Margarita et Canaima : entre plages oubliées et jungle mystérieuse
CarnetVenezuela202614 jours

Margarita et Canaima : entre plages oubliées et jungle mystérieuse

On a atterri à l'aéroport de Porlamar le 3 février à 14h30 sur un vol Avior depuis Caracas. À la descente de l'avion, l'air était étouffant, humide, avec cette odeur mélangée de gasoil et de mangue pourrie provenant des…

SL
Publié le · mis à jour le
14 jours1 album4/5
Le récit

Comment ça s'est passé.

On a atterri à l'aéroport de Porlamar le 3 février à 14h30 sur un vol Avior depuis Caracas. À la descente de l'avion, l'air était étouffant, humide, avec cette odeur mélangée de gasoil et de mangue pourrie provenant des petits restaurants du terminal. On s'attendait au pire après tous les avertissements qu'on avait reçus. Franchement, ça m'angoissait. Les trois premiers jours, on a loué une jeep blanche auprès de Rent-a-Car Margarita, rue principale à Porlamar, pour 45 euros par jour. On s'est installés à l'hôtel Margarita Village, une petite structure de 12 chambres perchée sur la plage de El Agua. La proprio, Doña Carmen, une femme de 60 ans environ, nous a proposé d'emblée un prix réduit (25 dollars la nuit au lieu des 35 affichés) en voyant qu'on restait deux semaines. Elle nous a aussi conseillé d'éviter le centre de Porlamar après 19h. C'est là qu'on a compris que les rumeurs sur l'insécurité n'étaient pas que du vent. Les plages de Margarita nous ont surpris. Ce n'était pas ce que les guides en ligne promettaient. El Agua, c'était bondé le weekend avec des vendeurs de beignets de poisson qui criaient leurs prix en dollars américains. J'ai mangé deux arepa de queso fresco à 0,50 dollar chacune chez une vieille femme avec un chariot rouge rouillé. Délicieux, mais le goût salé m'a laissé une soif de trois jours. On a préféré Playa Caribe, plus à l'est : moins touristique, plus calme. L'eau était tiède, presque 28°C même en février, et on voyait les rochers granitiques en arrière-plan. Un moment où j'ai vraiment respiré. Le moment difficileÀ Porlamar, le 6 février, on a voulu changer de l'argent au distributeur de la Banco de Venezuela, avenue Igualdad. On a sorti notre carte Visa internationale. Refusée. Puis refusée encore. On a essayé trois guichets différents dans trois banques. Aucun n'acceptait les cartes étrangères. On a dû aller à la Casa de Cambio El Dólar (petite boutique avec des barreaux aux fenêtres) où un type nous a proposé un taux affligeant : 1 euro pour 2,3 bolivares officiellement, mais lui proposait 2,1. J'ai senti la panique. On a sorti les euros en cash de notre ceinture de sécurité. C'était bête comme arnaque, mais ça nous a rappelé qu'on n'était vraiment pas dans un endroit où les règles touristiques internationales s'appliquaient. Direction CanaimaLe 8 février, on s'est envolés pour Puerto Ordaz, puis on a pris un minibus de la compagnie Transporte Orinoco (45 minutes, 5 dollars) jusqu'à Canaima Lodge. On a dû prévoir cette excursion trois semaines avant en téléphonant directement au lodge ; aucun site de réservation ne fonctionnait vraiment. On a finalement réussi à les joindre via WhatsApp (Carlos, le responsable, nous a rappelés une demi-heure plus tard). Le parc, c'était autre chose. Les tepuis dominaient l'horizon, massifs et inaccessibles. On a fait la balade en canoe avec Roberto, un guide pemon de 52 ans qui parlait un français approximatif mais efficace. Il nous a menés d'abord à Cano Carao, où l'eau était d'un brun foncé, tannin-chargée, et dégageait cette odeur de terre très riche, presque minérale. Roberto nous a arrêtés près d'une rive où on voyait des traces de caïmans. Il nous a montré comment reconnaître un nid de harpy eagle, très rare. On n'en a pas vu, mais on a entendu les cris des hérons et des perroquets verts. Le silence de la jungle était impressionnant, sauf pour ces bruits de vie partout autour. On a dormi au lodge, construit en bois dur avec des toits en tôle. Dinner était une soupe de poisson local avec du plantain bouilli, très basique, à 8 dollars par personne. Un type de la cuisine, Juan, nous a dit qu'avant la crise, ils recevaient des touristes états-uniens tous les jours. Maintenant, c'était nous et une famille italienne qui avaient l'air perdus. Les derniers joursDe retour à Margarita, on s'est aventurés au Mercado de Porlamar. C'était un bâtiment blanc encrassé avec des dizaines d'étals. Les odeurs : poisson cru, moutarde épicée, mangue. Les couleurs : jaune, rouge foncé, vert. Le bruit : les cris des vendeurs en créole tonal. On a acheté des fruits qu'on ne reconnaissait pas, payés au poids. Un vendeur ambulant nous a proposé du jus frais (naranja) pressé sur place pour 0,25 dollar. C'était réellement frais, mais ça m'a laissé une pharyngite pendant deux jours. La diarrhée du voyageur n'est pas qu'un mythe. Pour nos derniers soirs, on s'est rabattus sur le restaurant Los Cocos, près du port de Porlamar, où on mangeait des crevettes grillées (camarones a la plancha) pour 12 dollars. Pas mal, mais rien de révolutionnaire. La terrasse avait une vue sur les bateaux de pêche qui rentraient au coucher du soleil. C'était un moment paisible après une semaine d'adaptation. Le 15 février, on s'est préparés pour quitter Porlamar. Vol Avior à 11h45. En attendant à l'aéroport, on a repensé à ce séjour : c'était vrai, c'était réel, mais c'était aussi très compliqué pour les voyageurs comme nous.

