Comment ça s'est passé.
Arrivée le 3 novembre à 23h à l'aéroport de Tribhuvan après un vol de 12 heures. La chaleur humide du Népal m'a frappé d'emblée, même à minuit. J'ai pris un taxi blanc avec le chauffeur Raj qui m'a extorqué 800 roupies au lieu des 500 annoncées (première galère), mais il connaissait bien la route vers le quartier de Thamel où j'avais réservé l'hôtel Kathmandu Guesthouse (chambre avec salle commune, 25 euros la nuit). Les premiers jours ont été consacrés à explorer Katmandou à pied. Le matin du 4 novembre, levé à 6h pour visiter la place Durbar avant l'affluence. Les odeurs mélangées de l'encens, des gaz d'échappement des motos et des vendeurs de thé au beurre me restent collées à la peau. J'ai grimpé au temple de Swayambhu à 7h30 : 365 marches sous le soleil montant, les singes voleurs qui rodaient autour de mon sac à dos. Vue sur la vallée entière qui s'éveille. Pas mal. La nourriture a marqué le séjour. Au restaurant « The Pembroke Café » près de Thamel, j'ai mangé un momos vapeur (boulettes tibétaines) pour 150 roupies et un dal bhat (riz lentilles) pour 200 roupies. À la Kathmandu Kitchen, le poulet tikka masala côtait 450 roupies, portion énorme. J'ai aussi goûté la sampa (bouillie d'orge grillée) au marché de Asan – goût amer, texture granuleuse, assez singulier. En revanche, l'eau n'était pas toujours sure malgré les bouteilles scellées : j'ai attrapé une tourista le jour 8 qui m'a forcé à rester à l'hôtel 36 heures. Le bus pour Pokhara : trajet cauchemardesque. Départ à 6h du matin de la gare routière de Sundhara avec la compagnie Greenline (1200 roupies, 7 heures de route annoncées). Le bus était blindé, 55 places pour peut-être 70 passagers, pas de climatisation, des virages à vous faire regretter d'avoir mangé un petit-déjeuner complet. Arrivée à Pokhara à 14h30, trois quarts d'heure de retard. Les chauffeurs himalayens ne plaisantent pas avec les courbes. Pokhara m'a apaisé après ce trajet. J'ai logé à la Lakeside Homestay (double room 20 euros) avec vue sur le lac Phewa depuis le balcon. Levé à 5h le jour 10 pour la sortie au lac : location d'une barque avec rameur local (200 roupies l'heure). L'eau était presque immobile ce matin-là, miroir gris-bleu, et on voyait distinctement l'Annapurna en fond. Le rameur m'a parlé pendant deux heures en anglais cassé des changements climatiques, de la fonte des neiges, de son fils en Australie. Conversation honnête, pas de discours pour touriste. J'ai tenté une randonnée vers Poon Hill le jour 11 : départ à 4h45 de Pokhara en minibus privé (1600 roupies avec deux autres touristes, Allemands). Guide local nommé Pasang, 48 ans, qui fumait des cigarettes Wills tout en montant à 3200 mètres. Lever du soleil sur les Himalayas à 6h15 depuis Poon Hill. Moment véritablement marquant, pas en raison d'une beauté abstraite mais par la sensation physique : froid sec qui pique le nez, jambes molles après 4 heures de montée, sensation de vraiment être loin. Le retour le même jour en 5 heures, les genoux qui criaient. Derniers jours consacrés à la flânerie. Café au « Easy Café » (cappuccino 200 roupies, une version acceptable). J'ai acheté des écharpes au marché de Lakeside pour 400 roupies chacune. Une vendeuse a essayé de m'en refourger 15 autres en insistant que c'était pour mon « fiancée » – prise de tête mineure mais compréhensible. Passage au temple de Bindabasini en fin d'après-midi le jour 13 : escalier raide, petit sanctuaire discret, quelques pèlerins, pas d'affluence touristique. J'ai aimé cette tranquillité. Le dernier soir, dîner au « Moondance Café » avec des voyageurs croisés à l'auberge : bière locale Chang (300 roupies la bouteille), feu de bois dehors, discussion éparse sur les visas et les infections parasitaires. Départ l'aéroport le 17 novembre à 7h. Trajet de 6 heures en bus public (numéro 6 depuis Lakeside à Katmandou), assis à côté d'une femme avec des poules vivantes. Classique, dans le genre.
Les bons plans repérés sur place.
Temple de Swayambhu (Katmandou) : grimper à l'aube pour éviter les groupes, les singes sont calmes tôt
Lac Phewa (Pokhara) : louer une barque le matin avant 7h, lumière douce et calme
Marché d'Asan (Katmandou) : acheter des épices en vrac, goûter la sampa chez un vendeur local, arriver avant 9h
Route de Pokhara : plutôt prendre un minibus privé qu'un bus public, mêmes prix, moins bondé
Poon Hill (3210m) : randonnée faisable en aller-retour depuis Pokhara, engager un guide local pour 1500 roupies (bien moins cher qu'avec les agences de Thamel)
Photos — Katmandou / Pokhara
Et au final.
Le Népal m'a donné exactement ce que je cherchais : une respiration loin des circuits fermés, des gens directs, une nourriture qui sort de l'ordinaire. Mais le chaos routier, la pollution de Katmandou et l'infrastructure touristique parfois basique (eau chaude aléatoire, internet capricieux) m'ont rappelé que ce n'était pas des vacances de rêve, juste un voyage sincère.
