Comment ça s'est passé.
J'ai atterri à l'aéroport Boryspil le 2 février en fin d'après-midi. Le taxi jusqu'à mon hôtel, le Dnipro, m'a coûté 300 hryvnia (environ 8 euros). Le chauffeur écoutait de la musique ukrainienne en boucle, des notes graves qui m'ont rappelé que j'arrivais dans un endroit qu'on ne connaît que par les informations. La température : -3°C, des rafales qui gelaient les narines. Les trois premiers jours ont été consacrés aux musées et aux églises orthodoxes. La cathédrale Sainte-Sophie, avec ses coupoles dorées et ses murs d'un bleu délavé, écrase le visiteur par sa masse. J'y suis allé à 10h30, le lundi, quand il n'y avait personne. Les cierges brûlaient dans le silence, ça sentait l'encens et la cire fondue, c'était étrange. Entrée : 150 hryvnia. Juste à côté, le marché Petrivka, où j'ai acheté du pain noir russe et du fromage bleu local pour 85 hryvnia. Les vendeurs parlaient fort, un chaos organisé d'étals de légumes surgélés et de viande. Une galère en métroLe deuxième jour, j'ai pris le métro. Kyiv possède trois lignes : la rouge, la verte et la bleue. Une carte de 10 trajets coûte 150 hryvnia. Le souci : j'étais censé descendre à Khreshchatyk, la station centrale, mais j'ai dormi dans la rame. Vingt minutes plus loin, je me suis réveillé. Une femme âgée m'a montré du doigt le panneau en cyrillique sans un sourire. Humiliant, mais ça m'a permis de découvrir le quartier de Podil, moins touristique, où les cafés servant le vrai bortsch coûtaient 60 hryvnia le bol. J'ai mangé chez Kanapa, un restaurant où on servait des plats régionaux. Le varenyky – des raviolis remplis de fromage – était délicieux, avec du beurre fondu et de la crème aigre. Environ 180 hryvnia. L'atmosphère était chaleureuse, des murs jaune pâle, des tables en bois massif, des clients qui se parlaient en ukrainien et russe en alternance. Moment marquant : Maidан au coucher de soleilLe cinquième jour, j'ai marché jusqu'à Maïdan Nezalezhnosti, la place de l'Indépendance. C'est là que les révolutions se sont déroulées, où les gens ont occupé les rues pendant des mois. Le 16 février, vers 16h, le soleil descendait sur la place semi-vide, les bâtiments environnants ressemblaient à des carcasses : vitres cassées, façades noircies, des cicatrices visuelles. Des ouvriers nettoyaient les débris. J'ai ressenti de l'oppression, pas de l'émerveillement comme on pouvait le lire dans certains guides touristiques. C'était réel, cru. Je suis allé boire un café chaud au Dibrova Coffee Roastery, rue Khreshchatyk (en face de la station de métro). Un expresso léger : 55 hryvnia. Le barista, un mec de 25 ans environ, m'a parlé en anglais du conflit, de sa famille qui avait quitté Donetsk. Ça a duré une heure. On n'oublie pas ces conversations. Les environsJe suis allé à Pechers'k, le monastère des grottes, le 7 février. Bus numéro 44 depuis le centre : 8 hryvnia le ticket. Le site s'étale sur 30 hectares, des églises enfoncées dans la terre, des passages souterrains où des moines vivent encore en cénobite. Humidité constante, l'odeur de la pierre mouillée et des cierges. Entrée : 100 hryvnia. C'était calme, méditatif, loin du bruit de la ville. Les restaurants du coin ne payent pas de mine, mais j'en ai trouvé un sans enseigne, juste une porte verte, où on mangeait pour 130-200 hryvnia le plat. Roulés de chou, compotes de fruits rouges. L'endroit était froid (chauffage insuffisant), mais correct. Dernier point faible : les taxis. Après 22h, les tarifs doublent. Une course qui m'avait coûté 250 hryvnia en journée m'en a coûté 580 la nuit. J'aurais dû prendre Uber. Les chauffeurs de taxi savent que les touristes ne vérifieront pas le compteur.
Les bons plans repérés sur place.
Cathédrale Sainte-Sophie : monter aux coupoles pour voir la ville, aller avant 11h pour éviter les groupes
Bortsch chez Kanapa, rue Volodymyrska : goûter la version locale, pas le version touristique du centre
Monastère des Grottes (Pechers'k) : prendre le bus 44, compter 2-3h sur place, ne pas négliger la crypte
Marché Petrivka : acheter du fromage bleu local et du pain noir, les prix sont honnêtes contrairement aux étals de Khreshchatyk
Promenade dans Podil en fin d'après-midi : cafés calmes, moins de caméras de surveillance, plus d'ukrainiens que de touristes
Photos — Kyiv
Et au final.
Kyiv ne déçoit pas, mais ce n'est pas une visite de détente. C'est brut, vivant, traversé par l'histoire contemporaine. L'hospitalité est réelle, les prix bas. Ce qui m'a moins plu : le climat glacial persiste, et certains quartiers demeurent dangereux après la tombée de la nuit. À revenir, mais il faudrait un été.








