Comment ça s'est passé.
Arrivée à Maun le 8 janvier vers 14h30 après une correspondance ratée à Johannesburg. Le vol Air Botswana (code BA901) avait deux heures de retard. Déception immédiate : l'aéroport est minuscule, pas climatisé, et la chaleur à 35°C nous a frappés de plein fouet en descendant de l'avion. L'odeur de poussière rouge mélangée à du carburant diesel, on ne l'oublie pas. Nous avons logé à l'Okavango River Lodge, une petite structure simple avec 12 bungalows. La chambre coûtait 180 USD/nuit. Petit-déjeuner buffet entre 7h et 9h : œufs brouillés, pains locaux sans saveur, bon café. Le soir, dîner à base de poulet fermier grillé, accompagné de pap (purée de maïs) et d'une sauce aux cacahuètes. Plat correct à 45 USD. Le restaurant surplombait la rivière : on entendait les hippos grogner dans l'obscurité vers 22h. C'était perturbant, pas reposant. Le safari : jour 2-4Départ à 5h45 avec Samuel, notre guide pour trois jours. Jeep Toyota privée avec réservoir de 70 litres. Nous avons roulé vers le nord du delta, sur des pistes de sable blanc. À 7h15, premiers éléphants : trois femelles avec deux petits à 200 mètres. Samuel a coupé le moteur. Silence total. On entendait juste les feuilles craquer sous leurs pieds. Moment où mon cœur s'est vraiment accéléré. Les campements étaient rudimentaires. Nuit du 9 janvier au Xakanaxa Camp : tente toile avec lit de camp et moustiquaire. Température descendue à 18°C la nuit (bien plus froid qu'attendu). Dîner préparé sur un feu de bois : nyama (viande de gnou) en ragoût, riz blanc, bière locale Castle (50 BWP, soit 3,50 EUR). La viande sentait le fumé, c'était bon mais très riche. Le 10 janvier, galère majeure : notre jeep a eu une crevaison à 11h, à 15 km d'aucun endroit. Samuel a changé le pneu en 45 minutes sous un soleil de 38°C. Pas d'ombre. On a attendu assis, à boire de l'eau tiède (l'embouteillage plastique chauffait vite). On a raté le déjeuner, ce qui nous a pourris l'après-midi. Le guide s'a excusé, rien à y faire. Ça montre que l'Afrique n'est pas un parc à thème aménagé. Observations animalières solides : léopard à 400 mètres (très rare), une trentaine d'éléphants au total, lions vus de loin deux fois, zèbres et girafes à chaque sortie. Samuel était compétent mais parlait peu. On aurait aimé plus d'infos sur les comportements des animaux. Retour à MaunLe 11 janvier, retour en bateau traditionnel mokoro (pirogue plate propulsée à la perche) dans les zones inondées du delta. Très touristique, 2h de trajet pour 85 USD par personne. Passage entre papyrus, deux hérons gris repérés. L'eau était transparente, sentait l'algue fraîche et le minéral. Malgré le décor, c'était commercial : cinq autres bateaux visibles au même endroit. Le 12 janvier matin, visite du marché central de Maun (Maun Main Market). Ouvert dès 6h30. Étal de tomates locales, d'oignons, fruits exotiques (notamment des fruits du baobab). Pas d'arnaque manifeste, prix affichés. On y a acheté des mangues (15 BWP le kilo). Goût sucré, texture parfaite. Le marché sentait la terre mouillée et l'urine (pas de toilettes publiques). Repas final au Rite Lounge, restaurant principal de Maun : filet de poisson local (tilapia), gratin de maïs. Plat à 120 BWP (8 EUR). Service lent mais courtois. Vue sur la rue passante : les Pula (devise du Botswana) circulaient. Le taux était stable à 13-14 BWP pour 1 EUR. Vol retour le 12 janvier à 15h40 sur South African Airways (code SA2341). Décollage à l'heure. Bilan : le safari fut l'expérience centrale, ponctuée d'une vraie panne, de nuits inconfortables et d'une sensation de privilège blanc touristique.
Les bons plans repérés sur place.
Delta de l'Okavango au lever du soleil (5h45 sortie, observation éléphants femelles avec petits à 200m)
Marché central de Maun (6h30 matin, mangues fraîches 15 BWP/kg, ambiance bruyante)
Traversée en mokoro pirogue entre papyrus (2h, 85 USD, très touristique mais paysage réel)
Restaurant Rite Lounge à Maun (tilapia grillée 120 BWP, vue rue animée)
Nuit au Xakanaxa Camp en tente (hippos qui grogner la nuit, température 18°C)
Photos — Maun & Delta de l'Okavango
Et au final.
Botswana livre un safari solide et moins surcoté que la Tanzanie. Le delta de l'Okavango est vrai, puissant, exigeant physiquement. À retenir : pas de confort de luxe en brousse, les galères font partie du package. Une chose moins convaincante : la massification du tourisme dans les zones accessibles.
