Comment ça s'est passé.
On a débarqué à Riga le 3 novembre en fin d'après-midi, directement depuis l'aéroport international de Riga (RIX) en prenant le bus numéro 22 pour 2 euros vers le centre-ville. Première impression : un froid sec qui vous pince les joues, l'odeur de chauffage urbain mélangée aux épices d'un marché de rue. On s'est installés à l'hôtel Neiburgs, rue Elizabetas, une bâtisse Art Nouveau typique avec ses façades sculptées qui tombent en miettes mais gardent une dignité certaine. Les trois premiers jours, on a fait du tourisme classique : la Vieille Ville (Vecriga) avec ses petites ruelles en pavés, la cathédrale Dom qui sent le bois ancien et l'encens. Mais c'est vraiment à partir du quatrième jour qu'on a commencé à respirer. On a trouvé le restaurant Lido en empruntant la rue Kalku, un buffet letton pas cher (8-12 euros le plat) où les locaux viennent manger. On a avalé des rupjmaize (pain noir letton), du grey peas with bacon (pois gris avec lard, un classique), et un ragout de champignons qui avait un goût de sous-bois, littéralement. La serveuse nous a expliqué qu'en novembre la nourriture traditionnelle change, elle devient plus riche, plus chargée. Le marché central et la galère du dimanche On voulait vraiment voir le Marche Central (Centrala Tirgus), considéré comme l'un des plus grands d'Europe. On y est allés un dimanche matin vers 9 heures. Grosse erreur. Le bâtiment était quasiment fermé, juste quelques petits vendeurs ambulants dehors. On s'est renseignés auprès d'une femme âgée qui parlait un anglais approximatif : apparemment la plupart des stands ferment le dimanche à midi. Déception. On a dû revenir le mardi matin à 7 h 30. Là, c'était dense, bruyant, l'odeur de poisson fumé et de choucroute vous envahit les narines avant même d'entrer vraiment. On a acheté des petits pains au fromage blanc (pīrādziņi) à 1,50 euro l'unité chez une vendeuse qui s'appelait Laima (on a discuté 20 minutes), et on en a mangé un en marchant. C'était chaud, crémeux, avec une légère teinte salée. La vraie Riga : les bars secrets et les façades Art Nouveau On a eu le coup de cœur pour le 3 Pavaru Iela, une petite rue perpendiculaire à Kalku. Il y a là des bâtiments Art Nouveau complets, des façades jaunes pâle avec des ornements sculptés représentant des créatures mi-grotesques mi-élégantes. On s'arrêtait tous les trois mètres pour prendre des photos, c'est bête mais c'est comme ça. Le soir, on a découvert le bar Kafka, en sous-sol, rue Meistaru. Pour y entrer, faut connaître. Il n'y a pas d'enseigne. On l'a trouvé par hasard en discutant avec le barman du café d'en haut. Là-dedans, lumière rouge, cocktails à 7-9 euros, et une ambiance entre jeunes créatifs et touristes un peu branchés. On a bu un verre un mercredi soir à 22 h, c'était bien. Pas extraordinaire, mais agréable. Le bartender savait ce qu'il faisait. On a aussi visité le Musee de Lettonie (Latvijas Nacionalais Muzejs) qui coûte 7 euros. C'est dedans (dans les vitrines) qu'on a vraiment compris le pays : dominé pendant des siècles par les Allemands, puis les Suédois, puis les Russes. Les objets traditionnels lettons qu'on voyait ailleurs deviennent soudain des symboles de survie identitaire. C'était lourd à digérer. Les petits irritants On a passé une demi-journée à chercher une boulangerie sympa. Beaucoup de chaînes sans âme. On a fini chez Lido encore une fois. Les transports en commun sont bon marché (1,15 euro le trajet) mais les trajets sont longs et mal affichés. Le tram numéro 3 m'a largué à un arrêt étrange un jour, il fallait marcher 20 minutes. Le WiFi gratuit est disponible mais souvent lent. Et puis, le manque de lumière naturelle en novembre est réel : levé à 7 h 45, le soleil s'était couché à 16 h 30. Ça joue sur le moral. Dernier jour, on s'est assis dans un petit café appelé Bruno Espresso Bar (rue Audēju), on a commandé un cappuccino letton (6 euros) et on a regardé les gens passer. C'était suffisant.
Les bons plans repérés sur place.
Rue 3 Pavaru Iela : façades Art Nouveau complètes avec sculptages grotesques, à voir en fin d'après-midi vers 15 h quand la lumière rase les détails
Marche Central (Tirgus) les jours de semaine à l'ouverture (7 h) : odeur de poisson fumé, pains au fromage blanc frais chez Laima
Bar Kafka rue Meistaru en sous-sol : sans enseigne, cocktails à 8 euros, ambiance réelle sans vernis touristique
Restaurant Lido sur Kalku : grey peas with bacon et pain noir, 12 euros max, fréquenté par les locaux
Musee Nationals (7 euros) : comprendre 700 ans de dominations étrangères à travers les objets du quotidien letton
Photos — Riga
Et au final.
Riga n'est pas une ville qui crie son charme. Il faut la laisser venir à soi, marcher sans plan, accepter les petites galères. Ce qu'on a aimé, c'est précisément ce qui n'était pas emballé : les ruelles sans touristes masqués, l'architecture Belle Époque qui craque, la nourriture sans prétention. Moins aimé : le climat de novembre qui déprime et le manque de vie culturelle vivante le soir (peu de concerts, peu d'expo intéressantes). On reviendrait, mais en juin.








