Mérida et l'Andésien perdu : 14 jours entre téléphérique et pénuries
CarnetVenezuela202614 jours

Mérida et l'Andésien perdu : 14 jours entre téléphérique et pénuries

Arrivé à l'aéroport de Mérida Juan Manuel Díaz Rangel un mardi matin vers 7 h 30, après un vol de Caracas de deux heures avec Avior Airlines, j'ai d'abord senti cette odeur caractéristique de pin et d'humidité…

TH
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14 jours1 album3/5
Le récit

Comment ça s'est passé.

Arrivé à l'aéroport de Mérida Juan Manuel Díaz Rangel un mardi matin vers 7 h 30, après un vol de Caracas de deux heures avec Avior Airlines, j'ai d'abord senti cette odeur caractéristique de pin et d'humidité montagnarde. Même en descendant de l'avion, avant même de franchir la douane, on la respirait. Mérida est à 1 630 mètres d'altitude, et ça change tout. Je m'étais réservé une chambre à l'hôtel Chama, rue 24, face au parc Metropolitano. Vieux bâtiment colonial repeint en jaune, toilettes qui fonctionnaient une fois sur deux, mais le propriétaire, un homme d'une soixantaine d'années nommé Rafael, m'a donné des tuyaux précieux. Il m'a averti tout de suite : «Les distributeurs ne fonctionnent plus. Il faut retirer l'argent avant.» J'aurais dû l'écouter plus tôt. Le premier jour, je me suis retrouvé sans bolivares liquides, mon compte bloqué par les restrictions du gouvernement. Trois heures à appeler ma banque, galère. La première visite qui s'impose : le téléphérique de Mérida, la Teleférico. C'est la plus haute remontée mécanique du monde, 4 765 mètres d'altitude, paraît-il. On part de la Plaza Las Heroínas, au pied de la montagne. Billet d'aller-retour : 160 000 bolivares en décembre 2023, soit environ 2,50 euros au taux du marché noir. Surréaliste. Mais j'ai appris que les tarifs officiels et les vrais tarifs, c'était deux univers parallèles. Le trajet dure deux heures, avec quatre stations intermédiaires. Arrivé au sommet, Espejo de Mérida, la température a chuté de 18 degrés. Veste devenue indispensable. La vue sur les vallées andines ? Nuageuse. Complètement prise par les brumes. J'ai attendu une heure, rien. C'est ça aussi, le Venezuela : les promesses de paysages qu'on ne voit pas. Pour manger, j'ai découvert le merengue au Mercado Principal. Merveilleux pain local fourreau à la noix de coco râpée, vendu par une dame, Doña Mariela, debout derrière un petit étab depuis 6 h du matin jusqu'à midi. 8 000 bolivares pièce. J'en ai acheté deux jours de suite. Le goût sucré, légèrement salé, c'était la saveur centrale de mon séjour. Au restaurant El Obispo, rue 3 entre 21 et 22, j'ai mangé une truite locale à la plancha avec du riz et des plantains pour 120 000 bolivares. Portion énorme. Le serveur, jovial, m'a dit qu'ils recevaient un menu du gouvernement pour plafonnner les prix, mais que tout coûtait double en réalité. Le moment qui m'a vraiment marqué, c'était une nuit au village de Los Nevados. À 4 000 mètres. Petit refuge affilié à la Asociación Andina. J'y suis allé avec un guide du coin, Carlos, que j'ai trouvé via Rafael. Nuit glacée. Thermomètre sous zéro. Et à minuit, Carlos m'a montré Canopus se lever à l'horizon sud. Je n'avais jamais vu une étoile aussi lumineuse, aussi proche. Il m'a dit : «Ici, pas de électricité, pas de pollution lumineuse. C'est pour ça que les gens restent.» On a parlé trois heures, assis dehors avec du café à la braise, son haleine gélée dans la lumière de sa lampe frontale. Il m'a raconté que sa mère avait quitté pour la Colombie trois ans plus tôt. J'ai visité aussi le Jardín Botánico, entrée 50 000 bolivares. Musée petit, un peu en délabrement, mais un hectare de plantes vraiment unique. Un oasis vert au milieu de la crasse du centre-ville. Puis Los Aleros de Mérida, village artisanal à 10 kilomètres au sud, où j'ai regardé des femmes tisser à la main des ponchos de laine selon des motifs indiens. Une pièce se vend 200 euros, même ici. Inabordable pour la plupart des locaux. Le transport ? Bus locaux Unibus, numéro 8 depuis la Plaza Las Heroínas jusqu'à la gare routière. Cahoteux, bruyant, 3 000 bolivares. J'ai pris un autocar Rodovia pour Trujillo, trois heures de route montagne. Chauffeur qui roulait à une seule main, l'autre tenant un téléphone collé à l'oreille. Classique. L'insécurité n'a pas posé de problème direct, mais une tension permanente. On me disait à chaque coin de rue : «Ne sors pas le soir après 20 h.» Du coup, ma vraie vie s'arrêtait à 19 h 30. Frustrant pour un voyageur.

À ne pas rater

Les bons plans repérés sur place.

1

Télérico de Mérida, station Espejo à 4 765 m d'altitude, coucher de soleil quand les nuages permettent

2

Doña Mariela au Mercado Principal : merengue à la noix de coco, 8 000 bolivares, 6 h-midi

3

Refuge Los Nevados, nuit glacée à 4 000 m, guide Carlos, 0° la nuit

4

Restaurant El Obispo rue 3 : truite locale à la plancha, 120 000 bolivares

5

Jardín Botánico, hectare de flore endémique, 50 000 bolivares l'entrée

Album · 8 photos

Photos — Mérida

Mérida et l'Andésien perdu : 14 jours entre téléphérique et pénuries
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Mérida — 8
Conclusion

Et au final.

