Granada et les îles de Solentiname : 10 jours entre colonialisme espagnol et nature chaotique
CarnetNicaragua202610 jours

Granada et les îles de Solentiname : 10 jours entre colonialisme espagnol et nature chaotique

Nous arrivons à Managua vers 17 h, complètement crevés après un vol avec Avianca via San Salvador. À la sortie de l'aéroport Augusto C. Sandino, les taxis non homologués tournent autour comme des requins. On refuse les…

MA
Publié le · mis à jour le
10 jours1 album4/5
Le récit

Comment ça s'est passé.

Nous arrivons à Managua vers 17 h, complètement crevés après un vol avec Avianca via San Salvador. À la sortie de l'aéroport Augusto C. Sandino, les taxis non homologués tournent autour comme des requins. On refuse les trois premiers, on finit par accepter un ancien Toyota jaune pour 30 dollars jusqu'à Granada. Le chauffeur, Diego, parle espagnol rapide et nous ignore royalement pendant une heure. Granada nous frappe d'emblée : la Calle Xalteva sent le diesel, les fleurs de bougainvillées et cette odeur de charbon brûlé qu'on trouve partout en Amérique centrale. Les façades coloniales sont vraies, criblées de balcons en bois pourri, certains peints en rose bonbon, d'autres en turquoise écaillé. Nous descendons à l'hôtel Colonial, une maison du XVIe siècle reconvertie avec des courettes intérieures. La douche est glaciale le premier jour (problème de tuyauterie, pas eau chaude avant mercredi), et la clim marche seulement le soir. Premiers jours à GranadaLe marché central, Mercado Municipal de Granada, ouvre à 6 h. Levés à 5 h 45 pour voir les femmes vendeurs installer leurs étals, on s'effondre complètement devant les montagnes de tomates et de piments rouges encore couverts de rosée. Le bruit est assourdissant : les vendeuses crient leurs prix, les moto-taxis klaxonnent dehors, les enfants qui ramassent les fruits tombés parlent fort. On achète des goyaves à 0,50 dollars la livre, et le jus frais du Café Oro, rue Granada, 2 dollars. C'est aigre, sucré et addictif. Mercredi, visite de la Cathédrale Metropolitana (entrée libre, mais la femme à l'accueil attend une donation de 2 dollars). À l'intérieur, l'acoustique est froide, les vitraux sont modernes et sans âme, déjà nettoyés plusieurs fois après l'ouragan Otto de 2016. Rien d'exceptionnel. Par contre, le cloître des Franciscanos est magnifique, couvert de mouche, et le père Miguel nous explique le saccage des années 1980 avec une certaine résignation. L'archipel de Solentiname : le moment où tout basculeSamedi matin, minibus local pour San Carlos (trajet 5 heures, 10 dollars, bus bleu Transportes San Carlos numéro 23). On croise une poule vivante dans le bus, et une femme qui vend des croquettes de maïs encore chaudes au dernier arrêt. À San Carlos, l'embarcadère est chaos total : trois bateaux partent vers Solentiname, mais sans horaire affiché. On attend 2 h 30 avec cinquante paysans, leurs poules, des sacs de riz. Le bateau part enfin vers 14 h 30, moteur diesel, odeur âcre qui vous traverse les poumons. Le Lago de Nicaragua est imense, presque oppressant. On arrive à Isla Mancarrón vers 17 h. L'île est minuscule, peut-être 2 km². On loge chez Manuel, une chambre avec deux lits, eau froide, 20 dollars par nuit, petit-déj inclus. Manuel prépare un gallo pinto le dimanche matin (riz, haricots noirs, œufs, oignons), mangé sur sa vérandah avec vue sur l'île voisine. Nous parlons trois heures. Il nous raconte les années 80, la Révolution, comment son frère a été mobilisé, comment il s'est caché trois mois dans une grotte du volcan Maderas. Il boit un café dans un bol (pas de tasse), fumé les cigarettes d'une main tremblante. C'est le moment où on réalise qu'on traîne dans l'après-guerre, pas dans un musée à ciel ouvert. On visite la petite église d'Isla Mancarrón lundi matin. Peintures murales faites par des enfants du coin dans les années 1980 (projet Ernesto Cardenal). Fresques colorées mais naïves. L'église est ouverte, vide, des chauves-souris virevoltent au-dessus de l'autel. On entend juste l'eau lécher les rochers dehors. Retour et galères administrativesMardi, nous voulons repartir. Manuel dit que le bateau « peut-être » part à 10 h. Finalement 13 h 30. On s'assoit sur des sacs de ciment, transpire à grosses gouttes (32 °C, humidité écrasante). Une autre famille avec trois enfants attend aussi. Quand le bateau arrive, c'est trois heures de moteur sans sièges confortables. Arrivée à San Carlos, plus aucun minibus pour Granada ce jour-là. On doit prendre une chambre au Hospedaje San Carlos (35 dollars pour une boîte sale) et attendre mercredi matin. Le mercredi, bus de retour. Diego, notre premier chauffeur, est aussi au volant cette fois. Il se souvient de nous, rit, nous vend du café froid qui goûte le plastique bouilli. Masaya et pêche à la ligneJeudi, on prend un autobus pour Masaya (ligne 101 depuis Granada, 5 dollars, 45 minutes). Le Marché d'Artisanat de Masaya est un piège à touristes complet : les prix affichés sont trois fois trop chers, mais après négociation (tactique : partir, revenir une heure après), on achète un hamac pour 18 dollars. Le volcan Masaya, visible depuis la route, fume doucement. On n'y va pas (prix d'entrée trop cher, 10 dollars, et guides qui harcelaient sur internet). Vendredi, pêche à la ligne sur le Lago de Granada avec don Roberto, un pêcheur de 62 ans. On ne prend rien. Quatre heures sur l'eau, chaleur étouffante, bière Toña tiède. Roberto fume et parle en regardant l'horizon. Perte de temps agréable.

