Comment ça s'est passé.
Février 2024, on a loué une Renault Clio à Aeroparque Jorge Newbery (Buenos Aires) pour foncer vers l'ouest. Huit heures de route nationale 9, des paysages plats puis montagneux, et l'odeur de la terre sèche qui rentre par la climatisation défaillante. Arrivée à Mendoza en fin d'après-midi, bouffée de chaleur à 38°C. On s'est posé à l'hôtel Park Hyatt Mendoza, avenue Champagnat, vue directe sur la Cordillère des Andes au lever du soleil. Chambre à 180 euros la nuit, c'était notre folie du voyage. Le premier matin, levés à 5 h 30 pour photographier les pics enneigés. La lumière rose sur l'Aconcagua (6 961 m) depuis la terrasse de l'hôtel, même à 200 km de distance, c'était... oui, ça fait de l'effet. Les photos ne rendent pas. On a passé trois jours dans les vignobles. Bodega Catena Zapata, route Panamericana Nord km 33 : dégustation de Malbec millésimé 2019 (290 pesos, soit 0,70 euro le verre). La guide, María, parlait avec passion de terroir, mais parlait vite, avec l'accent de Cuyo très prononcé. On n'a capté que 60 % du discours. Deuxième journée à Bodega La Rural, musée du vin en underground, passage par le village de Maipú. On a mangé empanadas au four (80 pesos les trois) chez une petite dame dans sa cuisine, près du marché de Maipú. Les empanadas fondaient, farce de viande cuites à l'ancienne. Moment marquant : on a voulu rouler jusqu'à Aconcagua National Park, parc à 180 km. Route 7 était fermée sans prévenir à cause de travaux. On s'est retrouvés au milieu de la montagne, GPS en panne, essence à moitié vide, deux autres touristes suédois complètement paniquer dans une Peugeot. On a dû faire demi-tour et perdre quatre heures. Humiliation et stress. À Mendoza même, on a mangé au restaurant Azafrán, calle Garibaldi 140, à deux rues de la Plaza Independencia. Choripán (galette de maïs grillée, saucisse chorizo, oignons marinés) à 95 pesos, asado de tira (côtes de bœuf) à 340 pesos. La viande était tendre, presque fondante. Le vin rouge qu'on a commandé à 150 pesos (un local, pas connu, mais très bon). Les serveurs parlaient fort, se faisaient des blagues en espagnol argentin, cette façon traînante de prononcer les « ll » comme des « ch ». On s'est promené dans le centre, Plaza Independencia (la plus grande place du pays, paraît-il). Parcs de palmiers, un monument aux oubliettes, ambiance tranquille. Les Mendocins nous semblaient plus réservés qu'à Buenos Aires. Moins de bruit, moins de stress. On a pris le café au bar Democracia (calle Arístides, face au parc San Martín) : un café con medialunas (croissants argentins fourrés au dulce de leche, 45 pesos), assis dehors, silence presque complet à 18 h. Température 32°C encore. On a loué des vélos pour trois jours (250 pesos la journée chez Ciclo Tours, rue Mitre). Parcouru les voies piétonnes de Maipú, visité le vignoble Bodega Escorihuela. La route était bordée de saules pleureurs, poussière rouge sous les roues, sueur qui collait à la peau. On était au bord de l'épuisement vers 12 h 30. Pause à une petite pulpería (bar de quartier) : bière Quilmes 473 ml à 65 pesos, cacahuètes salées. Trois jours aussi exploré les thermes de Cacheuta (une heure au sud), eau chaude sulfureuse naturelle. On sentait vraiment le soufre en descendant les marches. Bassin principal à 39°C, eau verte laiteux. Pas glamour mais efficace pour les courbatures. Regrettable : les prix affichés en dollars, puis en pesos quand on demandait. Un restaurant touristique avenue Mitre nous a surfacturé sur les boissons (50 % plus cher qu'annoncé). La connexion Wi-Fi de l'hôtel était intermittente.
Les bons plans repérés sur place.
Bodega Catena Zapata : déguster le Malbec en admirant l'Aconcagua au loin, route Panamericana Nord km 33
Marché de Maipú : manger des empanadas fraîches chez l'habitant, près de la rue Sarmiento
Parc San Martín à Mendoza : promenade en fin d'après-midi quand la chaleur baisse, accès libre
Thermes de Cacheuta : bains sulfureux naturels, une heure de route vers le sud, bassin à 39°C
Route 7 vers Aconcagua : paysage lunaire mais vérifier l'ouverture avant de partir, peut fermer sans préavis
Photos — Mendoza
Et au final.
Mendoza vaut vraiment le détour si on aime les vins et les montagnes. Moins fréquentée que Buenos Aires, plus authentique. Par contre, s'attendre à des routes pas toujours en bon état et à des détours impromptus si on explore en voiture. Le Malbec est un vrai bonus.








