Margarita et les Andes : entre plages abandonnées et villes fantômes
CarnetVenezuela202614 jours

Margarita et les Andes : entre plages abandonnées et villes fantômes

Nous avons atterri à l'aéroport Santiago Mariño de Margarita un mardi à 14h30, et déjà les premiers signes étaient là : files interminables à la douane, distributeurs vides, tension palpable dans l'air climatisé qui…

MS
Publié le · mis à jour le
14 jours1 album3/5
Le récit

Comment ça s'est passé.

Nous avons atterri à l'aéroport Santiago Mariño de Margarita un mardi à 14h30, et déjà les premiers signes étaient là : files interminables à la douane, distributeurs vides, tension palpable dans l'air climatisé qui sentait le renfermé. L'agent douanier nous a demandé trois fois si nous avions de l'argent en espèces — pas de cartes, m'a-t-il dit avec un sourire fatigué. Notre premier hôtel, le Bella Vista (très bien noté en ligne), avait fermé six mois plus tôt. Nous avons dû nous rabattre sur la Posada Margarita, une petite maison avec piscine vide rue 4 de Mayo à Porlamar, tenue par Rosa, une femme de 60 ans qui nous a cuisiné des empanadas au fromage blanc pour 2,50 euros pièce. Les plages de Margarita m'ont déçu. Playa Caribe était envahie de déchets plastiques, avec une odeur d'algues pourries mêlée à du fuel. Nous avons loué des chaises longues cassées (50 000 bolívares pour la journée) et avons passé un moment à Playa Agua, plus calme, où des pêcheurs locaux nettoyaient leurs filets tout en regardant les touristes avec une indifférence bienveillante. L'eau était tiède, 28°C, mais le ciel gris ne donnait pas envie de rester longtemps. Un repas de poisson grillé au restaurant El Tiburon sur le port de Margarita nous a coûté 4 euros pour deux assiettes — le morceau le plus frais qu'on ait mangé du voyage. La descente à Mérida et le malaise croissantNous avons pris un autobus de la compagnie Expresos Los Andes le jeudi matin à 6h, direction Mérida, 12 heures de route pour 2,20 euros. Le bus était bondé, les vitres cassées, et nous avions un homme qui respirait très fort à côté de nous — une angoisse silencieuse s'installait. Arrivée à Mérida à 18h30. La ville était grise, froide (altitude 1 630 m), avec des bâtiments en parpaings repeints en orange criard. Les rues du centre étaient pratiquement vides après 19h. Nous avons marché jusqu'à l'Hôtel Teleférico (boulevard 23 de Febrero), un bâtiment datant des années 1980 avec une réception fermée la moitié du temps. Le moment difficile : le second jour à Mérida, nous avons voulu visiter le téléphérique vers Pico Espejo, attraction majeure depuis 1960. Fermé. Complètement fermé. Des cadenas rouillés, des graffitis. Une dame nous a expliqué qu'il ne fonctionnait plus depuis 2010. Aucune information en ligne. Nous avons flâné dans la Plaza Bolívar où des groupes de jeunes vendaient des cartes mémoire et des films téléchargés. Une sensation d'abandon, d'infrastructure gelée dans le temps. Moments de vie, cuisines et rencontresMais il y a eu aussi de vraies connexions. Un matin, nous avons pris un café au Bar Fresa, un petit établissement rue 4 avec du café noir servi dans des tasses en émail blanc. L'amertume du café était parfaite, intense, et le serveur nous a parlé 45 minutes de la vie avant et après. La arepa aux fromages qu'on a mangée au marché municipal de Mérida (prix local : 1,50 euros, avec du queso de mano frais qui fondait en bouche). Les enfants qui nous ont approchés pour essayer de vendre des bracelets et qui, quand on les a refusés poliment, ont commencé à nous faire des blagues en español. À Margarita, l'expérience la plus positive : une excursion en bateau vers Los Roques avec un pêcheur local, Javier, qui connaissait chaque rocher, chaque poisson par son nom de rue. Pour 20 euros, nous avons eu trois heures seul avec lui, snorkeling entre les formations géologiques orangées, silence absolu sauf le clapotis de l'eau. Javier fumait des cigarettes sans filtre qui sentaient fort, parlait en marmonnant, mais sa passion était contagieuse. Nourriture : arepa con queso, empanadas, bandeja de arepas à Porlamar (marché central)Transport : chaos constant, retards systématiques, pénurie d'essence intermittenteSécurité : tension palpable la nuit, évitement automatique de certaines zonesLe bilan final : nous avions espéré une destination caribéenne relaxante. Nous avons trouvé un pays en profonde transformation, avec des ressources naturelles remarquables mais une infrastructure effondrée, des gens très gentils mais marqués par l'incertitude. Aucun regret du voyage, mais la conscience que nous visitons une nation figée dans une transition douloureuse.

À ne pas rater

Les bons plans repérés sur place.

1

Playa Agua sur Margarita : petite crique avec pêcheurs locaux, calmer la journée

2

Café au Bar Fresa, Mérida (boulevard 4) : excellent café noir, personnel bavard, 1,20 euro

3

Excursion bateau Los Roques avec Javier : snorkeling privé, 20 euros, trois heures seul

4

Marché municipal de Mérida : arepa fraîche avec queso de mano, observer la vie locale

5

Téléphérique de Mérida (fermé) : monument à la stagnation, paysage depuis la base toujours spectaculaire

Album · 10 photos

Photos — Isla de Margarita / Mérida

Margarita et les Andes : entre plages abandonnées et villes fantômes
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Conclusion

Et au final.

