Comment ça s'est passé.
Nous avons débarqué à Kyiv un mardi gris de novembre, après un vol IFly de trois heures depuis Paris. L'aéroport Boryspil était plus vide que prévu. La navette jaune (Skybus) jusqu'au centre-ville a coûté 80 UAH — environ 2 euros — et le chauffeur écoutait de la musique folk à fond. J'ai ressenti cette ambiance de grande ville post-soviétique dès les premiers kilomètres : immeubles gris, publicités en cyrillique, et cette odeur caractéristique de charbon mélangée à l'essence. Nous avons choisi l'hôtel Threads Boutique près de la place de l'Indépendance (Maïdan Nezalezhnosti) — une bonne décision. La chambre coûtait 1 200 UAH la nuit, petit-déjeuner inclus. Le personnel parlait anglais et nous a conseillé le tramway ligne 1 pour nous déplacer. Kyiv s'explore facilement à pied, mais le réseau de transports publics est compliqué au début. Nous avons pris un carnet de tickets de 10 trajets (110 UAH) qu'on pouvait utiliser dans les tramways, trolleybus et métro. Les premières déceptionsLe premier jour, nous avons voulu visiter la Cathédrale Sainte-Sophie. Les portes ont fermé à 17h pile — nous avons raté de dix minutes. C'était agaçant. Nous avons tourné dans les rues alentour, puis nous nous sommes réfugiés au café Black Coffee (Vul. Volodymyrska, 49) qui servait des cappuccinos décents pour 45 UAH. Le serveur était courtois mais pressé. Il y avait peu de touristes et beaucoup de gens qui travaillaient sur leur ordinateur portable. La deuxième galère : nous avons essayé de prendre un taxi depuis Maïdan vers le musée de la Seconde Guerre mondiale. Le chauffeur Uber a dû attendre 20 minutes au feu rouge (embouteillage sur Kreschatyk) et nous a facturé 95 UAH de plus que prévu. Leçon apprise : les prix affichés au départ ne sont jamais fiables à cause des ralentissements urbains. Les vraies découvertesLe tournant a eu lieu le mercredi matin. Nous avons longé le Dniepr en direction du monastère de Kyiv-Pechersk. En montant les escaliers monumentaux vers les grottes, j'ai senti cette odeur de cire de bougie et d'humidité souterraine qui ne s'oublie pas. Les femmes en noir qui vendaient des cierges à l'entrée parlaient sans sourire. À l'intérieur, le silence était intense — juste le bruit étouffé de nos pas. Un moment fort, malgré le froid humide qui pénétrait les vêtements. La gastronomie locale nous a surpris. Nous avons mangé au restaurant Pid Zamorom (Andreevsky Descent, 21) : borsch pour 55 UAH, varenyky au fromage blanc (65 UAH), et une vodka locale (Nemiroff, 120 UAH la bouteille). Le goût du borsch était riche, aigre, avec des betteraves entières qui cassaient sous la cuillère. L'atmosphère était touristique mais authentique — les murs peints en bleu et jaune, les nappes à carreaux. Le jeudi, nous nous sommes perdus volontairement dans le quartier Podil. Les galeries d'art rue Andriyivsky étaient fermées (beaucoup ferment à 18h). Nous avons trouvé un petit magasin de livres d'occasion (Petrivsky Passage) où une vieille dame vendait des éditions soviétiques en français. Elle nous a parlé pendant 15 minutes du Kyiv d'avant 1990, même si nous ne comprenions que 40 % de ce qu'elle disait. Un moment fragile et humain. Le Musée d'histoire de l'Ukraine (Vul. Hrushevskoho, 4) valait vraiment le coup. Entrée 60 UAH. Les sections sur le 20e siècle étaient documentées avec une densité rare. Aucune langue de bois, juste des faits. Nous avons passé trois heures là-dedans. La plupart des visiteurs étaient des Ukrainiens, pas des touristes. Fin de séjourLes derniers jours ont été plus légers. Nous avons traîné dans les cafés de Maïdan, regardé les gens aller et venir, acheté du pain frais au marché couvert (Tsentralny Rynok). Le pain sentait le levain et le bois brûlé des fours. Les prix affichés en UAH nous semblaient encore bizarres, même après dix jours. Retour à l'aéroport Boryspil en métro (station Dnipro) puis en minibus partagé — 50 UAH avec trois inconnus qui parlaient russe. Un vol UIA à 14h nous a ramenés à Paris.
Les bons plans repérés sur place.
Monastère de Kyiv-Pechersk (puskinia.ua) — les grottes froides et la vue sur le Dniepr depuis les escaliers
Place Maïdan Nezalezhnosti de nuit — les cafés en terrasse restent ouverts tard malgré le froid
Restaurant Pid Zamorom rue Andriyivsky — borsch authentique et vodka Nemiroff, compter 250 UAH pour deux
Tramway ligne 1 jusqu'à Gostynny Dvir — le meilleur moyen pour explorer sans se fatiguer
Marché couvert Tsentralny Rynok (Vul. Putivska) — fruits secs, fromage blanc, pain frais, immersion totale
Photos — Kyiv
Et au final.
Kyiv m'a laissée partagée. La ville a une gravité, une complexité qu'on n'attendait pas. Les gens sont réservés mais jamais malhonnêtes. Moins photogénique que Prague ou Cracovie, moins accessible qu'une capitale d'Europe de l'Ouest. Mais c'est justement ça qui m'a plu. Les tarifs étaient très bas pour nos budgets occidentaux, ce qui facilitait les erreurs sans culpabilité. Je reviendrais, mais pas en novembre.








