Comment ça s'est passé.
Nous avons atterri à l'aéroport Ben Gourion un mardi matin de juin, avec la chaleur qui tapait déjà fort à 7h30. Le bus direct 420 jusqu'à la gare centrale de Tel-Aviv nous a coûté 16 shekels par personne. Les autoroutes sont fluides mais les panneaux routiers changent constamment entre l'hébreu et l'anglais, ce qui a créé notre première galère : on a raté la sortie pour le centre-ville et on s'est retrouvés à Ramat Gan. Les trois premiers jours, on a logé à l'hôtel Montefiore à Tel-Aviv, rue Montefiore, une petite rue piétonne avec des galeries d'art art déco. La chambre coûtait 140 euros la nuit, claire mais sans grand charme. Le matin du premier jour, on s'est installés au café Café Café sur la promenade de Nordau : un espresso à 12 shekels, un verre de jus de grenate fraîchement pressé à 18 shekels. L'odeur du jus sucré mélangée à celle du sel marin des vagues à côté, c'est resté en tête. La plage de Nordau était bondée vers 10h, on a dû descendre jusqu'à la plage de Hilton pour avoir un peu de tranquillité. La vieille ville de JérusalemMercredi, on a pris un sherut (minibus de transport partagé) de Tel-Aviv à Jérusalem, 25 shekels par personne, un trajet de 45 minutes sans climatisation. Dès l'arrivée à la gare centrale de Jérusalem, la température a chuté de 5 degrés du fait de l'altitude. On s'est perdu en cherchant notre guesthouse dans le quartier allemand : le GPS de mon téléphone s'arrêtait de fonctionner tous les 20 mètres. On a dû demander trois fois notre chemin. La vieille ville, on l'a explorée par la Porte de Jaffa. Les souks ont une odeur de cumin, de sumac et de miel concentrée, étouffante par moments. Au marché Mahane Yehuda, on a acheté des makrout (gâteaux à la semoule fourrés à la pâte de datte) chez un vendeur qui en avait trop et vendait deux pour le prix d'un : 8 shekels. On a aussi pris des falafel chez Abu Shukri, rue Souk Al-Bazaar, le meilleur du quartier selon presque tous les guides - 3 boules pour 15 shekels, avec un houmous à côté à 12 shekels. Honnêtement, c'était bon mais pas révolutionnaire. Le jeudi matin, on s'est levés à 4h45 pour voir le lever de soleil sur le Dôme du Rocher depuis le Mont des Oliviers. C'était vide à cette heure, juste quelques touristes allemands et nous. Le moment où la lumière rose-orange a touché la mosquée dorée, on n'a pas besoin de superlatifs pour dire que ça valait le coup de se lever tôt. On a attendu que le soleil monte et on a descendu le chemin des Palmiers en croisant des vendeurs de souvenirs qui dormaient encore. On a visité le Mur occidental : on a dû passer par un portique de sécurité très strict. Les femmes et les hommes n'accèdent pas à la même section. Le bruit des prières, c'est quelque chose de singulier, une sorte de bourdonnement grave qui remplit l'esplanade. On a aussi marché le long des murailles, d'abord enthousiastes, puis franchement épuisés après 2h : les pavés sont inégaux, la chaleur revenait, et les panneaux touristiques expliquent les mêmes points d'intérêt cinq fois. Contrastes et galèresLe vendredi, on est allés au marché Mahane Yehuda en fin de matinée. C'était le jour avant Shabbat, tout le monde courait partout pour faire ses courses. On s'est fait doubler par une grand-mère avec trois sacs de courses à la fois. Une femme nous a vendu de la soupe de poisson qu'elle affirmait être « traditionnelle depuis 40 ans », 35 shekels le bol : c'était correct mais trop salé. On a aussi goûté du sabich (sandwich à l'aubergine) chez Sabich Ba'mezonit, rue Jaffa - 25 shekels, croustillant, avec une sauce tahini généreuse. Notre deuxième problème : on avait prévu de visiter Bethléem le samedi. Mais on a découvert le vendredi soir que les taxis n'y allaient pas directement pendant Shabbat et qu'il n'y avait pas de bus. On a dû prendre un taxi partagé hors de la vieille ville, ce qui nous a coûté 60 shekels de plus que prévu. Le mur de séparation qu'on doit franchir, on ne l'avait pas mesuré : il est gris, très haut, avec du barbelé. C'était pesant à traverser, même juste en tant que touriste de passage. Bethléem elle-même, l'Église de la Nativité, c'est bondé de groupes de touristes. On a dû attendre 30 minutes juste pour entrer, et une fois dedans, on voyait à peine la grotte à cause des gens. On a fait demi-tour et on a déambulé dans les rues plus calmes. Un restaurant familial, Afteem, nous a servi un mansaf (plat palestinien à base de viande et de yaourt) pour 45 shekels. C'était sucré et riche, un plat lourd à midi avec la chaleur. Dimanche et lundi, on a traîné à Tel-Aviv. Le bar Barbie à Florentine (le quartier artiste) avait une vraie ambiance : bruit des conversations en hébreu, anglais et français mélangés, bière locale Goldstar à 25 shekels. On a mangé du shawarma chez Habima sur la rue homonyme : 28 shekels pour une enveloppe géante de viande marinée avec salade et sauce, on n'a pas fini.
Les bons plans repérés sur place.
Le lever de soleil au Mont des Oliviers vers 5h : arriver quand les vendeurs dorment, compter 2 euros pour entrer, apporter de l'eau
Le marché Mahane Yehuda vendredi matin avant Shabbat : chaos organisé, goûter les makrout chez le vendeur qui les donne par deux
Abu Shukri pour le falafel et houmous rue Souk Al-Bazaar : queue de 10 minutes minimum, arriver avant 12h
La plage de Hilton à Tel-Aviv : eau à 26°C en juin, moins bondée que Nordau, parasols privés à 40 shekels pour la journée
Le sherut entre Tel-Aviv et Jérusalem : 25 shekels, 45 min, sans climatisation mais moins cher que le taxi
Photos — Jérusalem / Tel-Aviv
Et au final.
Jérusalem offre des moments intenses et des paysages qu'on comprend mieux une fois sur place. Tel-Aviv est vivante et agréable à arpenter. Ce qui nous a moins plu : la chaleur extrême en juin, le coût de la vie plus élevé qu'attendu, et le poids émotionnel de certains murs et séparations qui rappellent les tensions. À refaire, on irait plutôt en avril.
