Comment ça s'est passé.
Nous avons atterri à l'aéroport international de Colombo Bandaranaike un mercredi soir à 22 h 15, épuisés et affamés. Le trajet en taxi jusqu'à Kandy a duré 3 heures sur la A7, une route chaotique où les camions chargés de noix de coco nous doublaient à des vitesses folles. Le conducteur, Jayesh, écoutait du rock anglais des années 90 à tue-tête. La température à minuit dépassait encore les 28 °C. Nous avons logé au Olde Empire Hotel, une bâtisse coloniale branlante proche du lac de Kandy. La chambre sentait l'encens et l'humidité. 45 euros la nuit. Le premier matin, levés à 5 h 30 pour assister à la cérémonie des moines au Temple de la Dent Sacrée (Sri Dalada Maligawa). L'air résonnait des cloches en bronze et des chants en pali. Nous avons ôté nos chaussures et marché pieds nus sur le marbre froid. Une expérience qui nous a vraiment secoués, non par l'atmosphère « sacrée » comme dans les guides, mais par la sensation physique brute : 200 moines récitant en unisson, les pieds glacés, la sueur qui coule déjà à 6 h du matin. Le marché de Kandy (Central Market), visité le jeudi matin, s'avère un chaos organisé. Riz parfumé à 2 euros le kilo, poisson frais empilé avec du sel. L'odeur de poisson et d'épices fortes nous a presque asphyxiés. Nous avons acheté des mangues à un vendeur nommé Ravi qui parlait mal l'anglais et nous a facturé 1,50 euro au lieu de 0,80. Une petite arnaque, mais nous l'avons senti arriver à ses sourires trop appuyés. Les mangues étaient délicieuses malgré tout. Mercredi, nous avons pris le train local de Kandy à Nuwara Eliya, ligne A9 (Sri Railways). Départ 7 h 30, arrivée 13 h 15. Six heures de trajet pour 70 km, mais quel spectacle. Les montagnes couvertes de plantations de thé, des femmes qui récoltaient en bleu turquoise sur les collines. Le train roulait à 20 km/h. Pas de climatisation, portes ouvertes. Une petite fille nous a vendu des bracelets en ficelle à 0,50 euro. En arrivant, nous frissonnions : Nuwara Eliya est à 1 900 mètres, température de 12 °C. Choc thermique brutal. Le restaurant Grand Hotel à Nuwara Eliya nous a servi un curry de poule (chicken curry) avec du riz blanc et du coconut sambol pour 8 euros. Le curry était épicé, vraiment. Nos gorges ont brûlé pendant 10 minutes. Pas mauvais, mais nous n'étions pas préparés. L'eau de coco frais servie dans la noix (3 euros) a sauvé la mise. Dimanche, trajets vers Mirissa Beach en mini-van privé (25 euros). Quatre heures de route sud depuis Nuwara Eliya. Nous avons observé des dauphins au loin le lundi matin, tour en bateau à 6 h 30 (20 euros par personne, 3 heures). L'eau était fraîche, presque froide. Nous ne nous attendions pas à ça. Les plages bondées de touristes, vendeurs ambulants, musique reggae des bars de plage. Le restaurant Mirissa Seafood a livré des gambas grillées (prawns) à 12 euros l'assiette. Parfait après deux jours sans vraiment manger. Un moment s'impose : samedi à 18 h, nous étions assis près du lac de Kandy au coucher du soleil. Pas de moment « magique » prémâché, juste nous deux, une femme locale qui vendait des fleurs d'hibiscus, le bruit de l'eau contre les rochers, la lumière orange qui s'évaporait. Simple. Nous avons acheté les fleurs (1 euro) et mangé des beignets à la cacahuète (dosai) d'une femme assise sur un banc. Croustillants, chauds, 0,30 euro les trois. Voilà ce qui nous a marqués, pas une construction touristique. Les galères : le tuk-tuk qui nous a fait faire trois fois le tour de la même rue à Kandy. Le chauffeur prétendait ne pas connaître le chemin. Nous avons payé 5 euros finalement pour 2 km. Un malentendu aussi lors de la réservation d'une chambre à Mirissa : l'hôtel croyait que nous venions le samedi au lieu du dimanche. Ils nous ont mis dans une chambre sans fenêtre la première nuit.
Les bons plans repérés sur place.
Cérémonie à 6 h du matin au Sri Dalada Maligawa (Temple de la Dent Sacrée), Kandy : les moines en saffron, le froid du marbre
Train de montagne Kandy-Nuwara Eliya (ligne A9 Sri Railways) : 6 heures de trajet, portes ouvertes, plantations de thé
Marché Central de Kandy : riz, poisson, mangues, odeur mélangée, vendeurs directs, négociation obligatoire
Baie de Mirissa au lever du soleil (tour en bateau 6 h 30, 20 euros) : dauphins, eau fraîche, 3 heures sans parler
Curry de poule au Grand Hotel Nuwara Eliya : épicé, authentique, 8 euros, eau de coco dans sa noix
Photos — Kandy
Et au final.
Sri Lanka, c'est du concret : des gens qui vivent, des routes étouffantes, des saveurs fortes qui vous brûlent la gorge. Nous avons adoré le système ferroviaire chaotique et les paysages de montagne. Moins apprécié : les arnaqueries récurrentes et l'afflux touristique qui gâche un peu Mirissa. Un pays où il faut rester patient et rigide, mais nous y reviendrons.