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Les bons plans repérés sur place.

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Casa de Cambio El Dólar : échange d'euros inévitable, mauvais taux mais fonctionne quand les banques ferment

Album · 8 photos

Photos — Île de Margarita & Parc National Canaima

Margarita et Canaima : entre plages oubliées et jungle mystérieuse
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Conclusion

Et au final.

Le Venezuela nous a secoués plus que prévu. Ce n'était pas du tourisme de brochure, mais de la vraie rencontre avec un pays en crise. Margarita et Canaima valaient le coup pour la géographie brute et les gens, mais les contraintes logistiques (accès à l'argent, insécurité urbaine) nous ont épuisés. Je recommande seulement si vous êtes prêts à lâcher le contrôle.

En résumé

Avis Île de Margarita & Parc National Canaima : carnet de voyage de 14 jours par sebastienv-lyon

Destination
Île de Margarita & Parc National Canaima →
Pays
Venezuela →
Durée
14 jours
Période
février · Hiver
Note du voyageur
4/5
Voyageur
@sebastienv-lyon →
L'essentiel

Île de Margarita & Parc National Canaima en bref

Pourquoi choisir Île de Margarita & Parc National Canaima

  • Tepuis uniques et paysages bruts inaccessibles ailleurs
  • Guides locaux authentiques (pemon) parlant français approximatif
  • Plages tranquilles et eau tiède toute l'année
  • Immersion totale loin du tourisme de masse
  • Jungle primaire riche en faune (caïmans, harpy eagles, hérons)

Pour qui ?

  • Aventuriers cherchant l'authenticité loin des circuits touristiques
  • Voyageurs expérimentés acceptant l'imprévisibilité logistique
  • Naturalistes et observateurs de faune sauvage
  • Couples valides en quête de défis géographiques
  • Photographes de paysages bruts et de jungle

À éviter si…

  • Vous craignez les problèmes de sécurité urbaine et d'accès à l'argent
  • Vous cherchez du tourisme tout inclus et sans prise de tête
  • Vous avez des sensibilités gastro-intestinales sévères
  • Vous avez besoin de confort occidental standard
À découvrir aussi
PorlamarPuerto OrdazCaracasParque Nacional CanaimaOrinocoCaño CaraoTepuisPlaya El AguaPlaya CaribeMercado de PorlamarBanco de VenezuelaPeuples Pemon
Questions fréquentes

FAQ — Île de Margarita & Parc National Canaima

Peut-on utiliser sa carte bancaire au Venezuela?

Non, d'après ce carnet, les cartes Visa internationales sont refusées aux guichets automatiques et dans les banques de Porlamar. Les auteurs ont dû se rendre à une Casa de Cambio pour échanger de l'argent liquide en euros, avec des taux peu avantageux. Prévoir du cash en euros ou dollars avant le départ.

Y a-t-il des risques de sécurité à Margarita?

Oui, selon le récit, il est recommandé d'éviter le centre de Porlamar après 19h. L'auteur insiste sur le fait que les rumeurs d'insécurité ne sont pas infondées. Les précautions locales doivent être respectées, notamment en soirée.

Comment se passe une excursion au Parc National Canaima?

Les auteurs ont navigué en canoë avec Roberto, un guide pemon, sur le Caño Carao pour observer la faune et les tepuis. Les réservations directes par WhatsApp sont essentielles car les sites de réservation en ligne ne fonctionnent pas fiablement. Le lodge propose des repas simples à base de poisson local et plantain.

Quelles plages recommander à Margarita?

Playa Caribe, à l'est, est moins touristique et plus calme qu'El Agua, qui est bondée en weekend avec des vendeurs. L'eau y est tiède (28°C en février) et offre des vues sur les rochers granitiques. C'est l'idéal pour se détendre.

Quel est le coût de la vie et des transports?

Location de jeep: 45 euros par jour. Hôtel Margarita Village: 25 dollars la nuit (négocié). Arepa: 0,50 dollar. Minibus vers Canaima: 5 dollars (45 minutes). Restaurant Los Cocos: 12 dollars les crevettes. Les prix sont bas mais l'accès aux ressources est compliqué.

Faut-il des vaccins spéciaux pour cette destination?

Le récit mentionne une pharyngite contractée après avoir consommé du jus frais au marché et une diarrhée du voyageur. L'hygiène alimentaire doit être vigilante. Consulter un professionnel de santé pour les vaccins recommandés avant le départ.

Comment se faire rembourser la location de voiture?

Les auteurs ont loué chez Rent-a-Car Margarita, rue principale de Porlamar, à 45 euros par jour. Vérifier les conditions d'annulation et les assurances avant la location, car les services de dépannage ne sont pas fiables.

Peut-on visiter en 14 jours?

Oui, c'est le temps qu'ont passé les auteurs (3-7 février à Margarita, 8-14 février entre Puerto Ordaz et Canaima). Trois jours pour Margarita et quatre pour Canaima permettent une expérience complète, avec le reste pour l'adaptation et les transferts.