Comment ça s'est passé.
Arrivée à l'aéroport Augusto C. Sandino de Managua à 14 h 30. Chaos prévisible : pas d'eau chaude à la douane, une file d'attente de 45 minutes, et un douanier qui demande pourquoi on photographie le drapeau nicaraguayen. On a pris un shuttle privé avec une agence locale (350 córdobas, environ 10 euros) plutôt que le bus public ligne 118 qui aurait pris 3 heures. Bonne décision. Granada, c'est d'abord un choc olfactif : mélange de gaz d'échappement des motos Bajaj surpeuplées, de fleurs de bougainvillée violette qui tapissent chaque ruelle, et d'une chaleur qui colle même à 6 h du matin. On a loué une chambre à l'hôtel Merida Colonial (la chambre numéro 8, avec le ventilateur qui faisait un bruit de perceuse) pour 65 dollars la nuit. Petit-déjeuner chez Café Mirador à 7 h : café noir épais, gallopinto (riz-haricots noirs) avec œufs, mangue fraîche pour 110 córdobas. Goût sucré étrange du café local, presque savonneux. C'est devenu mon rituel les jours suivants. Le Lac et les îles ZapateraJour 3, excursion en bateau avec Nicotur Tours. Départ à 6 h 45 du quai principal (près de la cathédrale). Quarante-cinq minutes sur l'eau gris-vert du lac Nicaragua, surpeuplé de touristes polonais. Arrêt à l'isla Zapatera : balade entre ruines pré-colombiennes, mouches noires mordantes, et un guide qui parlait trop vite en anglais approximatif. Moment marquant : en revenant, notre bateau a eu une panne moteur. Trente minutes de flottaison sous un soleil à 35°C, transpirant à travers ma chemise. Les autres passagers paniquaient. On a rigolé nerveusement. Ils ont réparé avec un morceau de fil de fer. Prix : 35 dollars. Pas remboursé. Les galères quotidiennesOn a essayé le marché central de Granada un matin. Tentatives d'arnaque évidentes : femme qui demandait 400 córdobas pour une papaye qui en valait 80. Les cris, les odeurs de poisson frais et de chili fort mélanges, les vendeurs qui te suivaient partout. On a acheté quand même des fruits chez une vendeuse sympathique, Rita, près de la fontaine centrale. Ses fraises locales (grosellas) à 120 córdobas le kilo, acidulées, vivifiantes après trois jours d'eau chlorée. Repas au restaurant La Esperanza le soir : filet de tilapia du lac (285 córdobas), riz blanc, salade iceberg sans saveur. Bière Victoria locale, bien froide. Service lent, mais les proprios, Carlos et sa femme, discutaient avec nous jusqu'à 22 h. Masaya et son marché infernalJour 6, on a pris un bus local ligne 24 (départ à 9 h du terminal Granada, 28 córdobas par personne). Quarante minutes cahotiques, assis à côté d'une femme avec trois poules vivantes. Masaya : volcanisme, marché folklorique saturé de souvenirs en plastique. La Laguna de Masaya fume pour de vrai, odeur souffrée acre qui prend à la gorge. Guide touristique payant (20 dollars) qui nous montrait des pierres ponce et racontait l'histoire géologique. C'était instructif mais claustrophobe : trop de visiteurs, trop peu de ventilation au sommet du cratère. Lunch au café Masaya's (près du parc central) : quesadilla au fromage frais (80 córdobas), goyave en jus frais, sucre de canne qu'on sentait fondre dans la bouche. Retour en bus à 16 h, fatigué mais moins arnaqué que la veille. San Juan del Sur et l'Océan PacifiqueJour 9, transfer en minibus privé (100 dollars pour deux personnes) jusqu'à San Juan del Sur, 2 heures 30 de route sinueuse. Côte sauvage, plages de sable noir, quelques hôtels de routards. On a pris une cabane au Selina (chambre partagée : 35 dollars, mais avec piscine et communauté de backpackers). Le surnom était mérité : 18 nationalités différentes au bar du soir. Repas au Gilded Iguana : fresh catch (poisson du jour) avec mangue et sauce soja, 220 córdobas. Goût épicé, texture parfaite. Coucher de soleil à 17 h 45. On est restés sur la plage, pieds dans l'eau du Pacifique encore chaude, jusqu'à ce que le sable devienne trop frais pour marcher pieds nus. Moment plus tranquille, plus vrai que tout le circuit touristique d'avant. Retour à la réalité managüenneDernier jour : bus international Ticabus (4 heures, 50 dollars) retour à Managua, puis avion. Escale à San José. Pas de grosses surprises.
Les bons plans repérés sur place.
Cathédrale de Granada (jaune colonial, vue du clocher à 18 h pour le coucher de soleil)
Laguna de Masaya avec son panache de soufre visible depuis la route
Filet de tilapia frais à La Esperanza pour 285 córdobas, mangez-le avec bière Victoria
Bus locale ligne 24 jusqu'à Masaya (28 córdobas, vraie vie locale)
Plage noire de San Juan del Sur, coucher de soleil sans WiFi ni touristes en groupe
Photos — Granada
Et au final.
Le Nicaragua, c'est authentique mais brouillon. Granada mérite ses trois jours, Masaya est surfait, et San Juan del Sur sauve le voyage. J'aurais aimé moins de gaz d'échappement et plus de routes décentes, mais on regrette rien.








