Tombouctou et la Boucle du Niger : entre rêve et réalité sahélienne
CarnetMali202612 jours

Tombouctou et la Boucle du Niger : entre rêve et réalité sahélienne

On a quitté Bamako le 14 janvier à 6 h 15 via Air Sénégal, vol SK717. L'arrivée à Tombouctou vers 8 h 45 : la chaleur nous a frappés dès la sortie de l'avion, une vague de 38°C qui colle à la peau. L'aéroport est une…

MV
Publié le · mis à jour le
12 jours1 album4/5
Le récit

Comment ça s'est passé.

On a quitté Bamako le 14 janvier à 6 h 15 via Air Sénégal, vol SK717. L'arrivée à Tombouctou vers 8 h 45 : la chaleur nous a frappés dès la sortie de l'avion, une vague de 38°C qui colle à la peau. L'aéroport est une petite structure en tôle, pas de climatisation, juste des ventilateurs qui tournent mollement. On a loué une chambre à l'Hôtel Azalai Tombouctou, chambre 24, pour 65 000 CFA la nuit (environ 100 euros). Pas luxueux mais correct : lit à moustiquaire, ventilo au plafond, eau chaude aléatoire. Le patron, Amadou, nous a proposé un guide officiel nommé Moussa, 30 000 CFA par jour. On a négocié, il a accepté 25 000 CFA après une heure de discussion sur la terrasse du café du matin. Premier jour : les mosquées et le marché Djinguereber. Levés à 5 h 30, thé à la menthe au restaurant de l'hôtel (tiède, sucré à mort, 1 000 CFA). La Mosquée Djinguereber se dresse à deux pas, architecture en banco impressionnante même si le crépi s'effrite. L'intérieur sent l'encens et la poussière de siècles. Les murs sont épais, la lumière filtrée par des meurtrières crée une ambiance très particulière. Pas de prise de photo autorisée, gardien pointilleux. Le marché Djinguereber, lui, est un vrai chaos. On s'y est perdus trois fois. Odeur mélangée de poisson séché, épices, et ordures. Des vendeurs nous ont interpellés, certains l'air sympa, d'autres carrément harcelants. Prix des souvenirs gonflés d'emblée : on a négocié un tissu indigo de Goundam de 8 000 CFA à 5 000 CFA après 20 minutes d'échange. Un touriste français à côté de nous s'est fait enfler 15 000 CFA pour la même pièce. Galère du jour 3. On avait prévu une excursion en pirogue sur le Niger avec le transporteur fluvial Compagnie Malienne de Navigation. Rendez-vous à 7 h au port de Goundam, à 45 km au sud. On a attendu 2 h 30. Le chauffeur du taxi-brousse (minibus blanc surpeuplé) s'était arrêté chercher d'autres passagers. On est arrivés à 9 h 45, la pirogue avait déjà levé l'ancre. Moussa nous a expliqué avec un sourire gêné que l'horaire n'était que « consultatif ». On a repris un taxi pour revenir, 35 000 CFA supplémentaires perdus. À la place, on a mangé du riz à l'arachide et du poulet au restaurant Saveurs du Sahel, rue Askia Mohamed. Goût acidulé de la sauce, poulet tendre, 3 500 CFA par assiette. Vent de sable l'après-midi, on est restés à l'hôtel. Jour 4-6 : Île de Diafarabé et région du delta intérieur. On a pris une jeep avec chauffeur Seydou et Moussa. Route cahoteuse, pas d'asphalte sur 80 km. Paysage plat, herbe jaune, quelques acacias. Arrivée au village vers 11 h. On s'est logés chez l'habitant, maison de banco simple, lit dur, geckos au plafond. La nuit, bruit incessant des insectes, température qui chute soudain vers 3 h du matin (presque froid après le chaos thermique du jour). Promenade en pirogue traditionnelle au lever du soleil. L'eau du Niger était basse, jaune-marron. Quelques hérons gris, sinon peu d'animaux sauvages. Petit-déjeuner de riz bouilli avec sauce tomate chez notre hôte Fatoumata, 2 000 CFA. Elle a pris du temps à nous préparer à manger, mais la chaleur humaine compensait. On a discuté trois heures avec elle de la vie locale. Elle a sept enfants, trois sont allés en France, elle les attend. Jour 7-9 : Retour à Tombouctou, Bibliothèque Ahmed Baba. Visite de la Bibliothèque Ahmed Baba en début d'après-midi. Collection impressionnante de manuscrits du XVe et XVIe siècles (plusieurs milliers), mais accès très restreint : seules trois salles ouvertes au public, les originaux en chambre climatisée interdite. Droit d'entrée 3 000 CFA. Le bâtiment en lui-même, récemment rénové, manque de charme. On aurait préféré plus d'authenticité, moins de vitres de protection. Le gardien parlait français couramment, expliquant les enjeux de conservation face à l'humidité et aux pillages de 2012-2013. Soir au Bar Bamako, coin rue Goundam et avenue Askia. Bière Castel 2 500 CFA, musique gnawa locale jusqu'à minuit. Alcool faible mais frais. Un musicien vendait des objets en cuir, encore du marchandage obligatoire. Jour 10-12 : Gao et retour. Bus air conditionné (Sonef Travel) depuis la gare routière de Tombouctou, 6 h de trajet jusqu'à Gao, 15 000 CFA. Paysage encore plus désertique. Arrivée à 17 h 30. Hôtel Atlantis Gao, chambre petite mais propre, 55 000 CFA. Visite rapide du Tombeau d'Askia Mohamed (prix 1 500 CFA, monument restauré en 2009, architecture imposante en banco). Gao se sent moins touristique, plus frontalier. Moins de hassle au marché. On y a mangé un excellent thiéboudienne (riz avec poisson) au Café Tamboura pour 4 000 CFA. Retour à Bamako en vol Air Mali le 26 janvier vers 10 h. Ce qui manquait : pas assez de temps pour comprendre vraiment la vie quotidienne au-delà des sites touristiques. Les guides sont honnêtes mais formatés.Insécurité zéro ressentie personnellement, mais on savait que certaines régions au nord restaient fermées aux touristes.

