Comment ça s'est passé.
On a décidé de partir à Mayotte quasi sur un coup de tête, attirés par les photos de lagon. Le vol Air Austral depuis La Réunion coûte environ 180 euros l'aller simple, durée 45 minutes. Arrivée le 15 janvier à 14h30 à l'aéroport de Mamoudzou-Koungou, bien plus petit et désorganisé qu'on l'imaginait. Pas de navette officielle, on a pris un taxi pour 25 euros jusqu'à notre hôtel, l'Hôtel Panorama sur la rue de Verdun, quartier du centre-ville. Chambre sans air-cond-tionnaire en panne et une odeur de moisi persistante. Ça a été notre première déception. Mamoudzou sent l'océan indien, bien sûr, mais aussi le diesel des petits bateaux-navettes et parfois les égouts quand la chaleur monte. Il faisait 31 degrés et 87% d'humidité, insoutenable les trois premiers jours. On a dormi avec la fenêtre grande ouverte malgré les moustiques. Le 16 janvier, on s'est levés à 5h30 pour prendre le bateau-navette vers l'île de Ngazidja. La compagnie Somaport propose des trajets toutes les deux heures pour 8 euros par personne. On a acheté nos tickets au port de Mamoudzou même, bâtiment blanc qui s'appelle le Terminal Maritime. Le lagon lors de la traversée était réellement limpide, mais l'attente sur le quai a été longue, chaotique, avec des gens qui criaient en shimaore. Une femme nous a demandé si on venait pour travailler ou si on était touristes, d'un ton pas vraiment bienveillant. Ça m'a rappelé qu'on débarquait dans un département français avec ses tensions propres, pas une destination « welcome » comme les Maldives. On a mangé à Ngazidja chez Amina Restaurant, petite case jaune près de la plage d'Acoua. Les samoussas coûtaient 3 euros pièce, délicieux, parfum de coriandre et de piment qui restait en bouche. Le riz coco accompagné de poisson à la sauce tomate était correct, 12 euros l'assiette. On s'est baignés dans le lagon après, eau à 28 degrés, le moment où j'ai le plus apprécié le voyage. Pas de touristes, juste nous et des enfants locaux qui jouaient. Retour à Mamoudzou le soir sur le bateau de 17h30. On a essayé d'aller manger au restaurant Le Cristal, rue du Stade. Fermé le dimanche, personne pour nous l'indiquer. On a fini chez Carrefour, le supermarché de Mamoudzou où on a acheté des boîtes de conserve et des fruits (mangues à 4 euros le kilo, abordable). La galère : on s'était trompés de jour de la semaine, on croyait être lundi alors qu'on était dimanche. Malentendu avec l'hôtelier qui nous avait mal dit la date. Les 17 et 18 janvier, nous avons exploré Mamoudzou à pied. Grande mosquée bleue au centre-ville, Marché de Moroni avec des fruits frais et du poisson fumé, odeur très prenante. On s'y est perdus deux fois. L'École Primaire Publique Sada était fermée (visite non autorisée). On a visité le musée Shungu Mindja, petit musée local, 5 euros l'entrée, fermé l'après-midi. Collection de poteries comorienne et d'objets de la vie quotidienne, clair et éducatif mais peu d'informations en français. Un guide était disponible pour 15 euros supplémentaires, on n'a pas pris. Transport à Mamoudzou : les bus n°1 et n°2 coûtaient 2 euros. On en a pris un sans vraiment comprendre où il allait. Le chauffeur parlait shimaore, français avec un accent très marqué. On a descendu au hasard et on s'est retrouvés près du port industriel. Pas dangereux, juste étrange. Le 19 janvier, dernier jour, on a fait la plage de Saziley via un taxi à 20 euros l'aller. Eau très agréable, sable blanc mais couvert de détritus. Goûter de crevettes grillées au bord de la plage chez une femme qui les vendait dans un petit bac : 7 euros pour six crevettes énormes. C'était bon mais on s'est demandé si c'était hygiénique. Aucune maladie par la suite, donc bon. Mayotte reste très cher. On a déboursé environ 900 euros par personne pour 9 jours (vol, hôtel, transports, nourriture). Les ruptures de stock sont fréquentes au supermarché. Les services administratifs sont lents. Mais le lagon, les gens, l'île de Ngazidja valaient le coup.
Les bons plans repérés sur place.
Lagon de Ngazidja (île d'en-face via Somaport) : eau limpide, peu de monde, baignade à 28°C
Plage d'Acoua avec le restaurant Amina : samoussas à 3 euros, ambiance locale sans artifice
Marché de Moroni à Mamoudzou : fruits frais et poisson fumé, vrai chaos marchand
Bateau-navette Terminal Maritime : 8 euros, 30 minutes, traversée qui rappelle qu'on est vraiment en Océan Indien
Musée Shungu Mindja : petit mais honnête, poteries comorienne, 5 euros, fermé l'après-midi (attention aux horaires)
Et au final.
Mayotte, c'est pas la destination de rêve vendue sur Instagram, mais c'est réel. On a adoré le lagon et la paix qu'on a trouvée à Acoua. Par contre, l'infrastructure touristique est limite, les prix sont gonflés et il y a une certaine fatigue locale face aux touristes. À réserver pour les voyageurs patients, pas pour qui cherche du confort ou de la facilité.







