Comment ça s'est passé.
Nous avons décollé de Bamako à 6 h 45 avec Air Algérie, direction Tombouctou. Le vol a accusé deux heures de retard — bienvenue au Mali. Arrivés vers midi, l'air sec du désert m'a frappé immédiatement, une chaleur abrasive qui dessèche les lèvres en quelques minutes. Pas de climatisation à l'aéroport, juste des ventilateurs qui brassent l'air chaud. Notre guide, Amadou, nous a accueillis devant le terminal avec un sourire et une vieille Toyota Corolla 2005. Il nous a conduits à l'hôtel Azalai, rue Djinguereber. La chambre était basique mais propre, 45 euros la nuit avec un ventilateur qui ronflait comme un moteur diesel. L'eau chaude ? Une vraie galère. J'ai dû demander trois fois avant qu'on me remplisse un seau d'eau tiède. Le premier soir, nous avons mangé au restaurant de l'hôtel : tieboudienne (riz au poisson), 8 euros. C'était bon, un peu trop salé, mais l'odeur du poisson grillé avait imprégné la cuisine. Le serveur, Khalil, m'a dit que c'était du poisson du Niger, pêché le matin même. Je l'ai cru à moitié. La mosquée Djinguereber et ses légendes croulantes Levé à 5 h 30 pour voir le lever de soleil sur Tombouctou depuis la terrasse de la mosquée Djinguereber. Amadou a contacté le gardien la veille (un homme âgé nommé Hassan, qui vit dans une petite maison adossée au mur ouest). Entrée : 5 euros par personne. La mosquée est une merveille architecturale, mais aussi un chantier permanent. Les murs en banco s'effritent, les restaurations sont visibles, inégales. J'ai demandé pourquoi. Hassan a soupiré : « Le gouvernement, la sécurité, l'eau de pluie... tout nous détruit. » Les colonnes de bois s'enfoncent dans le sol. Les fissures dans le banco me rappelaient chaque année qui passe sans entretien majeur. La mosquée Sankoré était fermée ce jour-là pour une réparation d'urgence. Déception. Nous l'avons remplacée par le Musée régional de Tombouctou, rue Timbuktu (pas d'autres noms — c'est juste « rue Timbuktu »). Le musée était climatisé, merci. 3 euros l'entrée. Les manuscrits anciens étaient vraiment derrière du verre, bien protégés. Le marché et les arnaques de touriste Jeudi, visite au marché Djenné-Djenno. Nous nous y sommes perdus dans les petites ruelles. Des enfants nous suivaient en demandant des stylos. Un vendeur de natte m'a arrêté : « Frère, une natte en palmier, très bon prix. » Il en voulait 15 euros. Amadou a dit que c'était le triple du prix réel. Je l'ai acheté quand même, 6 euros après négociation. Je ne l'ai jamais utilisée. Les odeurs du marché : mélange de feu de bois, d'épices (cumin, piment), de sueur. Étouffant. La croisière sur le Niger Vendredi matin, croisière avec la compagnie Tombouctou Tours. Départ à 7 h du port. Le bateau, une barque en bois avec moteur hors-bord, n'était pas terrible. Le capitaine, Ousmane, fumait le temps du trajet. Nous avons remonté le Niger pendant quatre heures. Voir les rives du fleuve, les enfants qui nous saluaient de loin, les pirogues des pêcheurs — c'était calme, presque beau. Mais l'absence de gilet de sauvetage m'a inquiété. Aucun. Retour à 12 h 30. Coût : 50 euros pour deux personnes. Déjeuner au restaurant « Le Ciel Bleu », terrasse sur le fleuve. Couscous au poulet, 7 euros. Le gaz butagaz était en panne ; le plat a pris 45 minutes. Temps d'attente = temps d'échange avec les touristes allemands à côté. Ils nous ont parlé des attentats récents. Ambiance soulevée. Mais pas de problème réel durant nos 12 jours. Gao et le fleuve jusqu'à Bamako Nous avons pris un minibus (transport SOMATRA, compagnie locale) de Tombouctou à Gao, trajet de 8 heures. Départ 6 h du matin, route cahoteuse, deux arrêts pour essence. Gao nous a plu moins : ville plus grande, moins de charme. Une nuit à l'hôtel Atlantis, 40 euros. Puis retour vers Bamako en bateau-taxi (le fameux ferry fluvial Bani) — 24 heures de trajet. Le ferry était surpeuplé, bruyant (haut-parleurs en permanence), mais j'ai dormi sur le pont, regardant le Niger défiler. Une expérience qui se raconte, pas forcément qu'on recommence. À Bamako, déjeuner final au restaurant Teriya Bugu (rue Djibril Tamsir Niane) : brochettes de chèvre, 5 euros. Bon. Simple. Puis l'aéroport pour le retour en France sur Air France à 23 h 50.
Les bons plans repérés sur place.
Mosquée Djinguereber (rue Djinguereber) - lever de soleil à 5 h 45, gardien Hassan qui raconte l'histoire des restaurations
Croisière sur le Niger avec Tombouctou Tours - 4 heures en barque, 50 euros pour 2, capitaine Ousmane (fumeur)
Marché Djenné-Djenno - nattes en palmier vraiment 6 euros après négociation, odeur de cumin piquante
Restaurant Le Ciel Bleu - couscous poulet 7 euros, terrasse sur le fleuve, panne de gaz garantie
Ferry BANI Bamako-Gao : 24 heures sur le fleuve, pont surpeuplé, expérience rare et inconfortable
Photos — Tombouctou
Et au final.
Le Mali ne correspond pas aux cartes postales qu'on imagine avant de partir. Tombouctou est belle mais fragile, vivante mais qui se bat. Les Maliens sont accueillants, les paysages du Niger imposants, mais les infrastructures touristiques restent aléatoires. Je ne regrette pas ce voyage, mais je ne le conseille que si tu aimes l'aventure brute, sans filet de sécurité.








