Comment ça s'est passé.
Arrivée à Maun le 14 février à 16h30 via Air Botswana depuis Johannesburg. L'aéroport est petit, très petit. Pas de tapis roulant, pas de climatisation qui fonctionne vraiment. La chaleur vous rentre dedans dès que vous franchissez la porte de l'avion. J'ai dormi à l'Okavango River Lodge, chambre 12, vue directe sur le fleuve. Les moustiques ici ne sont pas une légende urbaine : j'en ai compté sept rien qu'en me lavant les mains. Le spray anti-moustiques à 180 pulas la petite bouteille chez Woolworths (le supermarché du centre-ville) ne suffisait vraiment pas. Premier jour de safari en 4x4 Toyota avec notre guide Kopano, qui parlait anglais avec un accent du Kalahari très prononcé. À 5h du matin, avant même le café, départ vers le Delta. L'odeur de la terre mouillée après la pluie nocturne, mélangée au diesel du moteur, c'est resté dans mes vêtements pendant trois jours. Nous avons croisé un troupeau de zèbres près de la piste de Khwai, à environ 45 km de Maun. Kopano nous a expliqué que les zèbres ici sont plus grands qu'en Afrique du Sud, mais je n'ai pas pu vérifier. Ce qu'on a vraiment vu : deux lionnes en train de chasser à 6h45, une scène qu'on ne montrerait jamais dans les brochures Kuoni. La galère : le moteur qui lâcheLe 17 février, à 11h15 précisément, le moteur du 4x4 a commencé à faire un bruit de ferraille. Kopano a serré les lèvres, pas bon signe. Nous sommes restés bloqués à 32 kilomètres du camp pendant quatre heures. Quatre heures sous 38 degrés, avec une bouteille d'eau de 1,5 litre à partager à trois. Le sentiment d'abandon était réel, pas du tout romantique. Heureusement, un autre 4x4 de la même compagnie (Wilderness Safaris) nous a croisés par chance. Sans ça, j'aurais vraiment commencé à paniquer. Nous avons mangé au Khwai River Lodge le soir même. Seswaa (viande de bœuf hachée avec du maïs et des oignons), 85 pulas, bien meilleur qu'attendu. En Botswana, on ne s'imagine pas que la cuisine locale soit aussi travaillée. Le pain blanc beurre était chaud, les légumes frais. L'eau du robinet de la salle de bain sentait le soufre : normale ici, paraît-il. Les vrais momentsLe 19 février, je me suis levée à 4h30 pour aller observer les oiseaux avec un autre guide, Thabo. Nous avons vu des aigles pêcheurs et des hérons goliaths. Thabo faisait des bruits pour les attirer : un claquement de langue spécifique que je n'arriverai jamais à reproduire. Sur le retour, une antilope léchait le sel sur la terre. Lui aussi levait la tête toutes les trois secondes, vigilant. Ça m'a frappée : ce réflexe constant de danger. Rien à voir avec les animaux des parcs parisiens. Dîner au Maun Lodge, restaurant attenant à l'hôtel. Impala rôti avec légumes racines et sauce aux airelles. 120 pulas. La viande était tendre mais très, très salée. J'ai bu trois Coca-Cola pour compenser. La nuit tombe ici à 18h en février. Ensuite, plus rien. Pas de rue, pas de bruit. Juste les grenouilles qui font un bruit de soufflerie d'aspirateur. Shopping et détails locauxMarché municipal de Maun : articles de cuir travaillé, paniers tissés, figurines de girafes. Les vendeurs poussaient beaucoup, pas agressivement mais fermement. J'ai acheté un collier en perles à 95 pulas, la vendeuse en demandait 180. Les prix sont très négociables si on accepte de traîner un peu. Le bus local (ligne 3, terminus Gaborone) coûtait 35 pulas, bus jaune criard, arrêts non signalés. J'ai dû demander au chauffeur où descendre pour la gare. Bilan : douze jours, ça m'a suffisamment fait transpirer et me confronter à mes peurs. Le Botswana ne pardonne pas à ceux qui s'ennuient facilement.
Les bons plans repérés sur place.
Khwai River Lodge : traversée du fleuve en pirogue au coucher du soleil (18h), environ 95 pulas par personne
Marché municipal de Maun (quartier Old Mall) : négocier des paniers tissés et colliers, services sur place jusqu'à 19h
Piste de safari près de la concession de Moremi (à demander à votre lodge) : c'est où les lionnes chasse réellement
Maun Lodge restaurant : impala rôti en sauce, plat du jour à midi moins cher qu'en soirée
Route d'entrée du Delta via Khwai (km 45-60) : ne pas partir sans eau en quantité, pas de station d'essence entre Maun et le premier camp
Et au final.
Le Delta de l'Okavango m'a rappelé que les safaris, ce n'est pas des photos de National Geographic. C'est de la sueur, des odeurs, des pannes, et quatre heures d'attente immobile. Mais aussi voir un prédateur chasser pour de vrai, pas derrière une vitre. Je regrette une chose : avoir trop peu de temps pour vraiment apprendre le setswana au lieu de rester sur mon anglais de base.