À ne pas rater

Les bons plans repérés sur place.

1

Mosquée Djinguereber de Tombouctou : banco massif, intérieur sombre et fascinant, 5 000 CFA pour l'accès

2

Marché Djinguereber : chaos authentique, tissu indigo traditionnel de Goundam, négocie fermement (divise par 2 le prix initial)

3

Île de Diafarabé : pirogue au lever du soleil, accueil chez Fatoumata, petit-déjeuner de riz bouilli

4

Tombeau d'Askia Mohamed à Gao : architecture de banco impressionnante, 1 500 CFA, moins touristique que Tombouctou

5

Restaurant Saveurs du Sahel rue Askia Mohamed : riz à l'arachide et poulet tendre, 3 500 CFA par assiette, endroit calme

Album · 7 photos

Photos — Tombouctou

Tombouctou et la Boucle du Niger : entre rêve et réalité sahélienne
Tombouctou — 2
Tombouctou — 3
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Tombouctou — 5
Tombouctou — 6
Tombouctou — 7
Conclusion

Et au final.

Tombouctou n'est pas le rêve qu'on imaginait depuis vingt ans. C'est moins grandiose, plus érodée, parfois poussiéreuse. Mais cela rend la visite plus honnête, plus vraie. Les rencontres humaines l'emportent sur les monuments. Je reverrais le Mali surtout pour ses habitants, moins pour le patrimoine figé.

En résumé

Avis Tombouctou : carnet de voyage de 12 jours par marcantonin-voyageur

Destination
Tombouctou
Pays
Mali
Durée
12 jours
Période
janvier · Hiver
Note du voyageur
4/5
Voyageur
@marcantonin-voyageur

Photos communautaires : Tombouctou

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Mali Tombouctou
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© Jeanne Menjoulet
Mali, Tombouctou
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wbse of Mali-Tombouctou (7)
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Direction Tombouctou
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Timbuktu du Nord
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Questions fréquentes

FAQ — Tombouctou

Quand partir à Tombouctou ?

Ce voyageur est parti en janvier (hiver). Consultez la fiche climat de Tombouctou (Mali) et les autres carnets de la communauté pour comparer selon la saison souhaitée.

Quel budget prévoir pour 12 jours à Tombouctou ?

Le budget dépend du standing (camping / hôtel / location), de la saison et du voyagiste. Lisez le récit complet ci-dessus pour les détails dépensés par ce voyageur, puis comparez avec les autres carnets de Tombouctou.

Que faire à Tombouctou ?

Découvrez les visites, activités et bonnes adresses partagées dans ce carnet. La page « Tombouctou » regroupe l'ensemble des carnets, hôtels et avis de la communauté Vacanceo sur cette destination.

Combien de jours pour visiter Tombouctou ?

Ce voyageur a passé 12 jours sur place. Selon votre rythme et vos centres d'intérêt, comptez plus ou moins. Comparez avec d'autres carnets de Tombouctou pour ajuster.

Comment se rendre à Tombouctou ?

Vol, voiture, train : le mode de transport choisi par ce voyageur est mentionné dans le récit. Consultez notre comparateur de vols et les carnets de la communauté pour les itinéraires les plus pratiques.