Comment ça s'est passé.
Arrivée le 3 novembre à 14h30 à l'aéroport de Riga (RIX) via airBaltic. Température dehors : 4°C, vent humide qui pique le visage. J'ai descendu du bus n°22 au centre-ville avec ma valise trop grande – erreur tactique. L'hôtel Neiburgs sur Kalku iela était fermé pour rénovations, un email jamais reçu. Galère classique. Rebooked au Latvia Hotel pour 89 euros la nuit. Les trois premiers jours, j'ai marché sans plan dans la Vieille Ville (Vecrīga). Les rues sont étroites, pavées, avec des odeurs mélangées de bois mouillé et de pain chaud sortant des boulangeries. La Cathédrale de Dôme (Doma katedrāle) est immense, austère, presque froide à l'intérieur. J'ai grimpé 180 marches jusqu'au clocher – les genoux qui brûlent, la vue qui récompense un peu. En bas, j'ai mangé chez Lido (chaîne lettone) : poulet rôti avec patates pour 7,50 euros. Correct, pas délicieux. Le moment marquant : jeudi 5 novembre, 17h, je suis tombé sur le Marché Central (Centrāltirgus). Cinq halles géantes, anciennes réservoirs militaires transformés. L'odeur était écrasante – poisson fumé, fromage fort, viande crue, tout mélangé. Une femme âgée vendait des blini (crêpes lettones) avec du fromage blanc, encore chaudes, 2 euros pièce. J'en ai acheté trois. Elle m'a parlé en letton, puis en russe, puis elle a compris que j'étais français – elle a souri et m'en a donné une quatrième gratis. Ces blini avec la crème aigre, ce sourire sans paroles, ça m'a vraiment touché. Les bâtiments Art nouveau dominent la ville. J'ai compté au moins sept façades différentes sur Alberta iela seule, avec leurs ornements en pierre, leurs balcons tarabiscotés, leurs détails hypés par tous les guides. Honnêtement, c'est impressionnant visuellement, mais après deux heures de photo, tu as un peu assez. Je suis pas devenu fan inconditionnel. Samedi 7 novembre, j'ai pris le train régional à la gare centrale (Rīgas Centrālā Stacija) en direction de Sigulda. 45 minutes, 3,50 euros. Les châteaux là-bas (Sigulda Castle, ruines de Krimulda) étaient en travaux. Déception. J'ai croisé un groupe de touristes allemands qui criaient sur le guide – les tensions toujours présentes en Europe de l'Est entre visiteurs et habitants, c'est palpable. Les bars : j'ai testé Folkklubs Ala Pagrabs en sous-sol, bière brune maison (Valmiermuiža) à 5,20 euros. Elle était tiède. Les serveurs portaient des costumes folkloriques, musique live avec accordéon. C'était surjoué, très touristique. Meilleur moment : le jeudi soir au bar Melnais Kaķis sur Meistaru iela, petit endroit avec des locals qui regardaient un match de hockey. J'ai parlé à un gars de Daugavpils qui m'a expliqué les rivalités urbaines en Lettonie. Moins de spectacle, plus de sincérité. Les repas : pains noirs omniprésents (rupjmaize), j'ai essayé le Artisan Bakery près de la place de la Cathédrale, pain dense et un peu amer, 2,30 euros le morceau. J'ai aussi mangé des pelmeni (petits raviolis) chez un restaurant familial sans panneau touristique, rue Vaļņu – assiette de 8 pelmeni pour 6,80 euros, copieux. Les restaurants chics du centre-ville (3 Pavāru Restorāns) : menu gastronomique 95 euros, foie gras, effeuillage de betterave, très bon mais tu te sens observé. Dimanche matin, levé à 5h45 pour le lever du soleil au Mémorial de la Liberté. Lumière rose pâle, quelques touristes brésiliens seuls comme moi. Moment de calme qui tranchait avec le reste.
Les bons plans repérés sur place.
Marché Central (Centrāltirgus) : les cinq halles, blini chauds à 2 euros, voir le poisson fumé
Alberta iela : façades Art nouveau entre les numéros 8 et 11, photographie tôt pour la lumière
Train Riga-Sigulda : ligne RB à 3,50 euros, paysage de pins, 45 minutes
Melnais Kaķis bar sur Meistaru iela : bière locale, ambiance locale, loin des pièges à touristes
Église Saint-Pierre (Pētera baznica) : 343 marches, 10 euros, vue sur les toits rouges et la Daugava
Photos — Riga
Et au final.
Riga m'a surpris positivement – moins touriste que Prague ou Cracovie, des gens accueillants une fois qu'on quitte les circuits balisés, une cuisine honnête. Les bâtiments Art nouveau sont bien réels, pas surfaits. Mais 8 jours, c'était juste bien ; l'hiver qui arrive rendait tout gris et mouillé, pas mal de travaux en cours, et le ratio prix/expérience n'était pas dingue pour le standing.








