Comment ça s'est passé.
On arrive à l'aéroport international de Tribhuvan le 3 novembre à 14h30, et dès qu'on pose le pied dehors, c'est l'odeur qui frappe en premier : mélange de gaz d'échappement, d'encens et de curry qui mijote quelque part. Pas désagréable, juste intense. Le taxi depuis l'aéroport jusqu'à Thamel coûte 800 roupies népalaises (environ 6 euros), et le chauffeur nous explique qu'il vaut mieux éviter certaines rues le soir à cause des travaux routiers. On s'installe à l'Aloha Guest House, rue Thamel, chambre pour 1500 NPR par nuit (11 euros). Pas chic, mais l'accueil est chaleureux et le toit-terrasse donne sur les toits de la vieille ville. Le premier matin, levé à 5h pour rejoindre le temple Pashupatinath au lever du soleil. On traverse la Bagmati River à pied, et là, on croise des singes qui fouillent les poubelles. Pas très « spirituel » comme ambiance, mais c'est la réalité. Le bruit des cloches du temple se répercute sur l'eau, ça résonne bizarrement. Jour 3, on prend le bus local 5 depuis la gare routière de Katmandou direction Pokhara. C'est une galère. Le bus part avec 45 minutes de retard, il n'y a pas de climatisation, et un homme assis à côté de moi vomit dans un sac pendant 90 minutes. Six heures et demie sur une route de montagne sinueuse. Arrive à Pokhara à 17h30, lessivé. Mais bon, c'est 380 NPR le trajet (3 euros). À Pokhara, on loge à la Lakeside Cosy Home, face au lac Phewa. La chambre avec baies vitrées coûte 2000 NPR (15 euros). Le lendemain, on loue des vélos pour explorer la route côtière. Le goût du thé salé au beurre (salt tea) qu'on prend au petit café « Morning Glory » près du lac me plaît pas du tout au début, mais après trois jours, j'en réclame chaque matin. C'est sucré, gras, écœurant. Et pourtant addictif. Le moment vraiment marquant, c'est au temple Barahi Mandir, petit temple au milieu du lac Phewa accessible en bateau. On y va tôt le matin, avant les touristes. Une femme locale nous offre des fleurs pour faire une offrande, sans rien demander. Juste comme ça. On discute pendant 20 minutes, elle nous explique son quotidien, ses trois enfants à l'école. On se sent cons avec nos caméras. Jour 8, on monte au camp de base du Poon Hill avec un guide local qu'on a trouvé au marché de Pokhara. Coût : 3500 NPR pour deux jours (26 euros). On dort à Ghorepani Guest House, une petite maison avec 8 lits. Le soir, il fait 8 degrés, et notre sac de couchage est léger. La nuit est inconfortable. Mais au lever du soleil, depuis Poon Hill à 3210 mètres, on voit l'Himalaya en arrière-plan. Les pics sont violets, puis roses. Pas « magique », non, juste... géométriquement beau. On mange dans une tiny kitchen locale, on paie 800 NPR pour un dal bhat (riz et lentilles) avec un verre de raksi (alcool local). C'est correct. Pas savoureux, mais ça remplit l'estomac. Retour à Katmandou le jour 11. Cette fois, un bus privé avec climatisation, 1200 NPR, 7 heures. On rate une arrête de bus à cause d'un panneau confus, on doit sauter du bus à un feu rouge et appeler la compagnie Yeti Travels pour se faire reprendre 30 km plus loin. C'était une arnaque douce, finalement. Les trois derniers jours, on traîne à Katmandou. On visite la Durbar Square, mais franchement, les tremblements de terre de 2015 ont laissé des traces. Beaucoup de temples en rénovation, des échafaudages en bambou partout. Pas dérangeant, juste moins « intact » qu'on aurait cru. On mange une vraie bonne moussaka népalaise chez Tukche House, rue Freak Street, pour 900 NPR. La sauce tomate a des saveurs fumées, du riche dedans. C'est le meilleur repas du voyage. On y retourne le dernier soir. Les prix globaux : vols low-cost depuis l'Europe autour de 280 euros, chambre moyenne 10-15 euros par nuit, nourriture locale 2-4 euros par repas, guides et entrées temples 5-20 euros par jour. On s'en sort pour 1800 euros à deux, 14 jours complets.
Les bons plans repérés sur place.
Temple Pashupatinath à Katmandou : arriver à 5h30 du matin, apporter une offrande, regarder les rituels funéraires (gratuit, respectable de distance)
Lac Phewa à Pokhara : louer un petit bateau privé (500 NPR/heure) au coucher du soleil, les montagnes se reflètent
Poon Hill au lever du soleil : partir à 4h du lodge Ghorepani, murs en brique crue, vue sur Dhaulagiri depuis le sommet
Marché de Thamel à Katmandou : fruits du dragon, noix de cajou grillées, négocier les prix (première offre x0,5)
Salt tea à Pokhara : essayer au moins une fois, prendre un second verre sans rechigner, c'est un rite
Photos — Katmandou, Pokhara
Et au final.
Le Népal, c'est pas le pays « zen et spirituel » qu'on vend sur Instagram. C'est bruyant, pollué par endroits, chaotique. Mais les gens sont honnêtes, les paysages existent vraiment sans filtre, et on revient changé. Moins par la « magie » que par la friction avec le réel. Mon seul regret : pas assez de temps pour faire un vrai trek d'une semaine.
