Comment ça s'est passé.
On a débarqué à l'aéroport international Tribhuvan de Katmandou un dimanche matin, après un vol avec Nepal Airlines de 13 heures depuis Paris. Dès la sortie, l'odeur caractéristique nous a frappés : mélange de diesel, de poussière rouge et d'encens qui s'échappe des petits temples des rues. On savait déjà qu'on ne serait pas dans un hôtel cinq étoiles. On a réservé la veille le Kathmandu Guest House dans la vieille ville, rue Jaya Bahal, pour 35 euros la nuit avec salle de bain privée. Le premier choc : les escaliers en colimaçon étroits, la chambre minuscule, et surtout le bruit constant de la rue jusqu'à 2 heures du matin. Les klaxons des taxis jaunes semblent ne jamais s'arrêter. Mais franchement, on s'y est habitués après deux nuits. Les premiers jours à KatmandouMercredi, on s'est levés à 7 h pour visiter le temple Swayambhunath. L'ascension des 365 marches a été plus dure que prévu - l'altitude commence déjà à Katmandou (1400 mètres) et on le sentait dans les jambes. En haut, les singes volaient partout, des petits malins qui nous ont chippé un paquet de biscuits dans le sac à dos. Dix minutes après, un singe s'est battu avec un autre exactement à côté de nous. Spectacle pas franchement prévu du guide touristique. Pour le déjeuner, on a trouvé le restaurant New Everest Kitchen en bas de la rue Freak Street. Momos (petits raviolis vapeur) : 150 roupies népalaises (1,20 euro). Dhal bhat (riz et lentilles) : 200 roupies. L'encens brûlait en continu à l'intérieur, si fort qu'on a goûté la fumée dans chaque bouchée. Pas dérangeant finalement, ça a un côté ritualisé. Incident à Durbar SquareJeudi, visite de Durbar Square. On pensait avoir une journée tranquille en observant le palais royal et les temples. Grosse erreur. Un « guide officiel » s'est attaché à nous, promettant des explications détaillées pour une somme « correcte ». On a accepté naïvement. Deux heures plus tard, le bonhomme nous a menés dans sa « boutique de famille » pour acheter des souvenirs, avec des prix majorés de 400 %. On a acheté une petite thangka (peinture religieuse) à 5000 roupies (40 euros) qu'on aurait eu ailleurs pour 2500. Arnaque classique mais efficace. À retenir : refuser poliment les guides qui vous approchent dans la rue. Route vers PokharaSamedi, trajat en bus local vers Pokhara. Bus blanc de la compagnie Shree Nath, ligne principale, 250 roupies (2 euros). Six heures de route sur l'autoroute Tribhuvan avec arrêts réguliers. Le car était blindé de poules en cage, de gens, de marchandises. Une femme allaitait son enfant à côté de nous. À un moment, le chauffeur a dû slalomer entre trois béliers en pleine route. Pas commode comme situation pour fermer les yeux. On est arrivés à Pokhara en fin d'après-midi. On a pris une chambre au Lakeside Boutique Hotel (rue Lakeside, côté lac Phewa) pour 45 euros avec vue sur les montagnes. Depuis la terrasse, on voyait les Annapurnas au loin, coiffées de nuages au coucher de soleil. Moment où on s'est dit qu'on avait bien fait le voyage. Trek partiel et aclimatationDimanche et lundi, on s'est testés avec un petit trek vers Sarangkot (1580 mètres). Levé à 5 h 30 pour le lever de soleil. Froid sec, respiration difficile même pour 1600 mètres. On a croisé des porteurs locaux qui grimpaient avec 50 kilos de marchandise sur le dos sans apparemment transpirer. Humiliant. On a pris un petit-déjeuner chaud au sommet : thé au gingembre frais (chiya) et pain plat (roti) : 120 roupies. Les montagnes émergeaient du brouillard progressivement. Ça vaut vraiment le coup de se lever tôt. Mercredi, première vraie galère liée à l'altitude. Mal de tête pulsatile, nausées. On s'est reposés toute la journée à l'hôtel. On avait vu venir une légende urbaine : « si tu montes trop vite à plus de 3000 mètres, tu vas cramer ». On a eu peur. Finalement, après repos et beaucoup d'eau, ça s'est estompé. Les derniers joursJeudi, on a loué un scooter Bajaj (800 roupies la journée, 6,40 euros) et on a exploré les environs. On s'est arrêtés au temple Tal Barahi, minuscule temple au milieu du lac Phewa, accessible uniquement en bateau. Le silence était impressionnant, seul le bruit des rames. Pas d'arnaque ici, juste des locaux qui pêchaient tranquillement. On a mangé au Hungry Eye Cafe (Lakeside) le dernier soir. Dal soup, omelette, pain naan maison. Prix total : 620 roupies (5 euros). Service lent mais chaleureux, le proprio se souvenait de nous d'une visite précédente. Ça fait du bien, cette reconnaissance mineure.
Les bons plans repérés sur place.
Swayambhunath au lever du soleil (être là avant 7 h pour éviter la foule et les singes affamés)
Petit-déjeuner au sommet de Sarangkot avec thé gingembre frais et vue sur les Annapurnas
Balade en bateau privé jusqu'au temple Tal Barahi sur le lac Phewa (demander à votre hôtel, 800 roupies max)
Restaurant New Everest Kitchen pour les momos vraiment bon marché et authentiques
Trek partiel vers Poon Hill si vous avez le temps (nuit en lodge, vue avant l'aube sur 6 sommets de 6000+ mètres)
Et au final.
Deux semaines intenses, épuisantes parfois (l'altitude, le bruit, les arnaqueurs), mais aussi vraiment touchantes. Les gens qu'on a rencontrés, même avec la barrière de la langue, avaient une patience avec les touristes qu'on trouve rarement ailleurs. Par contre, la pollution à Katmandou m'a déplu franchement : voitures vieilles, bruit incessant, pas assez d'espaces verts. On reviendrait, mais on sauterait les heures touristiques peak.