Comment ça s'est passé.
On a décidé de venir au Panama en septembre, période creuse, et c'était clairement une erreur. Levés à 5 h 30 à l'hôtel Riande Continental (un trois-étoiles bancal de la Via España), on a voulu prendre le premier bus vers le Canal. Le chauffeur du bus 45 nous a expliqué en espagnol rapide qu'il y avait « un petit problème » avec le pont : on a patienté 45 minutes dans la chaleur moite. La sueur collait à la peau. C'est exactement ça, Panama City : des projets grandioses bloqués par des réalités routières. Le Canal lui-même, bon. Les écluses de Gatún sont impressionnantes sur le papier, mais le centre des visiteurs est étouffant, bondé de groupes scolaires. On a payé 15 dollars pour voir des maquettes en plexiglas des navires porte-conteneurs qui traversent. La vidéo 3D était en mauvais état. Par contre, on a discuté avec un opérateur de péniche qui nous a raconté que certains navires mettent 8 à 10 heures pour passer les trois écluses. Ça, c'était intéressant. Le vieux Panama (Casco Viejo) a été notre base les quatre premiers jours. On a loué un petit apartado chez une señora qui louait via Airbnb, juste à côté de l'Iglesia de San Felipe. Les façades coloniales sont peintes de couleurs pastels : rose poudré, jaune citron, bleu pétrol. Ça vaut le coup de traîner dans les rues étroites de la Avenida A, entre 8 h 30 et 11 h, avant que le soleil devienne insoutenable. On a mangé des ceviches chez Casco Viejo Brewery (14 dollars le plat, correctement dosé en citron et piment). Le goût était frais, piquant, un vrai moment de détente. Jour 3, on a fait l'erreur de se perdre en cherchant le marché traditionnel de San Felipe. Un type nous a « guidés » vers une échoppe de souvenirs qui s'avérait être son magasin. Deux heures gaspillées pour acheter une mola (tissu panaméen) à 18 dollars au lieu de 8. C'est clairement une arnaque douce, mais ça m'a agacé. Le vrai marché, on l'a trouvé finalement : des fruits tropicaux (mangues, papayes, plantains), l'odeur de la viande grillée mélangée à l'eau stagnante des ruelles. Pas glamour, mais authentique. On a pris un taxi collectif (pas un Uber, trop de problèmes signalés) jusqu'à San Blas, un archipel à deux heures de route nord-est. Trois îles seulement accessibles à la journée. L'eau était turquoise, les plages de sable blanc correctes, mais surpeuplées. Les habitants Guna vendaient des tours en bateau aux touristes. On a mangé du poisson grillé directement sur une petite île (Isla Pelicano) : 12 dollars le plat, accompagné de riz blanc et de noix de coco râpée. Simple et salé, parfait après une baignade. Panama City de nuit (zone de Punta Pacifica) offrait des bars corrects mais surfacturés. Le Barba Roja, petit lounge de la Via España, servait des mojitos à 10 dollars. L'ambiance était bruyante, avec de la musique reggaeton, des tables collées les unes aux autres. On s'attendait à mieux pour le prix. On n'a pas eu le temps de visiter Portobelo (côte caraïbe) ni Bocas del Toro (archipel à l'ouest). La chaleur, l'humidité et les transports lents ont grignoté notre énergie. Septembre au Panama, c'est la saison des pluies, et ce n'est pas une légende : chaque après-midi, déluge entre 14 h et 16 h. Impossible de planifier. Coût moyen par jour : 60-80 euros (hôtel, repas, transports).Langue : l'espagnol est dominant. L'anglais fonctionne en touristique, mais lentement.Monnaie : le balboa panaméen (USD accepté partout).
Les bons plans repérés sur place.
Écluses du Canal de Gatún, centre des visiteurs : réservez le ticket coupe-file (30 dollars, ça vaut le coup pour éviter 3h de queue)
Casco Viejo, Avenida A au lever du soleil (6h30-8h30) : galeries, cafés de spécialité, zéro touristes à cette heure
Marché de San Felipe, derrière la Catedral : fruits tropicaux frais, marchandez les prix des molas (5-10 dollars si vous négociez)
San Blas, Isla Pelicano : pescado a la brasa chez Yanira's Shop, 12 dollars, manger les pieds dans l'eau
Barba Roja lounge, Via España : mojito correct à 10 dollars en happy hour (16h-19h, le meilleur deal de la ville)
Photos — Panama City
Et au final.
Panama City est une ville de contrastes malsains : des gratte-ciel flambant neufs côtoient des quartiers dégradés. Le Canal vaut le détour pour comprendre l'histoire économique mondiale, mais c'est moins spectaculaire qu'on l'imagine. Casco Viejo sauve le séjour avec ses ruelles colorées et ses petits restaurants. La vraie déception : les plages sont loin et la gestion du tourisme manque de maturité. Je reviendrais, mais en décembre-février quand l'air est moins lourd.








