Comment ça s'est passé.
Nous avons atterri à l'aéroport de Maun à 14 h 30, deux heures de retard sur Air Botswana. La chaleur en sortant de l'avion m'a frappée immédiatement, une vague d'environ 38 °C mélangée à l'odeur de poussière rouge du tarmac. À la réception du Maun Lodge (une petit établissement de 24 chambres en bord de rivière Thamalakane), le réceptionniste nous a expliqué que notre transfert Safari était maintenu pour 17 h, pas d'attente supplémentaire malgré le retard. C'était rassurant. Nous avons passé la première nuit à Maun, au lodge avec son restaurant principal servant un poulet aux épices locales pour 120 pula (environ 8 euros). Le goût était bien plus corsé que ce qu'on mange en France, presque brûlant pour ma fille de 8 ans. Le personnel était souriant mais peu anglophone, d'où un petit malentendu le lendemain matin : nous pensions que le petit-déjeuner était inclus, alors qu'il fallait le commander séparément (porridge et pain grillé : 55 pula). Une petite arnaque pas grave, on a ri en repensant à nos attentes de touristes. Trois jours au cœur du delta de l'OkavangoNotre guide, Kgosi, est venu nous chercher en 4x4 Toyota bleu foncé à 17 h 15. Il connaissait chaque animal, chaque piste. Nous avons dormi deux nuits au Xakanaxa Campsite, géré par le gouvernement du Botswana. Les tentes étaient basiques mais les lits étaient fermes. La nuit, le son des hippopotames dans le canal à 50 mètres de nos tentes m'a tenue réveillée : des grognements graves, presque sonores, puis le bruit sec des coups de queue sur l'eau. Pas effrayant, juste étrange et vivant. Le lever du soleil sur les marais à 5 h 45 reste un moment marquant. Nous étions en pirogues traditionnelles (mokoro) avec Kgosi qui poussait avec une perche en bois. L'eau était immobile, d'une clarté inexplicable. Trois giraffe giraffes ont traversé les herbages à notre gauche. Mon fils a dit « elles sont vraiment hautes ». Oui. C'était simplement vrai. Pas de formules creuses, juste de la contemplation. Le repas du midi au campsite : saucisses locales (boerewors) avec mais grillé et salade de tomates. Les saucisses avaient un goût prononcé de paprika et de piment, servies avec une bière Carlsberg à 18 pula. Mon mari a trouvé que c'était le meilleur repas du voyage, simple et chaud. Kasane et la frontière avec la ZambieNous avons pris un minibus combi (ligne informelle depuis Maun, départ à 6 h du matin, arrivée à 14 h 30) jusqu'à Kasane, trois heures de piste. Le minibus était bondé, 15 personnes pour 12 places. Une femme avec ses poules en cage s'est assise à côté de moi. L'odeur était présente : mélange de poussière, d'essence et de volaille. Mon mari a dormi tout le trajet, crâne contre la vitre. À Kasane, nous avons logé au Chobe Game Lodge, un établissement plus touristique avec piscine et restaurant climatisé. Le soir, nous avons pris un bateau safari sur la rivière Chobe : buffles, crocodiles, éléphants qui s'abreuvaient juste devant nous. Le guide, William, a compté 47 éléphants en une après-midi. Pas étonnant, c'est leur spot à 16 h quand il fait moins chaud. Un moment difficile : le troisième jour à Kasane, mon fils a eu une légère diarrhée (probablement l'eau ou le changement d'alimentation). Pas grave mais on a dû sauter une excursion et rester à l'hôtel. Ça arrive. Les voyages ne sont pas des tableaux parfaits. Le restaurant du lodge servait des steaks de kudu (une antilope locale) pour 185 pula, un plat riche et dense. J'ai aussi goûté un jus de marula frais : acidité douce, un peu collant sur les dents, vraiment agréable. Marché de Kasane et moments ordinairesLe marché de Kasane, ouvert tous les matins de 7 h à 14 h, vendait des sculptures en bois (souvent des éléphants ou des girafes), des fruits locaux (mangues, papayes) et des tissus colorés. J'ai acheté une sculpture de girafe pour 280 pula, le vendeur était un homme de 60 ans qui sculptait depuis 40 ans. Il m'a montré comment il tailladait le bois avec un couteau simple. Pas de machine-outil. Juste des mains et de la patience. Au café Tuskers (petit établissement proche de la gare routière), nous avons pris un café le matin du départ : un café à l'africaine, très fort, versé dans une tasse fine. 12 pula. Mon deuxième café dans ma vie où j'ai vraiment senti l'amertume, pas du tout désagréable.
Les bons plans repérés sur place.
Xakanaxa Campsite : dormir sous la tente, sons des hippopotames nocturnes, retour aux éléments
Mokoro sur le delta de l'Okavango à l'aube avec Kgosi : giraffes qui traversent, eau immobile, silencieux
Marché de Kasane : sculpteur en bois depuis 40 ans, sculptures à 280 pula, rencontre vraie
Bateau safari rivière Chobe : 47 éléphants l'après-midi, crocodiles, buffles en groupe dense
Repas boerewors au campsite : saucisses épicées, maïs grillé, bière froide, simplement délicieux
Photos — Maun et Kasane
Et au final.
Le Botswana m'a donné des moments justes et des rencontres simples : Kgosi et ses histoires sur les pistes, la vendeuse au marché, la famille de hippos la nuit. Les délais et petites complications n'étaient pas des catastrophes, juste la réalité des déplacements en Afrique australe. En revanche, les coûts ont dépassé notre budget (wildlife tax à l'entrée des parcs : 90 euros par adulte), et les infrastructures touristiques manquent de confort basique dans certains endroits. Mais nous reviendrons, pour les mêmes raisons.
