Comment ça s'est passé.
Arrivée le matin à 7h30 à l'aéroport de Douala sur un vol Air France via Paris. La chaleur m'a frappé d'un coup en franchissant la porte de l'avion : 32°C, humidité collante, odeur de gasoil et de mangues pourries mélangées. Un chauffeur de taxi pirate m'attendait avec une pancarte où mon nom était écrit « Marcgrifon » — première galère du voyage, négociation avec trois chauffeurs différents avant de trouver un tarif honnête (15 000 francs CFA soit environ 23 euros pour la course jusqu'à l'hôtel Seme Beach). Le gars s'est arrêté deux fois en route pour prendre des passagers, sans m'en demander la permission. Bienvenue au Cameroun. J'ai logé à l'hôtel Seme Beach dans le quartier Bonanjo, à proximité du port. La chambre donnait sur l'océan Atlantique, même si « vue » est un mot généreux — plutôt un coin bétonné avec des relents de poisson séché. Le personnel était courtois mais lent : j'ai dû attendre 45 minutes pour un café au petit déjeuner. Prix : 85 euros la nuit en chambre simple. La connexion internet était capricieuse, ce qui m'a isolé les deux premiers jours. Douala, la ville du bruit et des affairesJ'ai exploré le centre-ville à pied malgré les avertissements. Le marché central (Marché Mundanéum) était un tourbillon sensoriel : vendeurs qui crient les prix des tissus, odeur acre de poisson fumé, femmes assises par terre avec des étals de tomates et d'oignons. J'ai goûté des brochettes de viande (« viande mystère » selon mon ami local) chez un petit restaurant de rue près de la gare routière Douala-Nord — 1 500 francs CFA (2,30 euros). La viande était tendre, épicée, mais je n'ai jamais vraiment su ce que c'était. Le goût acidulé des citrons pressés (jus de citron frais, 500 francs CFA) m'a sauvé plusieurs fois en milieu d'après-midi. Le moment le plus marquant : une tentative de visite au musée du Cameroun (Musée du Cameroun, avenue Kennedy). Les portes étaient fermées le jour de ma venue, avec un panneau écrit à la main « fermé jusqu'à nouvel ordre ». Un gardien assis dehors m'a dit que le musée était en « travaux depuis deux ans ». J'ai continué vers le port et observé les conteneurs, les ouvriers qui chargeaient des fruits. L'odeur de port tropical, mélange de rouille, de sel marin et de marchandises, m'a ramené à des reportages lus il y a des années. Yaoundé : capitale administrative et collines étouffantesAprès trois jours à Douala, j'ai pris un bus Garanti à 6h du matin depuis la gare routière Douala-Nord (trajet de 4 heures environ). Le bus était presque neuf, climatisé, tarif : 5 000 francs CFA (7,60 euros). Nous avons été arrêtés trois fois à des checkpoints de police. À chaque fois, le chauffeur s'entretient discrètement avec les agents, quelques billets changent de mains. Pas de contrôle réel, juste une dîme de circulation. Yaoundé m'a semblé plus ordonnée que Douala, avec de vraies routes et moins d'anarchie. J'ai séjourné à l'hôtel Ibis Yaoundé (quartier du centre-ville). Chambre correcte, petit déjeuner buffet décent, prix similaire à Douala (82 euros). Le soir du jour de mon arrivée, j'ai marché vers le Mfoundi, le marché central de Yaoundé. Vers 18h, la température avait baissé à 26°C, plus supportable. Les vendeurs de nuit vendaient des brochettes au grill, du maïs grillé, des mangues. J'ai mangé dans un restaurant local (Restaurant Tradionnel Chez Laurence) : fufu avec sauce aux arachides, œuf et crustacés, pour 8 500 francs CFA (13 euros). Le fufu était pâteux et correct, la sauce collante mais savoureuse. La cathédrale Ésséné-Évodo (plus grande cathédrale du Cameroun) m'a impressionné par sa taille, même si je n'y suis pas entré. Juste dehors, j'ai senti l'encens qui s'échappait par les portes, un contraste étrange avec les vendeurs de chaussures contrefaites qui s'agitaient tout près. Montée au mont Fébé et fatigueJ'ai essayé de monter au mont Fébé, colline réputée offrir une vue sur la ville. Après 25 minutes de montée sous 30°C, je transperçais de sueur. Arrivé au sommet vers 16h30, la vue était occultée par la brume et la pollution. Un groupe de gamins m'a proposé de m'escroquer (« photos souvenirs » avec appareil-photo brisé). J'ai refusé, j'ai bu un Coca chaud acheté à un vendeur ambulant (1 500 francs) et je suis redescendu. Moment démotivant, franchement. Les trois derniers jours ont tourné autour de la gare routière Yaoundé Centrale (Ubaldi) : j'ai visité les environs, mangé dans différents restaurants, observé les minibus qui partaient vers le nord (Bamenda, Bafoussam). La vie ordinaire des Camerounais, sans tourisme déclaré.
Les bons plans repérés sur place.
Marché central de Douala (Marché Mundanéum) : vendeurs de tissus multicolores et brochettes de rue, meilleur point de rencontre avec les habitants
Gare routière Douala-Nord : observation des départs et trajets interurbains, essence brute du transport camerounais
Restaurant Chez Laurence à Yaoundé : fufu et sauce aux arachides authentique, tarif honnête, loin des pièges touristiques
Port de Douala en fin d'après-midi : odeur océanique et observation des dockers, moment de calme relatif
Mont Fébé à Yaoundé : sans grande vue, mais chemin de randonnée locale courte et peu fréquentée
Et au final.
Le Cameroun m'a surpris plus par son énergie brute que par des sites pittoresques. Les gens sont généralement accueillants, la nourriture de rue savoureuse, les prix convenables. Mais l'infrastructure touristique est inexistante : musées fermés, transports imprévisibles, petites arnaques quotidiennes. Et la chaleur humide des premiers jours m'a drainé plus que prévu.