À ne pas rater

Les bons plans repérés sur place.

1

Marché Municipal de Granada en début de matin (avant 7 h) pour le jus de goyave frais du Café Oro

2

Cloître des Franciscanos (calle Real, gratuit avec donation) pour l'acoustique et la vue sur la baie

3

Café Mancarrón chez Manuel sur Isla Mancarrón : gallo pinto et histoires de guerre (prévoir cash)

4

Volcan Masaya visible depuis la route Managua-Granada, visible mais pas exploré par nous

5

Route en minibus local (ligne 101) pour sentir le Nicaragua ordinaire sans touristes, 45 min depuis Granada

Album · 6 photos

Photos — Granada

Granada et les îles de Solentiname : 10 jours entre colonialisme espagnol et nature chaotique
Granada — 2
Granada — 3
Granada — 4
Granada — 5
Granada — 6
Conclusion

Et au final.

Granada vaut le coup, surtout pour les galères qui forgent les souvenirs. Solentiname change la perspective : c'est moins touriste, plus vrai, mais c'est fatigant. Les gens sont généralement sympathiques, la nourriture est basique (beaucoup de riz blanc et de poulet frit), et il faut accepter que rien ne soit à l'heure. Ce qu'on a moins aimé : la chaleur sans climatisation et les prix qui grimpent exponentiellement quand on s'écarte des routes principales.

En résumé

Avis Granada : carnet de voyage de 10 jours par marcellenice78

Destination
Granada
Pays
Nicaragua
Durée
10 jours
Période
septembre · Automne
Note du voyageur
4/5
Voyageur
@marcellenice78
L'essentiel

Granada en bref

Pourquoi choisir Granada

  • Façades coloniales authentiques du XVIe siècle dans un cadre moins touristique que Antigua
  • Archipel de Solentiname à proximité : nature préservée et rencontres avec habitants post-révolutionnaires
  • Marché municipal vivant ouvert à 6h avec produits frais locaux et ambiance chaotique authentique
  • Budget très accessible : taxis 30 dollars, chambre 20 dollars, fruits 0,50 dollar
  • Immersion dans l'Amérique centrale réelle sans musicalité touristique exacerbée

Pour qui ?

