Comment ça s'est passé.
On a débarqué à l'aéroport international Tribhuvan à 22h30, complètement épuisés après 12h de vol. Le taxi vers l'hôtel Kathmandu Guest House (3500 roupies la nuit, c'était un piège touristique clairement) m'a coûté 800 roupies au lieu des 500 annoncés. Le chauffeur m'a dit qu'il y avait du trafic. Il y avait pas de trafic à 23h. Première leçon népalaise : bien négocier avant de monter. Les premiers jours à Katmandou, j'ai marché sans but dans Thamel. C'est le quartier étudiant, flouze de petits restaurants et de commerces de trekking. L'odeur d'encens mélangée aux gaz d'échappement des motocyclettes me prenait à la gorge. On a mangé au Café Mitra (très bon momos à 150 roupies) où le propriétaire m'a recommandé de visiter le temple de Pashupatinath tôt le matin, avant le flot de touristes. Il avait raison. J'y suis allé à 6h, j'ai entendu les cloches du temple résonner sur les berges du Bagmati, l'air était frais, c'était beaucoup plus calme qu'après 8h. La galère du bus pour PokharaJ'ai pris le bus de nuit avec Greenline (1200 roupies) depuis la gare routière de Pokhara Ghat. Le bus était bondé. Je partage une banquette avec une femme qui transportait des poules vivantes. Les poules criaient toute la nuit. À un moment, le bus s'est arrêté au milieu de nulle part pendant 45 minutes. Panne du moteur ou bouchon sur la route, personne ne m'a expliqué. Arrivée à Pokhara à 7h du matin, avec 90 minutes de retard et un terrible goût de poussière de route en bouche. Pokhara, c'est très différent. La ville s'étend autour d'un lac, le Phewa Lake. On respirait mieux qu'à Katmandou. J'ai pris une chambre chez Lakeside Homestay (2000 roupies), juste face au lac, et le propriétaire vendait aussi du thé au gingembre le matin (60 roupies). C'était mon rituel : me réveiller à 6h30, boire le thé face au lac, et attendre que les Annapurna apparaissent à travers les nuages. Ça ne s'est produit qu'une fois en trois jours. Sinon, c'était du brouillard. Trek et réalités du terrainJe me suis inscrit pour un trek de trois jours vers Poon Hill avec une agence locale (Himalaya Trekking Company). Le guide, Ramesh, m'a dit que ça serait « facile ». Ça ne l'était pas. On a marché 18km le premier jour, dénivelé à la hausse. À midi, à 1800m d'altitude, j'ai eu un violent mal de tête. Ramesh m'a donné du paracétamol et on a ralenti le rythme. La deuxième nuit, on a dormi dans une lodge à Ghorepani à 2750m. Le lit était dur, les draps mouillés d'humidité, la toilette était un trou dans le sol avec une vue sur la vallée. Le repas (dhal bhat, riz, lentilles) coûtait 800 roupies. Le lever de soleil sur Poon Hill à 3210m, à 5h30 du matin, c'était le moment où ça valait vraiment le coup. On voyait l'Himalaya se teinter de rose et d'orange. Pas de photos filtrées qui tiennent la route. Ramesh m'a montré le Dhaulagiri et l'Annapurna avec ses doigts gelés. Il faisait -2°C. On était une vingtaine de trekkers là-haut, des Français, des Allemands, des Australiens. Pas vraiment seul, mais l'instant était intense quand même. Retour à Pokhara avec les jambes molles et une ampoule au pied droit. J'ai mangé du dal makhani au restaurant Aroma Café (400 roupies) et c'était le repas le meilleur de mon séjour. Le beurre, le yaourt, le mélange de épices. Je comprenais pourquoi la cuisine népalaise aimait reprendre les saveurs indiennes mais avec moins de chili. Les derniers joursAvant de repartir, je suis passée au marché de Pokhara, près du Damside. Les fruits (bananes, papayes, mandats à 50-100 roupies le kilo) étaient vendus par des femmes qui criaient les prix en nepali. L'atmosphère était vivante, un peu chaotique. J'ai acheté des cartes postales à des enfants qui tentaient de me vendre des souvenirs. Ils étaient bizarrement bien informés sur les codes postaux français. Le retour à Katmandou en bus de jour (même prix : 1200 roupies) a été plus calme. Pas de poules. J'ai passé ma dernière journée au Durbar Square, le palais royal, à regarder les pigeots et les touristes. L'entrée coûtait 1000 roupies. Les bâtiments datent du 12e siècle mais le séisme de 2015 en a détruit une partie. Les rénovations ne sont pas terminées. On voit l'histoire, mais aussi l'inachevé.
Les bons plans repérés sur place.
Temple de Pashupatinath (Katmandou) : y aller à 6h avant la cohue, porter du respect
Café Mitra (Thamel, Katmandou) : momos à 150 roupies et conseil sincère du proprio
Trek Poon Hill (départ Pokhara) : 3 jours avec lodge locale, lever de soleil à 5h30
Lakeside Homestay (Pokhara) : 2000 roupies, thé au gingembre inclus, face au lac
Marché Damside (Pokhara) : fruits frais et énergie locale, aucun doute sur la fraîcheur
Photos — Katmandou / Pokhara
Et au final.
J'ai adoré le Népal, clairement. Mais c'était pas un voyage parfait. Le tourisme a bouffé pas mal de l'authenticité à Katmandou et Pokhara. Les prix ont gonflé. Le bus était franchement détestable. Cela dit, le trekking et les gens m'ont marquée. Je reviendrais, mais je m'arrêterais moins longtemps en ville.
