Comment ça s'est passé.
Nous sommes arrivés le 15 mars à 11 h à l'aéroport international de Tocumen, après un vol Air France de 11 heures. La chaleur nous a frappés d'emblée : 32 °C, humidité écrasante. Le taxi Uber jusqu'à l'hôtel Riande Continental, rue Perú dans le centre, a coûté 17 dollars. Déjà dans les bouchons de la Via España, avec des klaxons incessants et des motos qui zigzaguaient entre les voitures. Notre chambre au Riande donnait sur la baie. Premier soir, nous avons marché jusqu'à la Cinta Costera pour voir le coucher de soleil. Erreur tactique : nous ne savions pas qu'à partir de 18 h, c'est devenu un endroit peu recommandable. Un homme nous a demandé de l'argent d'une manière qui ne laissait pas de doute. Nous avons changé de direction rapidement, le cœur qui s'accélère. Leçon apprise sur les quartiers et les horaires. Casco Viejo : pierres usées et rhum vieuxLe lendemain matin, 6 h 30, nous avons pris le bus Metrobus ligne 1A (0,25 dollar le trajet) depuis l'avenue Balboa jusqu'à Casco Viejo. Ces vieilles maisons coloniales aux façades rose pâle, jaune ocre, bleu délabré, datent du XVIIe siècle. Les rues sont pavées, étroites, avec des balcons qui s'effondrent presque. Odeur mélangée de moisi, de peinture écaillée et de crevettes grillées provenant des petits restaurants. Nous avons déjeuné à la Cubierta 1501, restaurant installé dans une ancienne forteresse. Ceviche de maquereau : 14 dollars. Poisson grillé avec patacones (bananes plantain frites) : 16 dollars. Le bruit des fourchettes sur l'assiette, les conversations en espagnol résonnaient contre les murs de pierre. Une femme à la table voisine nous a parlé de l'hôtel où elle travaillait. Moment étrange mais sympathique. Visite de l'église San Felipe Neri, gratuitement, construite en 1680. À l'intérieur, fraîcheur soudaine, odeur d'encens et de bois ancien. Pas grand-chose à voir vraiment, quelques statues usées, mais c'était calme et loin des vendeurs de rue. Le Canal : file d'attente et déception partielleLe 17 mars, nous avons réservé une visite du Canal de Panama au Centre des visiteurs de Gatun. Billet : 15 dollars par personne. Bus Metrobus jusqu'à Balboa, puis changement. L'organisation était chaotique : 300 personnes dans une file d'attente, 35 °C, climatisation qui ne suffisait pas. Après 45 minutes, enfin dans la salle de projection. Film didactique sur la construction en 1914. Puis vue sur les écluses de Gatun depuis la terrasse. Trois énormes pétroliers en transit. C'était impressionnant techniquement, mais moins spectaculaire qu'imaginé. Nous avons regretté de ne pas avoir pris le tour en bateau à travers les écluses (coûte 150 dollars, très demandé, réservation indispensable semaines à l'avance). San Blas : archipel et molas coloréesLe 19 mars, excursion d'une journée à San Blas avec l'agence Ecoventura (110 dollars, transport minibus inclus, 7 h du matin départ). Les îles Guna San Blas : eau transparente, sable blanc pulvérulent. Petit-déjeuner sur une île : riz blanc, haricots rouges, banane plantain. Goût fade, portion énorme. Nous avons nagé trois heures. L'eau était à 26 °C, salée, avec petits poissons colorés à proximité. Visite d'une coopérative de molas (tissus traditionnels Guna, couches de tissu coloré cousues ensemble). Les femmes Guna vendent leurs créations. Nous en avons acheté une pour 35 dollars. Échange respectueux, contrairement à ce qu'on redoutait. Retour à 18 h 30, fatigués mais apaisés. Marché de San Felipe et vie quotidienneMarché local près de la Catedral Metropolitana : poisson frais posé sur la glace, odeur âcre, vendeurs qui crient les prix. Fruits tropicaux inconnus. Un ananas coûtait 2 dollars. Nous avons commandé du ceviche directement à un stand, assis sur un petit tabouret en plastique bleu. Ceviche de poulpe : 6 dollars, délicieux, citron qui piquait la langue. Moment authentique, sans touristes. Dîner au restaurant Manolo Caracol (Casco Viejo, rue 4 Diciembre) : chiche de soja milanesa, 12 dollars. Limonada de coco : 3 dollars. Service lent mais accueillant. Barista qui parlait anglais, brésilien d'origine, nous a raconté son installation à Panama depuis 8 ans. Galères et observation finaleLe 21 mars, notre dernier jour, nous avions prévu d'aller au Musée d'Anthropologie. Arrivés à 14 h, fermé pour maintenance jusqu'au 23. Sur le coup, frustration. Nous avons dû improviser et visiter le vieux bunker de Fort Amador à la place. Le coût global : 1 400 euros pour deux pour 10 jours (hôtel 60 euros/nuit, nourriture 15-25 euros/jour, transports locaux négligeables, activités 150-200 euros). Panama n'est pas bon marché pour l'Amérique centrale.
Les bons plans repérés sur place.
Casco Viejo, Paseo Esteban Huertas : marcher sans plan le matin à 7 h, avancer dans les ruelles avant que les vendeurs n'arrivent
Restaurant Cubierta 1501, Casco Viejo : ceviche et vue sur les fortifications depuis la terrasse en pierre
Îles Guna San Blas via agence Ecoventura : nager trois heures, eau claire à 26 °C, manger du riz blanc sous un palmier
Marché de San Felipe près de la cathédrale : ceviche de poulpe à 6 dollars assis sur un tabouret bleu, sans circuit touristique
Centre des visiteurs du Canal de Panama, Gatun : vue sur les écluses, gratuit ou 15 dollars, réserver tôt
Et au final.
Panama City bouge, pue un peu, transpire, mais ça vaut le coup. Le Canal est moins mémorisant qu'on le croit, et l'infrastructure touristique peut être frustrante (attentes, tarifs gonflés, désorganisation). Mais Casco Viejo et San Blas nous ont offert des moments vrais, des connexions humaines qui ont compensé.