Mamoudzou et les Comores : 10 jours entre lagon turquoise et réalité compliquée
CarnetMayotte202610 jours

Mamoudzou et les Comores : 10 jours entre lagon turquoise et réalité compliquée

On est arrivés à l'aéroport de Mayotte le 14 février à 16h30, avec Corsair International. Décalage horaire zéro, c'est un point positif quand on vient de Paris. Le terminal est petit, vraiment petit : deux guichets, une…

MV
Publié le · mis à jour le
10 jours1 album4/5
Le récit

Comment ça s'est passé.

On est arrivés à l'aéroport de Mayotte le 14 février à 16h30, avec Corsair International. Décalage horaire zéro, c'est un point positif quand on vient de Paris. Le terminal est petit, vraiment petit : deux guichets, une cafétéria qui vend des sandwichs à 8 euros. On s'attendait à une île tropicale idyllique. On a trouvé une réalité plus nuancée, et honnêtement, c'était mieux comme ça. Mamoudzou, capitale administrative, c'est 65 000 habitants, beaucoup de chaos urbain, des routes défoncées, une chaleur étouffante dès 7 heures du matin. On a loué une petite voiture Renault Clio chez Europcar (38 euros la journée, essence à 1,60 euro le litre). Le premier choc : l'odeur de gaz d'échappement mélangée aux poubelles en bord de route. Pas glamour. On a descendu les vitres et on a roulé vers notre hôtel, l'Albizia, situé avenue Fahad, à deux kilomètres du port. Chambre double à 95 euros, petit déj inclus, pas terrible mais propre. Le lendemain, 5h45 du matin, levé pour voir le lever de soleil depuis la plage de Sakouli. L'endroit est à 20 minutes du centre. L'eau était à 27 degrés, le sable blanc, pas grand monde à cette heure. Moment marquant : on a croisé une femme locale qui nettoyait des pieuvres fraîches sur une roche plate. Elle les tapait contre la pierre pour les assouplir avant de les cuire. Elle nous a proposé un café instantané dans une tasse sans anse. On a bu, debout, les pieds dans l'eau. Son sourire valait tous les hôtels cinq étoiles du monde. On a testé la gastronomie locale au marché de Mamoudzou, rue Mohamed-Ali. Samoussa à la viande : 1,20 euro. Riz au safran avec poisson local (un baudroie maigre) : 7 euros dans un petit restaurant de la rue Sada. Le goût très salé, très épicé, les saveurs de l'océan indien mélangées à l'influence indienne et comorienne. On a acheté aussi des bananes plantains au marché : 4 euros le kilo. La vendeuse nous a raconté qu'elle était venue de Anjouan (Comores) avec son fils, neuf ans plus tôt. Visa de résident demandé, refusé trois fois, elle habite légalement grâce à un mariage blanc. Elle le disait sans amertume, comme une simple statistique. La vraie galère : on voulait aller à Île Sainte-Marie en bateau-taxi. Le départ était prévu à 8h du quai Touffet. On s'est pointés à 7h45. Le bateau a quitté à 9h15. L'attente était chaotique, pas de liste de passagers, juste des gens qui criaient des noms. On a cru qu'on partait sans nous. Trajet 45 minutes, 12 euros par personne, l'eau était déchaînée, deux passagers ont vomi. La plage d'Île Sainte-Marie est magnifique mais petite, trop petite. On y est resté deux heures, le temps que le bateau revienne. On a visité le site du Dapani, ancienne mosquée du XVe siècle, à Tsingoni. Entrée libre. L'endroit est fermé, mal entretenu, le site archéologique est juste quelques ruines et une plaque. Pas de guide, pas d'information. On a cherché l'âme historique de Mayotte, on a trouvé de l'indifférence administrative. Mais la vue sur le lagon depuis le promontoire valait le coup. L'Aquarium de Mamoudzou, avenue Fahad, c'est un bâtiment modeste avec des bassins correctement maintenus. Entrée 5 euros. On y a passé une heure, c'était tranquille, vraiment tranquille. Un vieux gars expliquait la faune locale aux trois clients du jour. Les poissons des récifs, les requins dent de scie, les tortues. Il parlait avec une passion tranquille, pas une performance touristique. On a mangé trois fois au restaurant Lagon Bleu, en bord de plage à Mamoudzou. Poisson grillé à 14 euros, salade de fruits de mer à 18 euros, rhum arrangé à 5 euros. La sauce cacahuète était excellente. La terrasse s'effondrait un peu, les chaises étaient bancales, mais on voyait le coucher de soleil et les cargos qui passaient au loin. Transport sur l'île : les bus publics sont inconfortables mais bon marché (1,50 euro le trajet). Pas d'horaires affichés, on vous dit « ça dépend ». Il y a des taxis (5 euros minimum). La plupart des routes sont en mauvais état. On a entendu trois personnes se plaindre du réseau 4G, très inégal selon les zones. Le dernier jour, on s'est assis à la terrasse du Café de France, rue Sada, et on a regardé passer les gens. Beaucoup de jeunesse, beaucoup de pauvreté aussi, des petits hôtels fermés à cause du manque de tourisme post-COVID. L'île souffre vraiment d'un manque de structures. Mais les gens souriaient. C'est étrange de raconter ça.

À ne pas rater

Les bons plans repérés sur place.