  • Voyageurs cherchant authenticité et tolérance aux défaillances logistiques
  • Passionnés d'histoire coloniale espagnole et révolutionnaire
  • Backpackers avec petit budget et flexibilité temporelle
  • Couples en quête de rencontres humaines loin des circuits commercialisés
  • Aventuriers attirés par le chaos organisé d'Amérique centrale

À éviter si…

  • Vous cherchez climatisation garantie et eau chaude systématique
  • Vous exigez des horaires précis et une logistique fiable
  • Vous souffrez de chaleur excessive sans climatisation (32°C + humidité)
  • Vous refusez le tourisme chaotique et préférez l'ordre européen
À découvrir aussi
ManaguaAéroport Augusto C. SandinoSan SalvadorCalle XaltevaCathédrale Metropolitana de GranadaCloître des FranciscanosMercado Municipal de GranadaSan CarlosIsla MancarrónArchipel de SolentinameLago de NicaraguaVolcan Masaya

Photos communautaires : Granada

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granada. nicaragua - el mercado
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© chiaramar
Beggar in Granada, Nicaragua
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© DavidDennisPhotos.com
Lottery Vendor in Granada, Nicaragua
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© DavidDennisPhotos.com
Wall sign in Granada, Nicaragua
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© DavidDennisPhotos.com
Eldery Woman Begging in Granada, Nicaragua
Eldery Woman Begging in Granada, Nicaragua
© DavidDennisPhotos.com
Eldery Woman Begging in Granada, Nicaragua
Eldery Woman Begging in Granada, Nicaragua
© DavidDennisPhotos.com
Eldery Woman Begging in Granada, Nicaragua
Eldery Woman Begging in Granada, Nicaragua
© DavidDennisPhotos.com
Door in  Granada, Nicaragua
Door in Granada, Nicaragua
© DavidDennisPhotos.com
Questions fréquentes

FAQ — Granada

Combien de temps faut-il pour visiter Granada ?

3 à 4 jours suffisent pour explorer le centre colonial (Calle Xalteva, Cathédrale Metropolitana, cloître des Franciscanos) et le Mercado Municipal. Le reste du séjour peut s'étendre aux îles de Solentiname ou aux villages voisins comme Masaya.

Comment se rendre à Solentiname depuis Granada ?

Il faut prendre un minibus local jusqu'à San Carlos (5 heures, 10 dollars, Transportes San Carlos n°23), puis attendre le bateau sans horaire affiché (2-3 heures d'attente courante). Le trajet en bateau dure environ 3 heures jusqu'à Isla Mancarrón.

Quel est le meilleur hôtel à Granada pour un petit budget ?

L'Hôtel Colonial, une maison du XVIe siècle reconvertie, offre courettes intérieures et charme colonial. Prévoir eau froide les premiers jours et climatisation limitée. Pour Solentiname, Manuel loue des chambres simples à 20 dollars avec petit-déj inclus.

Y a-t-il de l'eau chaude et de la climatisation à Granada ?

Non systématiquement. Le récit signale des problèmes de tuyauterie avec eau froide les premiers jours et climatisation fonctionnant seulement le soir. Vérifier auprès de l'établissement avant réservation.

Quel budget prévoir pour manger à Granada et Solentiname ?

Les fruits au marché coûtent 0,50 dollar la livre (goyaves), jus frais 2 dollars. Nourriture basique : beaucoup de riz blanc et poulet frit. Accommodation chez l'habitant à Solentiname : 20 dollars la nuit avec petit-déj. Taxi aéroport à Granada : 30 dollars.

Faut-il parler espagnol pour visiter Granada ?

Cela facilite les échanges. Les chauffeurs de taxi parlent espagnol rapide, les vendeurs du marché aussi. Les pêcheurs locaux comme don Roberto communiquent surtout par des gestes et la patience.

Que faire si on rate le bateau de Solentiname ?

Il n'y a pas d'horaires affichés à San Carlos. Les départs dépendent des conditions et du nombre de passagers. Prévoir une nuit à l'Hospedaje San Carlos (35 dollars) en cas d'attente prolongée.

Masaya vaut-elle le détour depuis Granada ?

Le Marché d'Artisanat de Masaya est intéressant (hamacs à 18 dollars après négociation), mais les prix sont gonflés au départ. Le volcan Masaya est visible depuis la route mais l'entrée (10 dollars) n'en vaut pas la peine selon le récit.