Comment ça s'est passé.
Arrivée chaotique à ManaguaLevé à 5 h 30 le jour du décollage. Vol Air France Paris-Managua, arrivée 16 h 45 heure locale. La galère a commencé tout de suite : le bus officiel del Aéropuerto Internacional Augusto C. Sandino affichait « Hors service » sur le panneau. Pas d'autre choix que de négocier avec un taxi. Le chauffeur demandait 40 USD pour Granada, distance 45 km. J'ai obtenu 25 USD après 10 minutes de discussion. Odeur de diesel et de mangue pourrie mélangées en chemin. Trajet de 2 h 15 sur la Panamericana, route chaotique avec des nids-de-poule à 120 km/h. Granada : charme décrépi et vraie vieArrivée vers 19 h à la Calle Real, cœur colonial. J'ai réservé au Hotel El Convento (ancien couvent du XVI siècle transformé en auberge). Chambre 45 USD, eau chaude aléatoire mais vue sur la Iglesia de la Merced depuis la fenêtre. Le patio intérieur sentait l'humidité et les fleurs de frangipanier. Dîner dans la rue : enchiladas vertes chez une vendeuse ambulante, 2 USD les trois. Goût intense de piment serrano, texture molle de la tortilla juste sortie de la plancha. Les jours suivants, j'ai exploré à pied. Granada n'a rien de neuf. Les façades peintes sont écaillées, les rues pavées sont bosselées, l'église Xalteva nécessite une restauration depuis 20 ans. Mais c'est justement ça qui plaît : pas de façade touristique trop lissée. J'ai pris le petit déj chez Café Flor de Caña (rue Atravesada), jus d'orange frais pressé à la main devant moi, 1,5 USD. Le barista, Mario, m'a parlé pendant 20 minutes de l'inflation : un café moyen coûtait 0,50 USD deux ans avant, maintenant 1,20 USD. Galère sur le lac CocibolcaJ'avais réservé une journée sur le lac (isletas) avec l'agence Tierra Tours, départ 7 h du Malecon. Le bateau n'est jamais arrivé. Attente de 45 minutes, puis appel : « moteur cassé ». Ils m'ont proposé un autre bateau, 2 heures plus tard. Cette fois, le trajet s'est fait. 3 heures sur l'eau à regarder les petites îles privées avec leurs maisons de rentiers aisés et des églises de fortune. Un moment marquant : arrivée à l'île Zapatera, ancien site précolombien. Guide local qui connaissait par cœur chaque pierre, expliquait les pétroglyphes en montrant les marques d'eau. J'ai senti la fraîcheur humide de la grotte en entrant, bruit de gouttes d'eau régulier. Tarif total : 30 USD. Trois jours sur l'Archipel de OmoaFerry depuis Granada le matin (départ 9 h 30 depuis le quai municipal, 3,5 USD, durée 1 h 45). Îles minuscules, Little Corn et Big Corn. J'ai choisi Big Corn pour rester plus accessible. Hébergement Alfred's Place, bungalow basique, 35 USD la nuit. Pas d'électricité stable, douche d'eau froide, mais sincère. Les plages sont semblables à des cartes postales sans le artifice. Sable blanc, eau turquoise réelle, pas photoshoppée. J'ai mangé le poulpe grillé du restaurant Elsa's Diner (face à la plage), 8 USD pour une portion énorme. Texture tendre, goût salé de l'eau de mer. Le soir, rythme des vagues la nuit était hypnotisant mais aussi un bruit constant, pas reposant pour quelqu'un sensible au bruit. Retour et conclusion partielleFerry retour le dernier jour, même bateau, arrivée 14 h. J'ai visité le Musée de Granada avant de partir, entrée 4 USD, petit mais instructif sur la période coloniale. Trajet aéroport : minibus depuis la centrale routière (2 USD), chauffeur qui parlait très vite, impossible à comprendre. Température étouffante, 34°C à 16 h.
Les bons plans repérés sur place.
Iglesia de la Merced à Granada : à visiter tôt le matin (8 h), avant les groupes, entrée libre, vue panoramique sur la ville depuis la tour
Restaurant Elsa's Diner, Big Corn Island : poulpe frais grillé à 8 USD, seul endroit où j'ai mangé du poisson sans odeur de surgelé
Marché municipal de Granada (Mercado Central) : entrée gratuite, chaos organisé, fruits exotiques à bas prix, ne pas traîner avec l'appareil photo
Pétroglyphes île Zapatera : accessible en excursion depuis Granada avec guide local qui explique vraiment (pas du baratin), 30 USD le tour complet
Café Flor de Caña, rue Atravesada : jus d'orange pressé frais et tortas remplies de queso, 3,5 USD le petit déj entier
Photos — Granada et Archipel de Omoa
Et au final.
Nicaragua m'a marqué par son authenticité : pas de vernis touristique outrancier, route folle, horaires décalés, mais une vraie rencontre avec les gens. Granada reste attachante malgré son délabrement. Ce qui a déçu : les infrastructures très justes, les transports peu fiables, et le prix qui monte pour les touristes sans raison évidente. À refaire ? Oui, mais en acceptant d'être dans le inconfort.