1

Plage de Sakouli à l'aube : eau turquoise, quasiment vide, 20 min du centre

2

Marché de Mamoudzou : samoussa à 1,20 euro, croiser les marchands venus des Comores

3

Bateau-taxi vers Île Sainte-Marie : 12 euros, 45 min, départ aléatoire du quai Touffet

4

Restaurant Lagon Bleu : poisson grillé 14 euros avec vue sur le lagon

5

Site du Dapani à Tsingoni : ruines du XVe siècle, vue sur lagon, entrée gratuite mais mal signalé

Album · 7 photos

Photos — Mamoudzou

Mamoudzou et les Comores : 10 jours entre lagon turquoise et réalité compliquée
Mamoudzou — 2
Mamoudzou — 3
Mamoudzou — 4
Mamoudzou — 5
Mamoudzou — 6
Mamoudzou — 7
Conclusion

Et au final.

Mayotte, c'est pas un paradis vacances. C'est une île française avec des problèmes de budget, d'infrastructure, d'intégration sociale. Le lagon vaut le coup, les gens sont généreux, la nourriture est bonne. Mais il faut aimer voyager sans confort excessif et accepter les imperfections. Je recommande pour ceux qui cherchent une expérience brute, pas un décor de carte postale.

En résumé

Avis Mamoudzou : carnet de voyage de 10 jours par marc-voyageur75

Destination
Mamoudzou
Pays
Mayotte
Durée
10 jours
Période
février · Hiver
Note du voyageur
4/5
Voyageur
@marc-voyageur75
L'essentiel

Mamoudzou en bref

Pourquoi choisir Mamoudzou

  • Lagon turquoise avec plages préservées et eau transparente à 27 degrés
  • Gastronomie authentique mêlant influences océan indien, indienne et comorienne
  • Rencontres authentiques avec les habitants, générosité et accueil sincère
  • Prix très abordables pour l'hébergement, la restauration et les activités
  • Paysages marins spectaculaires et sites historiques peu touristiques

Pour qui ?

  • Voyageurs cherchant une expérience brute et authentique
  • Budgetaires et backpackers acceptant le confort basique
  • Photographes de lagon et faune marine côtière
  • Anthropologues et chercheurs intéressés par les cultures métissées
  • Plongeurs en quête de récifs préservés et peu fréquentés

À éviter si…

  • Vous recherchez un hébergement luxueux avec terrasses bien entretenues
  • Vous ne tolérez pas le chaos urbain, les routes défoncées et l'absence d'horaires
  • Vous avez besoin d'infrastructures touristiques standardisées et organisées
  • Vous êtes sensible à la pauvreté visible et aux contrastes socio-économiques
À découvrir aussi
Aéroport de MayottePlage de SakouliÎle Sainte-MarieQuai TouffetSite du Dapani à TsingoniMarché de MamoudzouAquarium de MamoudzouAvenue FahadRue Mohamed-AliRue SadaLagon de MayotteAnjouan (Comores)

Photos communautaires : Mamoudzou

?
Mamoudzou
Mamoudzou
© D-Stanley
Plage de Mayotte
Plage de Mayotte
© *SHERWOOD*
Plage de Mayotte
Plage de Mayotte
© *SHERWOOD*
Plage de Hamouro Mayotte
Plage de Hamouro Mayotte
© *SHERWOOD*
Kiosque à Hamouro
Kiosque à Hamouro
© *SHERWOOD*
Le port de Mamoudzou (Mayotte)
Le port de Mamoudzou (Mayotte)
© dalbera
Dans le Lite Ace
Dans le Lite Ace
© *SHERWOOD*
Mamoudzou City Hall
Mamoudzou City Hall
© D-Stanley
Questions fréquentes

FAQ — Mamoudzou

Quel est le meilleur moment pour visiter Mamoudzou?

L'auteur y est allé en février avec un décalage horaire zéro depuis Paris. Les températures sont chaudes dès 7h du matin et l'eau atteint 27 degrés. Évitez les saisons cycloniques pour plus de sécurité.

Combien coûte un séjour à Mamoudzou?

Compter 95 euros pour une chambre double petit-déj inclus (hôtel Albizia), 38 euros par jour pour une location de voiture, repas locaux entre 1,20 et 18 euros. Le transport en bateau-taxi vers Île Sainte-Marie coûte 12 euros par personne.

Quels sont les transports disponibles sur l'île?

Bus publics à 1,50 euro sans horaires fixes, taxis à partir de 5 euros, location de voiture chez Europcar (38 euros/jour). Les routes sont en mauvais état et le réseau 4G est inégal selon les zones.

Qu'est-ce qu'il y a à faire à Mamoudzou?

Visiter l'Aquarium pour découvrir les requins dent de scie et tortues, se lever tôt à la plage de Sakouli pour les levers de soleil, explorer le marché rue Mohamed-Ali pour la gastronomie locale, visiter le site du Dapani à Tsingoni (ancienne mosquée du XVe siècle).

Est-ce qu'on peut visiter les Comores depuis Mayotte?

Oui, l'auteur a rencontré une femme venue d'Anjouan aux Comores neuf ans auparavant. Les bateau-taxi depuis le quai Touffet partent vers Île Sainte-Marie avec une durée de trajet de 45 minutes.

La gastronomie locale est-elle recommandée?

Oui, avec des samoussa à la viande (1,20 euro), riz au safran avec poisson local (7 euros), poisson grillé (14 euros) et sauce cacahuète excellente. Les saveurs mélangent influences océan indien, indienne et comorienne, goûts très salés et épicés.

Mamoutzou est-il adapté aux vacances de luxe?

Non. C'est une destination pour voyageurs acceptant l'absence de confort excessif, les infrastructures limitées, le chaos urbain et les imperfections. Les hôtels offrent des chambres propres mais basiques, et les installations touristiques sont modestes.