Comment ça s'est passé.
Nous avons atterri à l'aéroport de La Chinita à Maracaibo un dimanche matin à 6 h 30, complètement désorientés. Le vol Conviasa depuis Caracas avait une heure de retard, et les contrôles douaniers trainaient. L'air était déjà étouffant, une moiteur tropicale qui collait aux vêtements avant même de mettre un pied dehors. Un chauffeur de taxi, Miguel, nous a proposé de nous emmener à Mérida pour 450 000 bolivars (environ 45 euros au taux noir, pas le taux officiel). Quatre heures de route en minibus Toyota blanc cabossé, avec reggaeton à fond, en passant par des paysages montagneux de plus en plus verts. Nous avons choisi l'Hôtel Timoncito, rue 24, près de la Plaza Bolívar de Mérida. Une chambre double avec ventilateur à 200 000 bolivars la nuit. Pas de climatisation, mais vue sur les pic Espejo et Mérida depuis la terrasse. Le propriétaire, une dame âgée nommée Doña Carmen, nous a expliqué que le téléphone ne fonctionnait pas ce jour-là (« problème Cantv, comme toujours »). Nous avons dû utiliser des données mobiles avec une sim Movistar locale. Le lendemain, nous nous sommes levés à 5 h pour prendre le téléphérique de Mérida, le plus haut du monde à l'époque avant sa fermeture partielle. La station de départ se trouve à 1 571 m. Nous avons attendu deux heures dans une file de touristes vénézuéliens venus de Caracas. Le ticket nous a coûté 100 000 bolivars par personne, mais seul le premier tronçon fonctionnait vraiment. L'expérience était décevante : la cabine sentait la vieille huile et la poussière, le câble grinçait de façon inquiétante, et on voyait des sections du système clairement abandonnées, rouillées. Quand même, le panorama sur les pic Espejo et la vallée en contrebas valait le coup, même gris. Nous avons mangé des arepas fourrées au queso de mano et cachapa (crêpes de maïs) au restaurant El Corazón de Mérida, rue 4. Les arepas coûtaient 50 000 bolivars chacune. Le goût sucré-salé de la cachapa, mélangé au fromage fondant, était honnêtement délicieux. Nous avons aussi essayé le mandé, une soupe de viande locale, à 80 000 bolivars le bol. Le bouillon était riche, avec des morceaux de plátano qui donnaient une texture farineuse agréable. Nous avons tenté une randonnée d'une journée jusqu'au Lago de los Patos avec un guide, Roberto, recommandé par l'hôtel. 200 dollars US pour deux personnes (cours noir). Le sentier montait sec et poussiéreux les trois premières heures, puis devenait boueux. Roberto nous a fait peur en nous parlant des attaques de délinquants dans la région en 2023, mais nous n'avons croisé que d'autres randonneurs vénézuéliens. Le lac en lui-même était petit, entouré de rochers granitiques gris, avec une eau froide qui nous a choqués : descendre d'une altitude de 2 800 m avec la température qui baisse clairement. Roberto a eu une crevaison en redescendant, panne bête qui nous a coûté deux heures supplémentaires. Il a bricolé en attendant le passage d'une jeep locale. À Mérida même, nous avons visité le Museo del Arte Moderno de Mérida, un bâtiment moderne en béton brut avec des œuvres d'artistes vénézuéliens du XXe siècle. L'entrée était gratuite, mais le musée fermait à 16 h précises. Nous sommes arrivés à 15 h 55, donc une courte visite de 10 minutes. L'odeur de béton humide et de peinture résine était presque écrasante dans les petits espaces. Nous avons aussi exploré le Mercado de Mérida, où on trouvait des fruits tropicaux : mangues, papayes, goyaves. Les prix affichés et réels différaient. Un vendeur nous a d'abord demandé 200 000 bolivars pour un kg de mangues, puis a accepté 120 000 après négociation. L'ambiance était bruyante, pleine de criailleries en espagnol local, avec des cris de petits enfants. L'odeur intense de fruit fermenté et de sueur humaine vous prenait à la gorge. Retour à Caracas en vol Avior (compagnie locale) depuis l'aéroport Juan Manuel Gómez Díaz de Mérida. L'avion était un ATR42 presque plein, pris de turbulences terribles pendant la descente. Pas de services à bord, juste une bouteille d'eau. Arrivée à l'aéroport de La Carlota avec deux heures de retard sans explication.
Les bons plans repérés sur place.
Téléphérique de Mérida (station de départ) : malgré son délabrement partiel, la vue sur les pic Espejo reste impressionnante en fin de matinée
Sentier Lago de los Patos : exigeant en altitude (2 800 m), imprévisible mais peu fréquenté par les touristes de masse
Cachapa et mandé au restaurant El Corazón de Mérida : plats locaux authentiques, goûts prononcés, budget serré
Mercado de Mérida : fruits tropicaux frais à bas prix après négociation, expérience chaotique mais vraie
Hôtel Timoncito : petit établissement de Doña Carmen sans confort moderne mais avec caractère, vue sur les Andes
Photos — Mérida
Et au final.
Mérida offre des paysages montagneux authentiques et des gens généralement chaleureux, mais l'infrastructure touristique vieillit mal et les coûts changent constamment. Nous n'aurions pas dû nous attendre à des services fiables ou des horaires respectés, mais la rareté de touristes occidentaux nous a fait sentir plus aventuriers que dans les zones touristiques classiques. L'absence de sécurité routière véritable et les routes dégradées sont restées notre principale frustration.








