Comment ça s'est passé.
Arrivée à l'aéroport international de Muscat un samedi matin à 6h30, après un vol Lufthansa depuis Francfort. La chaleur nous a frappés dès la sortie de l'avion : 34°C à 7h du matin, avec cette humidité collante du golfe Persique qui te rentre dans les vêtements. J'ai immédiatement compris pourquoi les habitants font leurs courses au souk à partir de 16h. Transfert en taxi (10 OMR, soit environ 26 euros) jusqu'à notre hôtel Al Bustan Palace, un établissement quatre-étoiles situé à quelques kilomètres du centre. Le trajet nous a offert nos premières impressions : des chantiers de construction partout, des voies rapides impeccablement entretenues, et cette architecture moderne en verre qui tranche avec les bâtiments historiques blanc et bleu du vieux Muscat. Le Souk Muttrah : olfactif et labyrinthiqueLe jeudi soir, nous avons exploré le Souk Muttrah à pied depuis notre hôtel. L'odeur nous a d'abord submergés : un mélange écrasant d'encens oud, d'épices (safran, cardamome, cannelle) et de poisson séché. C'est intense, parfois étouffant dans les petites ruelles où l'air circule à peine. Le souk date du 16e siècle, mais nous avons trouvé plutôt la plupart des boutiques tournées vers le tourisme : même si les prix de départ affichés sont exorbitants. Un vendeur m'a proposé un bracelet en or blanc à 150 OMR (390 euros), puis 80 OMR après une demi-heure de négociation. Nous avons refusé et quitté les lieux sans rien acheter. Les restaurants traditionnels du souk proposent le kabab michi (brochettes de viande hachée) et le biryani omanais pour 4-6 OMR (10-15 euros). Nous avons mangé au restaurant Al Shaati près du front de mer : poisson grillé frais avec riz et sauce à la noix de coco, vraiment bon, et les serveurs parlent anglais couramment. Grand Mosque et visite guidée maladroiteLa Grande Mosquée du Sultan Qaboos, inaugurée en 2001, impose d'emblée : 40 000 mètres carrés de marbre blanc, un dôme doré visible de très loin. Accès gratuit le mercredi et jeudi matin, mais visites guidées obligatoires (5 OMR). Notre guide, Abdullah, parlait un anglais laborieux, et il y a eu un malentendu : nous avions rendez-vous à 10h, nous avons attendu jusqu'à 10h45. Finalement, la visite s'est bien déroulée. L'intérieur est excessivement orné, presque oppressant avec tous ces détails dorés et bleus. Le lustre principal pèse 15 tonnes paraît-il. C'est techniquement impressionnant, mais ce n'est pas ce que j'attendais d'une mosquée : c'est davantage un palais qu'un lieu de recueillement. Route vers Jebel Akhdar : 2h30 de lacetsNous avons loué une voiture auprès d'Hertz (situé à l'aéroport) pour 35 OMR par jour. La route jusqu'à Jebel Akhdar depuis Muscat traverse des paysages de montagne pelée, avec des zones verdoyantes apparaissant soudainement. La vraie difficulté : les 50 derniers kilomètres montant à Jebel Akhdar se font sur une route en lacets à 6-7% de pente constante, avec des ravins à droite. La voiture a surchauffé à mi-parcours (température du moteur à 108°C selon le tableau de bord). Nous avons dû nous arrêter 20 minutes à une petite échoppe où un enfant d'environ 12 ans vendait des bouteilles d'eau à 2 OMR. Nous avons passé trois nuits au Jebel Akhdar Hotel, un établissement en pierre surplombant une vallée avec des plantations de roses Damask et de grenadiers. La température baisse drastiquement à 1 900 mètres d'altitude : 19°C la nuit. Le point de vue depuis le balcon au lever du soleil (levée à 5h30 pour vérifier la météo) valait vraiment le détour, avec les contours des montagnes qui s'illuminaient progressivement en rose puis orange. Trekkings et rencontresLes sentiers locaux sont peu balisés. Nous avons pris un guide pour la journée (30 OMR) qui nous a emmenés voir des sources naturelles et un petit village berbère (terme impropre : il faut dire "amazighe"). Les habitants nous ont offert du jus de grenade fraîchement pressé dans une maison à sol en terre battue. C'était le point marquant de ce séjour : un moment sans friction, authentiquement convivial. Les nuits à Jebel Akhdar étaient silencieuses. Le seul son était le vent léger à travers les plants de roses. Radicalement différent du bruit de la circulation à Muscat. Retour et restaurant fusionAvant de quitter Muscat, nous avons dîné au restaurant Kargeen Caffe dans le quartier d'Al Qurum. Cadre hybride (patio omanais avec mobilier occidental), cuisine fusion à 8-12 OMR le plat principal. Le hummus était parfumé à l'ail et l'huile d'olive de manière subtile, loin de la version commerciale. Service lent (45 minutes d'attente entre la commande et la livraison), mais le staff était gentil et nous a proposé un café qahwa gratuit après le repas. Vol de retour Muscat-Francfort le mardi matin à 10h15. Enregistrement à 8h15, nous avons dû rendre la voiture de location à 7h30, ce qui nous a stressés inutilement : le parking aéroport était à 5 minutes à pied du terminal.
Les bons plans repérés sur place.
Souk Muttrah au coucher de soleil (éviter les heures de forte chaleur, opter pour 17h-19h)
Route des lacets vers Jebel Akhdar avec pause à l'échoppe locale à 1 600m d'altitude
Sunrise depuis la terrasse du Jebel Akhdar Hotel avec vue sur la vallée agricole
Restaurant Al Shaati pour le poisson grillé frais et le riz au lait de coco (4.5 OMR)
Jebel Akhdar Hotel : demander une chambre côté vallée pour le lever de soleil
Photos — Muscat, Oman
Et au final.
Oman n'est pas une destination de rêve idéalisée : c'est un mélange de modernisation aggressive et de traditions fragmentées. Muscat manque de charme urbain, mais Jebel Akhdar vaut le détour pour la géographie et les rencontres simples. Nous avons regretté de ne pas avoir plus de temps pour explorer Salalah au sud ou Nizwa plus à l'intérieur.








