. Les châteaux sont vrais mais moins graves que promis, la nourriture nous a régalés pour 3-4 euros le plat. En revanche, on attendait plus de naturel dans les interactions avec les locaux, et la connectivité a vraiment pourri quelques moments où nous voulions partager. Nous y reviendrions, mais plutôt en été et avec plus de temps pour les villages montagnards.