Le Venezuela nous a offert des rencontres authentiques et des paysages bruts — les Andes, les eaux turquoises de Margarita — mais aussi une expérience marquée par l'absence (hôtels fermés, téléphérique arrêté, pénuries discrètes). Nous avons aimé, mais c'était compliqué. Ne pas venir sans préparation sérieuse et humilité.

En résumé

Avis Isla de Margarita / Mérida : carnet de voyage de 14 jours par marco-voyages-sud

Destination
Isla de Margarita / Mérida
Pays
Venezuela
Durée
14 jours
Période
juillet · Été
Note du voyageur
3/5
Voyageur
@marco-voyages-sud
L'essentiel

Isla de Margarita / Mérida en bref

Pourquoi choisir Isla de Margarita / Mérida

  • Rencontres authentiques avec locaux passionnés et authentiques, loin du tourisme de masse classique.
  • Coût extrêmement bas : repas complets 2-4 euros, transports longue distance sous 3 euros.
  • Paysages naturels bruts et préservés, snorkeling aux Roques, formations géologiques orangées intactes.
  • Gastronomie locale genuine : arepas, empanadas, queso de mano frais incomparables.
  • Expérience de voyage unique hors sentiers touristiques conventionnels, authenticité absolue.

Pour qui ?

  • Voyageurs aventuriers cherchant l'authentique et l'hors sentiers battus.
  • Budgets très serrés appréciant cuisine locale et rencontres humaines.
  • Photographes passionnés par paysages bruts et infrastructure en transition.
  • Voyageurs sensibles aux réalités géopolitiques et sociales complexes.
  • Pêcheurs et amateurs de snorkeling cherchant intimité naturelle.

À éviter si…

  • Vous cherchez infrastructure touristique moderne et attractions bien entretenues.
  • Vous avez besoin de confort hôtelier garantis et chaînes reconnues fiables.
  • Vous refusez les destinations avec tension sécuritaire palpable ou pénuries basiques.
  • Vous attendez plages immaculées sans pollution plastique ni déchets côtiers.
À découvrir aussi
Aéroport Santiago Mariño (Isla de Margarita)Porlamar (capitale Margarita)Playa Caribe (Margarita)Playa Agua (Margarita)Archipel Los Roques (snorkeling formations géologiques)Mérida (ville Andes, 1630m)Pico Espejo (montagne téléphérique fermé depuis 2010)Plaza Bolívar (Mérida centre-ville)Marché municipal MéridaBoulevard 23 de Febrero (Mérida)Chaîne côtière MargaritaParc Nacional Los Llanos (région avoisinante)
Questions fréquentes

FAQ — Isla de Margarita / Mérida

Le téléphérique de Mérida fonctionne-t-il encore ?

Non, il est fermé depuis 2010 selon les informations collectées sur place. Cet attrait majeur historique (en fonction depuis 1960) présente des cadenas rouillés et n'offre plus aucune visite possible. Aucune information officielle ne l'indique en ligne.

Que manger à Margarita et Mérida ?

Les arepas au fromage frais (queso de mano) et empanadas au fromage blanc sont excellentes (1,50 à 2,50 euros). Le poisson grillé au restaurant El Tiburon du port propose un repas pour 4 euros à deux. Le café noir au Bar Fresa rue 4 est intense et généreux. Le marché municipal de Mérida propose arepas et bandeja de arepas à prix locaux.

Quel est l'état des plages de Margarita ?

Playa Caribe souffre de déchets plastiques et d'odeurs d'algues pourries mêlées de fuel. Playa Agua est plus calme avec pêcheurs locaux, eau tiède à 28°C. Les chaises longues loués coûtent 50 000 bolívares/jour mais sont en mauvais état. L'expérience snorkeling aux Roques avec un pêcheur local (20 euros, 3h) offre des formations géologiques orangées intactes.

Comment se déplacer entre Margarita et Mérida ?

Bus Expresos Los Andes : 12 heures de trajet pour 2,20 euros. Attendez-vous à des vitres cassées, surcharge, retards systématiques et chaos constant. Le trajet est long et inconfortable mais peu cher.

Quel est le meilleur hôtel de Margarita ?

Bella Vista était réputé en ligne mais a fermé 6 mois avant cette visite. Posada Margarita (rue 4 de Mayo, Porlamar) avec Rosa offre petit-déjeuner d'empanadas (2,50 euros) et piscine, pour environ 50-60 euros/nuit. Préférez une petite posada à une grande chaîne fermée.

Est-il sûr de voyager à Margarita et Mérida ?

Tension palpable à l'arrivée aéroportuaire, rues vides après 19h à Mérida, certaines zones à éviter la nuit. Pas d'incidents graves dans ce récit, mais une préparation sérieuse et humilité sont requises. Les journées sont plus sûres que les soirées.

Combien coûte un voyage au Venezuela ?

Budget très bas : empanadas 2,50 euros, poisson grillé 4 euros (deux assiettes), bus 2,20 euros (12h), arepa 1,50 euros. Hôtels petits environ 50-70 euros/nuit. Problème majeur : argent liquide obligatoire (distributeurs vides), cartes bancaires souvent inutiles.

Quelle est l'altitude et le climat de Mérida ?

Mérida se situe à 1 630 m d'altitude, ce qui rend la ville froide et grise comparé au climat chaud de Margarita (28°C). Attendez-vous à des bâtiments en parpaings repeints en orange, architecture années 1980, aspect délaissé mais tempéré.