Comment ça s'est passé.
Arrivée chaotique à BamakoLevée à 4 h 30 à l'aéroport de Bamako après un vol Air Senegal écourté de 2 h 15. Récupération des bagages : cauchemar. La file d'attente à la douane s'éternise, le climatiseur du terminal ne fonctionne qu'à moitié et je transpire à grosses gouttes dans l'air moite à 32 °C. Un agent me réclame un billet de sortie de Guinée que j'ai jeté, il faut marchander 10 euros pour passer. Moment frustrant, mais classique paraît-il. Taxi depuis l'aéroport jusqu'à l'hôtel Azalai (beau bâtiment colonial au-dessus du fleuve Niger). Le chauffeur me demande 40 000 FCFA au lieu des 25 000 convenus. Je négocie, on se met d'accord à 30 000. Première galère malienne : les prix ne sont jamais fixes. Djenné, la cité de boueAprès une nuit à Bamako, minibus collectif « transport en commun » (pas de bus numéroté, juste des minibus jaunes qui partent quand ils sont pleins) vers Djenné : 6 h de route, 15 000 FCFA par siège. On part à 7 h 45, on arrive à 13 h 50. Assise coincée entre un homme qui dort et une femme qui vend des arachides en emballage transparent. L'odeur de sueur et d'essence rance imprègne le minibus. À un point de contrôle, un militaire monte, scrute les papiers avec lenteur, puis repart. Personne ne s'étonne. Djenné surgit soudain : une ville ocre, construite entièrement en banco (terre et paille compactée). Les maisons à étages ont des façades géométriques, des portes sculptées. L'air est étouffant, la poussière se soulève à chaque pas. Je descends à l'hôtel Djenné Djoliba, un petit établissement avec cour intérieure, eau chaude intermittente et toile moustiquaire troué. 35 euros la nuit avec petit-déj. Marché de Djenné le lundi matin : le spectacle commence à 6 h. Vendeurs de tomates, d'oignons rouges, de poisson sec qui pue atrocement (odeur écrasante, presque écoeurante). Je prends un café au lait chez Ama, au coin de la grande place : un verre de lait chauffé au feu de bois, sucre, café soluble. 500 FCFA. Les vendeuses parlent le bambara, je ne comprends rien mais je souris beaucoup. La Grande Mosquée de Djenné : construite en 1906, fascinante. Créneaux pointus, surfaces lissées. Entrée interdite aux non-musulmans sauf moment spécifique (j'ai loupé la fenêtre, tant pis). Mais l'extérieur suffit à montrer l'ingénierie brute, sans fioritures. Aucune vitre, juste de la terre. Tombouctou sous la chaleurPirogue collective (bateau en bois) sur le Niger de Djenné à Tombouctou : 8 h de traversée. Départ 6 h du matin, arrivée 14 h 30. Le capitaine (Moussa) me dit : « Aujourd'hui eau est bonne ». Je suis assis sur un banc en bois, le soleil tape directement. Autres passagers : femmes avec enfants, un pasteur en costume noir qui sue à flots. À 11 h, on s'arrête sous un arbre, on mange du riz avec sauce arachide préparée dans un grand pot. 2 500 FCFA. Goût riche, gras, réconfortant sous cette chaleur d'enfer. Un des moteurs de la pirogue s'arrête à mi-chemin, Moussa et un assistant bricolent 45 minutes avec du fil de fer et une clé. Pas dramatique, juste... Mali. Tombouctou, la légendaire. Hôtel Colomb (20 euros, ventilo au plafond) situé près de la mosquée Djinguereber. Les rues sont un grand marché permanent. Vendeurs d'argent de contrefaçon se proposent discrètement. Je refuse. Goût de poudre et de sable dans la bouche, impossible à éviter. C'est partout. Mosquée Djinguereber : colonnes en bois massif, intérieur sombre et frais. Je dois retirer mes chaussures. Une femme me regarde de haut, je comprends que les femmes ne sont pas les bienvenues, mais elle ne dit rien. Quelques touristes allemands pointent leurs téléphones. Sensation étrange de profanation légère, même si tout le monde reste respectueux. Bibliothèque Ahmed Baba : manuscrits du 14e siècle stockés dans des boîtes en bois. Le responsable parle de destructions lors des conflits armés. Prix d'entrée : 5 000 FCFA. Ciment brut, lumière blanche froide. J'y ai passé 45 minutes en silence. Retour et épuisementReprise en avion Air Mali depuis l'aéroport minuscule de Tombouctou (décollage 2 h de retard, pas d'explication). Retour à Bamako, vol Air Senegal vers Dakar, puis Paris. Fatigue accumulée. Pas vrai qu'on s'habitue au rythme là-bas en 12 jours.
Les bons plans repérés sur place.
Grande Mosquée de Djenné : colonnes massives en bois, présence de tailleurs de pierre en train de réparer les brèches
Marché lundi matin à Djenné : vendeurs de poisson sec, odeur hallucinante mais authentiquement vivant
Pirogue sur le Niger jusqu'à Tombouctou : 8 h dans un bateau sans confort mais avec des conversations en bambara et des arrêts magiques sous les baobabs
Bibliothèque Ahmed Baba à Tombouctou : manuscrits anciens, calme absolu, 5 000 FCFA
Restaurant Azalai Bar à Bamako : brochettes de mouton grillé sur charbon, 3 000 FCFA l'assiette, terrasse vue sur Niger
Photos — Tombouctou / Djenné
Et au final.
Djenné et Tombouctou ne ressemblent à nulle part ailleurs. L'architecture de terre, la lenteur, l'absence totale de digital m'ont secouée positivement. Mais l'insécurité latente (même si je n'ai rien vécu), les retards constants et la chaleur écrasante en juillet-août rendent le voyage éprouvant. Je reviendrais, mais probablement en novembre.
