Comment ça s'est passé.
On a décollé de Paris-CDG le 3 novembre sur Air Botswana (vol A3-411, départ 14h30). Arrivée à Gaborone minuit, puis correspondance intérieure sur un Cessna 208 direction Maun le lendemain matin. Le pilote a averti : turbulences garanties en approche. Pas déçu. J'ai eu l'estomac dans les chaussettes. S'installer à Maun, c'est déjà un choc. La ville sent la poussière ocre mélangée aux gaz d'échappement des 4x4 des lodges. On a logé au Jack's Camp pendant trois nuits (2 400 euros pour deux, pension complète). C'est pas de la luxe cheap : les toilettes sèches fonctionnent vraiment mal quand il fait 38°C. Mais les guides sont excellents. Samuel, notre moteur de safari, parlait quatre langues et repérait les léopards à 200 mètres. Le Delta en mokoroJour 5, on a pris un mokoro (pirogue traditionnelle) dans le Delta pour 6 heures. Le poler, Thabo, chantonnait en setswana. L'eau était brune, presque noire, et les papyrus sentaient la vase humide, pas désagréable. On a croisé deux éléphants qui buvaient à 15 mètres de nous. Silence total. Pas un geste. Mon cœur battait en fou. On n'a rien dit pendant 20 minutes après. C'est rare de ressentir ça. Au Camp Okavango (lodge géré par <i>Orient-Express</i>), j'ai mangé un <i>seswaa</i> (viande de boeuf écrasée avec oignons, environ 80 pulas soit 5 euros) qui m'a filé une indigestion pendant deux jours. Les cuisiniers préfèrent la viande très bien cuite, les hygiènes n'étaient pas nos standards français. Honnêtement ? C'est un truc à accepter ou pas. Makgadikgadi Pans : l'amertume du voyageOn a loué un 4x4 auprès de <i>Avis Botswana</i> à Maun (850 euros la semaine). La panne a eu lieu jour 9 en plein Makgadikgadi Pans. Radiateur percé. On a dû attendre le bus Intercape qui passe une fois par jour (17h30) pour aller à Gweta. Quatre heures d'attente sur la piste, 41°C, 30 litres d'eau. Le chauffeur du bus nous a dit qu'on avait de la chance (beaucoup de gens se retrouvent bloqués deux jours). À Gweta, on s'est refugié au Gweta Lodge (350 pulas par personne, 21 euros). Les couchers de soleil sur les pans sont réels : pas de filtre Instagram possible, juste de l'orange et du rose qui durent cinq minutes. Le goût du thé rooibos à 6h du matin, assis devant l'immensité : c'est ça qui m'a marquée plus que n'importe quel photo de faune. Gaborone, retour à la civilizationDerniers jours à Gaborone (capitale, 2 millions d'habitants). On a dormi au Hilton (pas très caractéristique, mais fiable, 180 euros la nuit). Le marché de Gaborone (vendredi matin, près de la gare routière Intercape) vend des fruits à prix cassés : mangues à 3 pulas l'unité. J'ai mangé la meilleure papaye de ma vie pour 40 pulas (2,50 euros). Des vendeurs nous ont proposé des <i>faux safaris</i> (photos de stock, guides factices). On a refusé. Retour Paris sur Air France (correspondance Johannesburg). Le Botswana, c'est pas un musée. C'est des vraies gens, des routes difficiles, des rencontres aléatoires. Les animaux ne posent pas. Les conditions d'hygiène sont parfois basiques. Et franchement ? C'est pour ça qu'on y va.
Les bons plans repérés sur place.
Mokoro au Delta de l'Okavango avec Thabo comme poler – arriver avant 6h30 pour les animaux
Coucher de soleil sur Makgadikgadi Pans depuis Gweta Lodge – apporter 2 litres d'eau minimum
Marché de Gaborone le vendredi matin – commander un jus de papaye frais (5 pulas)
Jack's Camp pour l'expertise des guides Samuel – réserver 3 mois avant, juillet-août meilleure saison
Route Maun–Gweta en 4x4 – vérifier le radiateur, essence à Maun obligatoire
Photos — Maun et Delta de l'Okavango
Et au final.
Quatorze jours intense. Le Delta vaut le détour, les safaris sont de vrais safaris (pas des tours de manège). Bémol : la saison sèche (novembre) c'est quand même chaud et peu d'eau. Revenir en juillet prochainement.
