Comment ça s'est passé.
On a atterri à Managua vers 22 h, le vol Iberia était en retard de trois heures. L'aéroport Augusto Sandino était bondé, l'air climatisé cassé, et on suait à grosses gouttes en attendant nos valises. Un chauffeur de taxi nous a proposé 35 dollars pour Granada, à 45 km de là. On a négocié à 25, ce qui était déjà trop cher, mais on était trop crévés pour argumenter. Le trajet a pris deux heures sur la Panamericana, route défoncée, pleins phares de camions en face. Granada nous a surpris. La ville coloniale, c'est vrai, mais pas comme on l'imaginait. Les façades jaunes et roses de la Calle La Calzada étaient magnifiques à 8 h du matin, quand on a pris nos premiers cafés au Gran Café Rivas (un cortado à 1,50 dollar). Mais après quatre jours, les mêmes vendeurs de souvenirs, les mêmes restaurants pour touristes, les mêmes tuk-tuks crasseux qui te klaxonnent – ça lasse. On a trouvé un endroit moins connu, El Mercado Central, où les Nicaraguayens faisaient leurs courses réelles. L'odeur des fruits pourris mélangés aux tortillas fraîches grillées était prenante. Une femme nous a vendu des mangues à 0,70 dollar le kilo, et elles dégoulinaient de jus sucré, c'était presque trop bon. Les îles, le vrai momentOn a pris un bateau le quatrième jour, au embarcadero municipal vers 10 h. La compagnie s'appelle Nicaragua Water Tours, 15 dollars par personne aller-retour pour Ometepe Island. Le bateau était un vieux truc blanc avec des chaises en plastique, environ 40 passagers entassés. Le trajet a duré 90 minutes sur le Lago Cocibolca – on l'appelle aussi le Lac Nicaragua – et on a vu des iguanas verts sur les branches basses, des pélicans plongeant dans l'eau cristalline. À Ometepe, on a loué des vélos auprès d'une hostal appelée La Hacienda à 8 dollars la journée les deux. On voulait faire le tour de l'île, mais après trois heures et 20 km, on a craqué. La chaleur était écrasante, pas un souffle d'air, et on avait oublié notre eau à l'auberge. On s'est arrêtés dans un petit pueblo, Altagracia, dans une tienda qui vendait de l'eau gazéifiée Cristal à 0,40 dollar. La patronne nous a préparé des quesadillas avec du fromage blanc et des épices – simple, mais on a vidé notre assiette en deux minutes. C'est là qu'on a vraiment senti le Nicaragua : loin des tour-opérateurs, juste des gens qui bossent, qui vendent, qui vivent. Retour à Granada et galèresOn est revenus à Granada le soir, mais la connexion bus était naze. On a attendu 45 minutes au terminus sur la Calle Atravesada. Le bus de la compagnie Nica Bus était supposé arriver à 17 h 30, il est arrivé à 18 h 45. À l'intérieur, l'air climatisé soufflait du froid excessif, on grelottait en sueur. Un mec voulait absolument nous vendre des bracelets en chemin. On a dit non fermement, mais il a insisté trois fois. C'était lourd. Pour la bouffe, on a testé trois restaurants. Le Zaguan au cœur du centro historico faisait un plat de poisson blanc grillé (fresh snapper) à 12 dollars avec riz et salade – excellent. El Club, plus touristique, servait des cocktails mojitos à 5 dollars, mais avec du rhum bas de gamme. On a découvert un petit comedor fréquenté uniquement par des locaux, près du marché, où une señora servait un gallo pinto (riz et haricots) avec un œuf frit et un café pour 1,75 dollar. C'était le meilleur petit-déjeuner de notre séjour. On a aussi visité le Convento San Francisco, un monastère du 16ème siècle convertie en musée, 4 dollars l'entrée. Les cloîtres intérieurs étaient tranquilles, les pierres usées par cinq siècles, mais il n'y avait aucune explication en français ou en anglais, juste des panneaux en espagnol minuscule. Frustrant. On a passé 30 minutes à errer avant de partir. Derniers joursLes deux derniers jours, on a pris un tour en kayak sur les Isletas avec Kayak Tours Granada (35 dollars par personne, 3 heures). C'était surpeuglé – on était 12 touristes en quatre kayaks. Un mec de Bordeaux dans notre groupe a renversé son kayak en essayant de prendre une photo. Froid salé partout, deux téléphones HS. Mais après, on a eu une vue dingue sur la Catedral Metropolitana depuis l'eau, ses dômes jaunes se reflétaient dans le lac. On a vu aussi des iguanas rouges, des hérons blancs. L'eau était turquoise presque tropicale à cet endroit-là. Pour partir, on a pris le bus Nica Bus direct Granada-Managua le dernier jour à 6 h du matin au terminal. Ticket 5 dollars, trajet 1 h 30. On avait appris notre leçon : on a pris deux bouteilles d'eau et des snacks locaux avant de partir.
Les bons plans repérés sur place.
Ometepe Island – faire le tour en vélo ou à pied, s'arrêter au village d'Altagracia pour goûter les quesadillas locales
Le Convento San Francisco – entrer pour le calme des cloîtres, même si c'est peu explicité
El Mercado Central de Granada – acheter des fruits frais le matin, c'est où les gens du coin font leurs courses
Kayak tour sur les Isletas – voir la cathédrale depuis l'eau, observer les iguanas rouges
Petit-déjeuner au comedor près du marché – gallo pinto et café pour moins de 2 dollars, service authentique
Photos — Granada
Et au final.
Granada vaut le coup pour quatre ou cinq jours, pas plus. La ville coloniale est belle, les îles du lac offrent de vrais moments de calme. Mais c'est devenu touristique au point que les vrais prix nicaraguayens disparaissent. On aurait aimé avoir plus de temps pour explorer les villages autour du lac, loin des circuits balisés.








