Comment ça s'est passé.
Nous sommes arrivés à l'aéroport international de Tocumen en fin d'après-midi, le 14 novembre. La chaleur était écrasante, presque 32°C avec l'humidité. Le taxi depuis l'aéroport jusqu'à notre hôtel Deck Boutique Hotel dans le quartier de Casco Viejo a coûté 45 dollars. Le chauffeur nous a expliqué que les bus rouges de la ligne Metro auraient été moins chers (50 centimes le trajet), mais nous n'étions pas assez localisés pour les prendre en arrivant. Erreur de débutant. Casco Viejo nous a immédiatement surpris. Les ruelles pavées, les façades coloniales en décrépitude colorée, les cafés à chaque coin — on sent l'odeur du cacao et du café grillé qui s'échappe des petits restaurants. Nous avons dîné le premier soir au Manolo Caracol, un restaurant minuscule (4 tables) avec des ceviches fantastiques. Crevettes fraîches, oignon rouge, coriandre, citron frais : 8 dollars le plat. Le serveur nous a servi aussi un verre de Cerveza Panamá locale, qui n'est pas mauvaise, très sucrée. J'ai trouvé ça un peu trop sucré après quelques verres. Le Canal et la visite du GatunLe deuxième jour, nous avons réservé une excursion via Autoridad del Canal de Panamá pour observer le transit d'un porte-conteneurs à travers les écluses de Gatun. Départ à 6 h 30 depuis le centre-ville. Le bus jaune (celui-là, je l'ai appris, c'était un des circuits touristiques officiels) nous a conduit en 45 minutes au point de vue. Vu de près, le bruit des portes d'écluses était assourdissant — un grondement métallique qui secouait le sol. L'eau montait et descendait sur 26 mètres. C'est vertigineux. Nous avons payé 85 dollars par personne pour le tour complet. Ce qui nous a choqués, c'est de voir des drones interdits virer autour du canal — quelques touristes les faisaient voler malgré les panneaux. Un agent de sécurité en a confisqué un. Moment gênant, mais l'ordre a été rétabli assez vite. San Blas et la réalité touristiqueLes îles San Blas, c'était le cœur du voyage. Nous avons pris le vol Copa Airlines (compagnie nationale) depuis l'aéroport à 8 h 15. Vol de 1 h vers l'aéroport d'El Porvenir. Petits avions Cessna avec une douzaine de sièges. La vue sur l'archipel était spectaculaire — centaines de petits îlots, eau turquoise — mais le pilote a atterri sur une piste en terre qui a secoué nos dents. Nous avons séjourné au Yankuiki Island Lodge, une des rares structures stable de l'archipel. Cabane en bois avec paillote, électricité 12 heures par jour (18 h à 6 h). Petit-déjeuner inclus : banane plantain, œufs, café très noir, servi à 7 h. Les Kuna, peuple autochtone qui gère ces îles, cuisinent simple et bon. Nous avons navigué jusqu'à trois îles différentes pendant trois jours. Plages désertes de sable fin. Eau à 28°C. Mais attention : tout est cher ici. Une bouteille d'eau 0,5 L coûte 2 dollars. Pas de supermarché, tout vient en bateau. Un repas du midi sur l'île : 15 dollars. Nous nous sommes sentis pris au piège tarifairement, mais c'est le prix du confort touristique en zone reculée. Les Kuna sont entrepreneurs, pas romantiques. Panama City plus profondRetour à Panama City le 9e jour. Nous avons visité le Museo del Canal Interoceánico (7 dollars l'entrée), situé dans un bâtiment historique de 1910. Exposition dense sur le canal, pas très attrayante muséographiquement, mais on comprend l'enjeu stratégique et les tensions passées avec les États-Unis. Les panneaux sont en espagnol et anglais. Le marché de San Felipe, c'était surpeuplé et un peu glauque. Arnaque classique : un vendeur nous a vendu des artisanats kuna (molas) à 25 dollars en disant que c'était directement des créateurs. Plus tard, nous avons vu les mêmes à 8 dollars deux rues plus loin. Frustration, mais bon. Dernier soir : pizzeria Napoli à Casco Viejo. Pizza correcte (10 dollars). Verre de vin blanc pas terrible à 6 dollars. La chaleur nocturne nous a empêchés de vraiment profiter de la terrasse — vers 21 h, il faisait encore 28°C et humide.
Les bons plans repérés sur place.
Les écluses de Gatun au lever du soleil (bruit et puissance impressionnants du transit)
Îles San Blas avec le lodge Yankuiki (eau turquoise, cabanon authentique, pas d'internet)
Ceviches au Manolo Caracol, Casco Viejo (crevettes du jour, un vrai tuyau local)
Museo del Canal (histoire du conflit avec les États-Unis, exit tarif 7$)
Marché de San Felipe (négocier dur, les molas à 8$ pas 25$)
Et au final.
Le Panama a délivré ce qu'il promettait : le canal impressionne vraiment, les îles San Blas sont belles, Casco Viejo a du charme brut. Mais c'est touristique plus que nous l'espérions, les prix montent, et 10 jours auraient suffi avec 2-3 jours de moins. L'expérience n'était pas décevante, juste moins « vraie » que prévu.