Comment ça s'est passé.
Nous avons quitté Managua à 6h30 du matin en minibus Transnica (ligne directe, 45 córdobas par personne, soit environ 1,30 €). Dix-neuf passagers entassés, un poulet en cage sous les sièges, la climatisation qui ne fonctionnait que par à-coups. Arrivée à Granada vers 11h, trempés de sueur. Première déception : notre hôtel réservé sur Booking, le Colonial Granada Inn, nous a surclassés dans une chambre « avec vue » qui donnait surtout sur un toit plat et des fils électriques. Le gérant, Oscar, ne parlait que l'espagnol, ce qui a compliqué les choses. Mais Granada elle-même m'a happée dès qu'on a posé les pieds sur la calle Real. Les maisons pastel jaune safran et rose poudré datent du XVIe siècle. L'odeur de poussière mélangée aux échappements des tuktuk était quasi suffocante à midi. Nous avons mangé au Café Istmo (plat de gallo pinto avec fromage blanc local : 180 córdobas, 5 euros), assis dehors sous un auvent blanc. Le café était servi dans une tasse ébrêchée, le jus d'orange frais pressé sous nos yeux. Les îles du lac : ce qu'on ne voit pas dans les photosMercredi, excursion aux îles du lac Nicaragua (archipel des Isletas). Nous avons pris un bateau depuis le quai municipal à 8h du matin. Le capitaine Jesús, un homme d'environ soixante ans avec un sourire cassé, nous a promis des singes hurleurs et des crocodiles. Trois heures de visite en fibre de verre qui cognait chaque vague. La température était suffocante, 34°C sans ombre. Le bruit du moteur diesel nous a fait mal aux oreilles pendant le retour. Moment difficile : sur l'île Gitano, où nous nous sommes arrêtés, un gamin d'environ douze ans nous a proposé une « bière fraîche » à 300 córdobas. Une fois ouvert, le prix s'est révélé être du pur vol : 800 córdobas facturés. Pas de quittance, évidemment. Après un échange tendu en mauvais espagnol, nous avons payé 500 et quitté les lieux. Ça nous a mis en rogne, honnêtement. Le soir, au restaurant Colonial sur la calle Real, nous avons commandé du vivaneau (dorado) grillé accompagné de riz et salade : 320 córdobas (9 euros). C'était juteux, la viande se détachait des arêtes sans effort. Le vin blanc des résidus du verre précédent donnait un goût métallique. Marché Mercado San Juan et petits matinsJeudi matin, levée à 5h45 pour explorer le Mercado San Juan avant l'affluence. Odeur envahissante de coriandre fraîche, tomates fermentées, fleurs d'hibiscus roses et rouges vendues par brassées. Les vendeuses parlaient un espagnol rapide, difficile à suivre. Un jus de grenade fraîchement pressé coûtait 80 córdobas. Nous avons acheté des bananes plantain frites à une petit-mère qui gardait un fourneau à bois depuis trente-sept ans (elle nous l'a dit). Le samedi, panne d'électricité dans tout le centre-ville entre 14h et 18h. L'hôtel n'avait pas de groupe électrogène. Nous avons erré dans les rues, cherché un café ouvert. La plupart des commerçants fermaient les portes en métal, rendant l'atmosphère oppressante. Musée et fatigueLe Convento de San Francisco (musée des murs : 100 córdobas) ferme à 17h. Nous y sommes arrivés à 16h45. L'employée à la réception a accepté, bon cœur, de nous laisser quinze minutes. Les vitraux du cloître, restaurés il y a trois ans, avaient encore des cicatrices de rouille. Les statues du XVIIIe siècle dégageaient une odeur de moisi profond. Transport de retour à Managua : nous avons pris un bus Tica Bus (compagnie du Costa Rica) à 14h. Trajet de quatre heures, climatisation excessive, sièges à ressorts morts. Une fille de treize ans en face de nous a vomi dans un sac en papier vers 16h. L'aéroport de Managua Augusto C. Sandino était chaotique, files d'attente sans signalisation.
Les bons plans repérés sur place.
Café Istmo sur la calle Real : gallo pinto maison et jus frais pressé, levé avant 8h
Mercado San Juan le matin (avant 9h) pour les fruits et le jus de grenade
Îles du Nicaraguan Lake avec le capitaine Jesús : trois heures, attention aux prix affichés après coup
Convento de San Francisco pour les vitraux du cloître, fermeture à 17h pile
Minibus Transnica pour Managua : réserver à la gare, 45 córdobas, départ matinal indispensable
Photos — Granada
Et au final.
Granada vaut le détour pour ses façades coloniales et son rhythm de vie lent, mais les transports sont une vraie galère et la marge commerciale sur les touristes est bien réelle. Le Nicaragua offre une authenticité qu'on ne retrouve pas au Costa Rica voisin, mais pas sans friction.








