Pyongyang : entre propagande d'État et humanité cachée
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Pyongyang : entre propagande d'État et humanité cachée

Nous avons atterri à l'aéroport international de Pyongyang à 14h30 après un vol de 2h depuis Pékin avec Air Koryo, la seule compagnie aérienne du pays. Les hôtesses portaient des uniformes traditionnels bleus…

MA
Publié le · mis à jour le
8 jours1 album3/5
Le récit

Comment ça s'est passé.

Nous avons atterri à l'aéroport international de Pyongyang à 14h30 après un vol de 2h depuis Pékin avec Air Koryo, la seule compagnie aérienne du pays. Les hôtesses portaient des uniformes traditionnels bleus impeccables. Dès l'arrivée, notre guide officiel Kim Min-jun nous a présenté l'itinéraire non négociable : visite du Mausolée du Grand Leader, metro de Pyongyang, monuments de la révolution. Aucune liberté de mouvement. Le premier choc : l'odeur d'essence brûlée et de charbon dans les rues du quartier résidentiel où se trouve l'Hôtel Koryo, construit en 1985 et véritable symbole de l'architecture de l'époque. Notre chambre au 20e étage offrait une vue sur la rivière Taedong. L'eau chaude fonctionnait une heure par jour. Les repas à l'hôtel coûtaient environ 25 euros par personne : soupe de courge sans sel, riz blanc, poisson séché. Le pain était dur comme du bois. Les mondes parallèles de la capitale Le 3e jour, nous avons pris le métro de Pyongyang, ligne rouge direction Puhung Station. C'est là que j'ai vraiment ressenti la tension. Les habitants voyageaient sans nous regarder. Les murs affichaient des slogans : « L'Armée et le Peuple sont Un ». Notre guide marchait toujours deux pas devant nous. Une passagère âgée m'a souri rapidement en descendant ; Kim Min-jun a eu un geste de main imperceptible, et elle s'est dépêchée de partir. Ce moment m'a rappelé que même les gestes humains étaient surveillés. Nous avons visité le Monument à la Fondation du Parti, énorme bloc de granit gris avec trois statues de 20 mètres. L'entrée coûtait 5 euros. La température était glaciale à l'intérieur, et on entendait que nos pas sur le marbre. Pas un visiteur nord-coréen. Pas une musique. Juste ce silence étouffant qui pèse sur la poitrine après 30 minutes. Galère : le contrôle des devises Le 4e jour, grosse galère. À la banque de l'hôtel, j'ai voulu échanger 100 euros en won nord-coréen. Le caissier a refusé catégoriquement : « Seulement euros ou yuans chinois acceptés pour touristes. Pas d'échange. » Nous avons dû négocier auprès de Kim Min-jun pour acheter une bouteille de cola à 3 euros au lieu de 2 dans le petit magasin du sous-sol. Les prix étaient délibérément gonflés pour les touristes. Nous étions pris au piège. Le marché de Tongil (marché du Peuple) n'existe pas pour les touristes ; on nous a proposé une visite au magasin de souvenirs d'État avec des poupées russes marxistes et des badges du Grand Leader à 15 euros pièce. Aucune négociation possible. Aucun contact réel avec la population marchande. Le palais des enfants et une fenêtre brève Le jour 5 a été différent. Au Palais des Enfants de Pyongyang, bâtiment beige des années 1950, nous avons assisté à une démonstration de danse d'enfants de 7 à 12 ans. Ils chantaient sur un air de folklore nord-coréen. Ce qui m'a frappé : leurs sourires semblaient vrais, détendus. Une petite fille d'environ 9 ans m'a regardé en hésitant, comme si elle voulait dire quelque chose. Un adulte l'a tirée par la manche. Nous avons applaudi. Kim Min-jun a noté quelque chose dans un carnet noir. Le restaurant « Okryu » près du pont Taedong a servi un naengmyeon (nouilles froides) correct pour 8 euros et du kimchi épicé qui m'a brûlé la bouche pendant 10 minutes. C'était le seul vrai repas du voyage. Le goût de vinaigre et de piment rouge restait en bouche l'après-midi entier. Isolation programmée Les 6e et 7e jours, nous avons visité les jardins botaniques et le complexe sportif Rungrado. Tout était magnifiquement entretenu, désert, vide. Nous n'avons croisé aucun visiteur nord-coréen. Les trois cités : Pyongyang, puis Kaesong (à 60 km au sud, accessible via minibus gouvernemental, 2h de route sur une autoroute en béton gris). À Kaesong, juste le site historique de Panmunjom (la zone de séparation coréenne). On nous a arrêtés à 50 mètres de la frontière avec la Corée du Sud. À travers des jumelles, on voyait les soldats sud-coréens. La tension était palpable. Personne ne parlait. Le dernier jour, retour à Pyongyang. Nous avons eu deux heures « libres ». Nous avons marché dans une rue du quartier de Chung-guyok. Les bâtiments ressemblaient à des cubes de béton des années 1970. Une femme vendait des chaussures usagées sur un petit carton. Un policier a arrêté son vélo et nous a observés. Kim Min-jun s'est avancé pour parler avec lui en coréen. Conversation rapide. Il nous a fait signe de continuer notre chemin. Notre liberté était une fiction.

À ne pas rater

Les bons plans repérés sur place.

