Comment ça s'est passé.
On a posé les valises à Mamoudzou le 3 septembre, après un vol Air Austral de 4h30 depuis La Réunion. L'aéroport de Dzaoudzi est minuscule, piste unique, et on a attendu 45 minutes les bagages dans une salle sans climatisation. Température écrasante, 29 degrés à 15h. Première galère : pas de distributeur ATM en fonctionnement. On a dû emprunter 500 euros en espèces à une autre touriste franco-belge au comptoir du car de location. On s'est installés à l'hôtel Monalysa, rue Mariame Ahoua, à côté du marché central. Chambre simple à 65 euros la nuit, ventilo bruyant mais on ne s'en plaignait pas. Le gérant, Mahmoud, parlait trois langues et connaissait chaque restaurant du quartier. C'était utile. Le matin du 4 septembre, levé à 5h45 pour rejoindre l'embarcadère de Mamoudzou avec Aziz, un guide local rencontré la veille. On a pris le bateau Le Catamaran Bleu (20 euros par personne) jusqu'à l'île de Petite-Terre, 45 minutes de navigation. Le lagon dégageait cette odeur de sel et d'algues, presque poivrée. L'eau était cristalline, température de l'eau entre 26 et 27 degrés. On a vu des tortues vertes, deux requins-citrons à distance. Pas de panique, ils s'en fichaient de nous. À midi, arrêt à Petite-Terre pour manger au seul restaurant du coin, chez Fatima. Salade de crevettes (12 euros), brochettes de poisson à la vanille (18 euros), jus de coco frais tiré d'une noix devant nous (3 euros). Moment marquant : Fatima nous a raconté qu'elle vivait là-bas depuis 1987, qu'elle n'avait quitté l'île que deux fois dans sa vie. Elle nous a montré la photo jaunie de son mari, décédé en 2003. C'était simple, sans apitoiement de sa part. Retour à Mamoudzou vers 17h. On s'est perdus en cherchant le resto recommandé par Mahmoud, Ile Vanille, rue du Vieux Marché. Petite galère : les adresses ne sont pas vraiment numérotées à Mamoudzou. Un homme nous a indiqués par des gestes, finalement on l'a trouvé. Dhal de lentilles à l'indienne (8 euros), rougaille de requin (14 euros), une bière Flag de Mayotte (4 euros). La cuisine sentait les épices, la coriandre écrasée, un peu trop salée mais honnête. Le 5 septembre, excursion vers la plage de N'Gouja à 35 km sud. Bus de ligne Transco n°14 (4 euros) en débordant de gens. Trajet chaotique, arrêts non signalés, macadam défoncé. On a vu la richesse inégale : des villas avec clim et piscine côté lagune, des bidonvilles de tôle de l'autre côté de la route. Plage de N'Gouja : sable blanc, eau tiède. On a loué des palmes et masque auprès d'un petit vendeur ambulant (8 euros pour la journée). Snorkeling pendant 3 heures. Coraux encore vivants, bancs de poissons-perroquets jaunes et bleus, une raie dorée qui glissait sur le sable. Le soir, marché central de Mamoudzou en fin d'après-midi. On a acheté des mangues locales (5 euros le kilo), des papaye (3 euros), de la vanille en gousses de Mayotte (35 euros les trois gousses). L'odeur du marché : épices, fruits trop mûrs, urine de chat. On a goûté des fritters, pâtes frites au sucre vendues par une vieille femme qui ne souriait jamais (50 centimes pièce). Sucré, gras, addictif. Derniers jours consacrés à Koungou au nord, petite ville côtière plus calme. Guesthouse Komba's, 50 euros la nuit, proprio à moitié défoncé mais sympa. Le lagon moins fréquenté. On a discuté avec des créoles qui venaient pêcher à la ligne depuis le rivage. Personne ne parlait d'argent. On a juste partagé du rhum arrangé que quelqu'un avait apporté. En neuf jours, on a appris que Mayotte, c'est pas un resort. C'est inégal, parfois frustrant administrativement, mais les gens ont une vraie générosité.
Les bons plans repérés sur place.
Petite-Terre en bateau Le Catamaran Bleu : tortues vertes et requins-citrons à 50 mètres
Île Vanille, rue du Vieux Marché à Mamoudzou : rougaille de requin qui vaut le détour malgré l'adresse invisible
Plage de N'Gouja au sud : snorkeling gratuit avec les locaux qui pêchaient à la ligne
Marché central de Mamoudzou le soir vers 17h : vanille en gousses à prix réaliste (35 euros les trois)
Guesthouse Komba's à Koungou : petit lagon calme, personne ne vous vendra du rêve
Photos — Mamoudzou
Et au final.
Mayotte nous a impressionnés par son lagon et la chaleur des rencontres. Le seul vrai regret : l'infrastructure routière est délabrée, les trajets prennent deux fois plus de temps que prévu. Et les prix restent élevés pour une destination aussi méconnue. Mais on y reviendrais.








