Comment ça s'est passé.
Levé à 5 h 30 à l'hôtel Manrey Panama (Casco Viejo) pour voir le soleil se lever sur la baie. La température était déjà étouffante, 28 °C avant 6 h du matin. Les odeurs de gaz d'échappement et d'humidité tropicale m'ont frappé immédiatement en descendant à la rue. J'ai pris un café au Café de Poste (petit expresso local à 1,50 USD) avant de rejoindre le tour du Canal à 7 h 15. Premiers jours : le Canal et ses éclusesLe bus Metrobús ligne 1A (0,25 USD le ticket, pris à la station Albrook) m'a amené aux Écluses de Gatún. Voir passer un cargo de 300 mètres dans des écluses construites en 1907, c'était surréaliste. Le guide parlait trop vite en espagnol, j'ai raté la moitié des explications. La visite a duré 3 h sous un soleil de plomb. Sueur, moustiques, et le bruit assourdissant de l'eau qui se vide des chambres. Un moment où j'ai vraiment senti que j'étais loin de chez moi. Déjeuner au restaurant Mercado de Mariscos (le vrai marché aux poissons, pas le touristique) : ceviche à 8 USD, excellents gobillards frits. J'ai mangé accoudé au comptoir en regardant les vendeurs découper des thons entiers à la machette. Aucun touriste dans le coin, juste des ouvriers du port et des employés de bureau en pause. Casco Viejo : couleurs et déceptionLes ruelles du vieux quartier colonial sont vraiment colorées (maisons jaunes, roses, bleu turquoise), c'est vrai. J'ai logé trois nuits à l'hôtel Manrey Panama, chambre vue sur la baie à 95 USD/nuit. Mais honnêtement, les deux tiers des boutiques sont des pièges à touristes : tee-shirts « I Love Panama » à 25 USD, restaus qui gonflent les prix de 40 % dès qu'ils voient un appareil photo. Galère mémorable : premier jour, un mec m'a vendu un tour du Panama Viejo (les ruines de la première ville) à 60 USD en promettant un guide archéologue. C'était un vendeur de rue qui m'a montré quelques vieilles pierres en 45 minutes. Arnaque classique. Les ruines du Panama Viejo sont gratuites si vous y allez seul (entrée à 5 USD selon le site officiel, mais c'est flou). J'ai préféré retourner seul avec une carte imprimée. Île de Taboga et jungle de SoberaníaPrise du ferry depuis le Terminal 5 de la Avenida Balboa (ferries Agua Translúcida, 20 minutes de traversée, 6 USD l'aller-retour). L'île de Taboga est minuscule, 20 minutes de promenade et c'est plié. Plage correcte, eau chaude et verte. Au restaurant La Guacamaya, caldo de camarón (soupe de crevette) à 7,50 USD. Bon, c'est devenu très touristique là aussi. La forêt de Soberanía, c'était mieux. Prise d'un taxi depuis le centre (15 USD) jusqu'au Pipeline Trail, sentier de 9 km en pleine jungle. Là, c'était du vrai : chaleur moite, zizanie des insectes, feuillage tellement dense qu'à midi on voyait à peine le ciel. Odeur de pourrissement végétal constant, feuilles mortes, champignons. Aucun touriste. J'ai croisé deux singes-araignées à distance et entendu les cris des perroquets verts. Pas de vue « spectaculaire », juste la jungle qui existe depuis 500 ans et qui s'en fout de moi. Problèmes et joies du quotidienLes taxis : pas de compteurs, négociation à chaque fois. J'ai appris à demander le prix avant de monter. De Casco Viejo à l'aéroport : prix proposé 40 USD, je me suis battu pour 25 USD. Le trajet 30 minutes avec arrêt inopinu pour « chercher mon ami ». L'ami n'existait pas. Usure. Les restos vrais : Où Escuadrón (Casco Viejo, viande grillée, 18 USD le plat) était dingue. Où Mela Cueva près du Paseo Amador : congas de platano (bananes vertes frites) à 2 USD, ropa vieja à 11 USD. J'y suis allé trois fois, les employés me reconnaissaient. Musée del Canal Interoceánico : 17 USD, ouvert de 9 h à 16 h. Les photos historiques de la construction du canal sont denses d'info, mais la traduction anglaise est parfois approximative. Passé 2 h 30 là-dedans. Derniers joursJ'ai traîné à Amador Causeway en fin d'après-midi (début de soirée, vers 17 h 30) pour regarder les bateaux passer devant la skyline. Voilà : la modernité panaméenne (tours de banques toutes neuves) avec le Canal de 1907 juste à côté. Incongruité totale, mais c'est fascinant. Un vendeur de bière me proposait des Balboa fría (0,75 USD) à tous les touristes assis sur les bancs. Repas d'adieu au restaurant Intimo (petit resto de tapas, Casco Viejo, 22 USD pour trois plats + bière). Le proprio m'a parlé 20 minutes de l'économie panaméenne, de pourquoi ça bouge à Panama City et pourquoi le reste du pays reste pauvre. Discours politique, un peu lourd, mais honnête.
Les bons plans repérés sur place.
Les Écluses de Gatún : voir passer un cargo à 300 mètres dans une chambre d'écluse en 10 minutes (frais 25 USD, tôt le matin avant 8 h)
Pipeline Trail en forêt de Soberanía : 9 km en jungle vraie sans voir d'autres touristes (singes-araignées, perroquets verts à l'horizon)
Mercado de Mariscos : ceviche frais à 8 USD au comptoir face aux vendeurs de poissons (près du Port Authority, bus métro ligne 1A)
Restaurant Où Escuadrón (Casco Viejo) : viande grillée chaude, ambiance locale dense, plat à 18 USD
Amador Causeway en fin d'après-midi vers 17 h 30 : skyline des tours bancaires + bateaux du Canal en arrière-plan (gratuit)
Photos — Panama City
Et au final.
Panama City m'a fatigué autant que divertie. Le Canal, c'est impressionnant mais surexploité touristiquement. La jungle de Soberanía et les restos locaux ont sauvé le voyage. Trois jours auraient suffi pour le cœur de la ville ; 10 c'était trop, j'ai tourné en rond après le jour 6. À refaire : skip Taboga, passer plus de temps dans la jungle, explorer Colón (le vrai, pas le secteur touristique). Pas déçu, mais pas transformé non plus.