Mérida m'a offert des instants bruts, loin des circuits touristiques. Le téléphérique ne livre pas ses promesses, les pénuries rendent chaque détail d'organisation compliqué, et l'économie en ruine se voit partout. Mais les gens restent incroyablement doux, et cette nuit aux Nevados m'a rappelé pourquoi les montagnes valent le détour.

En résumé

Avis Mérida : carnet de voyage de 14 jours par thibaultexplo

Destination
Mérida
Pays
Venezuela
Durée
14 jours
Période
décembre · Hiver
Note du voyageur
3/5
Voyageur
@thibaultexplo
L'essentiel

Mérida en bref

Pourquoi choisir Mérida

  • Plus haut téléphérique du monde avec vue sur les Andes vénézuéliennes
  • Observation astronomique exceptionnelle à Los Nevados sans pollution lumineuse
  • Artisanat local authentique : ponchos tissés à la main selon motifs indiens
  • Population locale extraordinairement accueillante et généreuse malgré les difficultés
  • Immersion brute loin des circuits touristiques massifiés et stériles

Pour qui ?

  • Voyageurs en quête d'authenticité et d'expériences hors des sentiers battus
  • Astronomes amateurs et passionnés d'observation stellaire
  • Trekkeurs et alpinistes habitués aux défis logistiques
  • Photographes cherchant des paysages andins bruts et personnages authentiques
  • Explorateurs intéressés par les enjeux géopolitiques et économiques actuels

À éviter si…

  • Vous cherchez le confort hôtelier occidental ou les infrastructures touristiques standards
  • Vous êtes dépendant des distributeurs automatiques ou du paiement électronique fiable
  • Vous avez besoin de sortir après 20 h pour votre bien-être ou vos loisirs
  • Vous attendez des vues panoramiques garanties (brumes nuageuses fréquentes)
À découvrir aussi
Aéroport Juan Manuel Díaz RangelPlaza Las HeroínasTeleférico de MéridaEspejo de MéridaLos NevadosParc MetropolitanoMercado PrincipalJardín Botánico de MéridaLos Aleros de MéridaTrujilloCordillère des AndesAsociación Andina

Photos communautaires : Mérida

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Mérida, Venezuela
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© Carlos Adampol
Iglesia del Carmen
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Merida, Venezuela
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© CPWF Basin Focal Project
Questions fréquentes

FAQ — Mérida

Quel est le meilleur moment pour visiter Mérida ?

Le carnet date de décembre 2023. À Mérida (1 630 m d'altitude), les températures sont fraîches toute l'année, mais les mois de décembre à février offrent moins de précipitations. Les brumes nuageuses restent fréquentes, comme l'a expérimenté l'auteur au sommet du téléphérique, même en saison sèche.

Comment fonctionne la Teleférico de Mérida ?

La remontée mécanique part de Plaza Las Heroínas et atteint 4 765 mètres d'altitude (Espejo de Mérida). Le trajet dure deux heures avec quatre stations intermédiaires. En décembre 2023, un billet aller-retour coûtait 160 000 bolivares (environ 2,50 euros au taux noir). C'est actuellement la plus haute remontée mécanique du monde en continu.

Quels problèmes de sécurité dois-je anticiper à Mérida ?

L'auteur rapporte une tension permanente, avec des avertissements locaux de ne pas sortir après 20 h. Aucun incident direct n'a été relaté, mais cette restriction impose une vie sociale limitée en fin d'après-midi. Les précautions standard de sécurité urbaine s'appliquent.

Quelle est la situation monétaire actuelle à Mérida ?

Les distributeurs automatiques ne fonctionnaient pas en décembre 2023. L'auteur conseille de retirer l'argent avant d'arriver. Les tarifs officiels et les prix réels divergent fortement. Les paiements électroniques sont peu fiables en raison des restrictions gouvernementales.

Que manger à Mérida ? Quels sont les prix ?

Le merengue local (pain à la noix de coco) est une spécialité vendue au Mercado Principal par Doña Mariela à 8 000 bolivares. Au restaurant El Obispo, une truite à la plancha avec riz et plantains coûtait 120 000 bolivares. Les portions sont généreuses, mais l'économie crée des distorsions tarifaires.

Où dormir à Mérida si j'ai un budget limité ?

L'hôtel Chama (rue 24, face au parc Metropolitano) offre un cadre colonial authentique avec chambres modestes. Les installations sont basiques (toilettes peu fiables), mais le propriétaire Rafael fournit des conseils précieux aux voyageurs. D'autres options existent dans le centre historique.

Quel est l'intérêt de visiter Los Nevados ?

Ce village situé à 4 000 mètres d'altitude offre une expérience immersive en haute montagne. Sans électricité ni pollution lumineuse, on y observe les étoiles exceptionnellement nettes, comme Canopus. Un guide local comme Carlos peut enrichir la visite avec des récits authentiques sur la vie andine.

Comment se déplacer entre Mérida et les autres villes ?

Les bus locaux Unibus (numéro 8) partent de Plaza Las Heroínas vers la gare routière pour 3 000 bolivares. Pour les trajets interurbains, la compagnie Rodovia dessert Trujillo en trois heures via les routes de montagne. Les autocars sont chaotiques mais fonctionnels.