1

Métro de Pyongyang, ligne rouge : descendre à Puhung Station pour les affiches de propagande et l'ambiance surréelle des habitants en uniforme

2

Restaurant Okryu près du pont Taedong : naengmyeon 8 euros, le seul repas vraiment savoureux du séjour

3

Mausolée du Grand Leader : visite obligatoire, silence total, 2h minimum, tenue formelle exigée

4

Palais des Enfants de Pyongyang : démonstrations de danse enfantine, moment où la surveillance semble moins lourde

5

Aéroport international de Pyongyang : seul point de contact avec le monde extérieur, zone la plus moderne du pays

Album · 6 photos

Photos — Pyongyang

Pyongyang : entre propagande d'État et humanité cachée
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Conclusion

Et au final.

Pyongyang reste une destination qui dérange plus qu'elle n'enchante. L'absence de liberté de mouvement, l'encadrement étouffant et l'impression d'être observé constamment pèsent lourdement. Les habitants semblent vivants malgré le système, mais l'accès à leur vrai monde nous a été refusé. À ne pas recommander à celui qui cherche une détente ou une rencontre authentique.

En résumé

Avis Pyongyang : carnet de voyage de 8 jours par marctraveler42

Destination
Pyongyang
Pays
Corée du nord
Durée
8 jours
Période
août · Été
Note du voyageur
3/5
Voyageur
@marctraveler42
L'essentiel

Pyongyang en bref

Pourquoi choisir Pyongyang

  • Découvrir un régime fermé unique au monde et ses contrôles systématiques
  • Visiter le métro de Pyongyang avec ses stations décorées de slogans propagandistes
  • Observer l'architecture monumentale de l'ère soviétique et communiste préservée
  • Accéder à la zone de séparation coréenne et voir la frontière nord-sud
  • Expérimenter un isolement de la population touristique presque total et troublant

Pour qui ?

  • Voyageurs historiquement curieux de régimes totalitaires fermés
  • Documentaristes et journalistes couvrant des destinations interdites
  • Spécialistes en géopolitique étudiant la Corée du Nord de près
  • Aventuriers cherchant des expériences touristiques extrêmes et perturbantes
  • Chercheurs en propagande d'État et contrôle urbain totalitaire

À éviter si…

  • Vous cherchez une détente, une liberté de mouvement ou une autonomie de voyage
  • Vous souhaitez des rencontres authentiques et des interactions libres avec la population locale
  • Vous êtes malaise avec la surveillance constante, l'encadrement strict et le contrôle gouvernemental
  • Vous recherchez un confort hôtelier, une bonne gastronomie ou une qualité de service élevée
À découvrir aussi
Aéroport international de PyongyangHôtel KoryoRivière TaedongMétro de PyongyangPuhung StationMonument à la Fondation du PartiPalais des Enfants de PyongyangPont TaedongRestaurant OkryuKaesongPanmunjomZone démilitarisée coréenne

Photos communautaires : Pyongyang

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orphelins de coree du nord
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© nokoredstar
orphelins de coree du nord 8
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orphelins de coree du nord 14
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orphelins de coree du nord 7
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orphelins de coree du nord 4
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Questions fréquentes

FAQ — Pyongyang

Est-il possible de voyager librement à Pyongyang ?

Non. Les touristes sont obligatoirement accompagnés par un guide officiel gouvernemental qui contrôle chaque déplacement. Selon ce carnet, le guide Kim Min-jun marchait systématiquement deux pas devant le groupe et notait les interactions avec les habitants. Aucune exploration indépendante n'est autorisée, même pendant les heures supposément libres.

Quelles compagnies aériennes desservent Pyongyang ?

Air Koryo est la seule compagnie aérienne du pays. Ce vol provient de Pékin (2h de trajet). C'est l'unique option disponible pour rejoindre l'aéroport international de Pyongyang.

Quel est le système monétaire utilisé pour les touristes ?

Les touristes ne peuvent pas obtenir de won nord-coréen en échange de devises. Seuls les euros et les yuans chinois sont acceptés directement dans les hôtels et magasins officiels. Les prix sont délibérément gonflés : une bouteille de cola coûtait 3 euros au lieu de 2, sans possibilité de négociation.

Peut-on acheter des souvenirs authentiques au marché local ?

Non. Le marché de Tongil (marché du Peuple) est fermé aux touristes. Les seuls achats possibles sont au magasin de souvenirs d'État proposant poupées russes marxistes et badges du Grand Leader à 15 euros pièce, sans aucune négociation possible.

Comment est l'infrastructure hôtelière à Pyongyang ?

L'hôtel Koryo, construit en 1985, offre des conditions basiques : eau chaude disponible une seule heure par jour, repas de faible qualité (soupe sans sel, poisson séché, pain dur) à 25 euros. Les chambres offrent une vue sur la rivière Taedong mais le bâtiment montre son âge.

Le métro de Pyongyang est-il accessible aux touristes ?

Oui, mais sous surveillance stricte. La ligne rouge menant à Puhung Station est visitable avec le guide. Les habitants ignorent les touristes, et les interactions humaines minimes sont observées. Les murs affichent des slogans propagandistes comme L'Armée et le Peuple sont Un.

Existe-t-il des restaurants décents à Pyongyang ?

Très peu. Le restaurant Okryu près du pont Taedong a servi un naengmyeon (nouilles froides) correct pour 8 euros et du kimchi épicé. C'était le seul vrai repas du voyage selon l'auteur. La plupart des autres restaurants hôteliers proposent une cuisine de faible qualité à prix gonflés.

Est-il possible de voir la Corée du Sud depuis Pyongyang ?

Oui, via une visite à Panmunjom (zone de séparation coréenne) à Kaesong, 60 km au sud. Les touristes sont arrêtés à 50 mètres de la frontière. Avec des jumelles, on peut voir les soldats sud-coréens de l'autre côté, mais la tension est palpable et la communication interdite.